D'Agnès Jaoui (2025)
avec Eye Hadaïra (Cora/ Chérubin) Daniel Auteuil (Igor) Claire Ghust (Mirabelle) Agnès Jaoui (la Comtesse) Jacques Weber (le père de la Comtesse) Patrick Mille (Nicolas Poirier) Vincente Amato (Piazzoni / le comte Almaviva) Tifaine Daviot (Sophie / Suzanne )
Présenté hors compétition Festival Cannes 2026
Dans les coulisses d'une ambitieuse production de l’opéra "Les Noces de Figaro", les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour, et comme toujours chez Agnès Jaoui, le rire n'est jamais loin du drame.
Un film choral pour proposer une vision à la fois globale et nuancée ( ?) du milieu de la création, où sévit le système décomplexé de l’emprise, du pouvoir, des attouchements faciles et impunis pourquoi pas ? Bien plus le choix de l’opéra Les Noces de Figaro autorise(rait) une mise en abyme des rapports de classe (un comte et son pouvoir sur une soubrette au temps de Beaumarchais ; un producteur et son emprise sur une "inférieure", un siècle plus tard). Et le nom d’Agnès Jaoui -dont on connaît par ailleurs les engagements en tant que femme et le goût pour la satire sociale en tant que réalisatrice (le film est dédié à Jean-Pierre Bacri son ex compagnon et co-scénariste) était « prometteur » Hélas
Les enjeux de MeToo Agnès Jaoui les "ausculte" par le clivage générationnel- d’un côté l’ancienne génération relativiste ou sur la défensive (cf Igor qui redoute figurer sur la liste balance ton porc) de l’autre la nouvelle génération, porteuse d’autres valeurs dénonçant avec vigueur l’extrême gravité de certains gestes restés impunis et entre les deux la comtesse (assez réac) qui s’insurge contre le maccarthysme de la seconde et tente une réconciliation ……Mais -et c’est là où le bât blesse- l’"objet du délit" y serait minimisé (après tout, le chanteur est homo…la nouvelle génération n’est-elle pas parano ? Il suffirait de partager les torts… )
On l’aura compris filmer les coulisses, les répétitions des Noces de Figaro, les traiter par la caricature (cf la metteuse en scène Mirabelle qui se lamente de ne pas avoir su faire le safe space et qui est convaincue que les phallus dégonflables signeront la déchéance du patriarcat …) tout cela n’est qu’un prétexte !
Mais les enjeux sont trop importants…
Aborder trop de thématiques superficiellement ne peut que nuire au propos
Un film décevant
Colette Lallement-Duchoze
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