5 mai 2026 2 05 /05 /mai /2026 11:43

De Lynne Ramsay (Canada 2025)

Avec Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, , Sissy Spacek, Lakeith Stanfield, Gabrielle Rose

Adapté du roman "Crève mon amour" de l’autrice argentine Ariana Harwicz,

Présenté en Compétition officielle au festival de Cannes 2025

Grace et Jackson fuient New York et décident de fonder une famille dans l’immensité sauvage du Montana. Mais quand leur fils naît, lasse et en proie à une solitude grandissante, Grace sent sa réalité lui échapper. Peu à peu, elle perd pied, fragilisée par une maternité qu’elle affronte presque seule.

Die, my love

Enfermés dans le cadre (format 4,3) -et en eux-mêmes d'ailleurs face à un monde qui se déroberait-, enfermés dans cette maison et un environnement aux fausses perspectives (la marche vers -un ailleurs ?- ramène immanquablement à la maison qui  devient le "regardeur") les deux personnages (l'une hystérique, l'autre falot) semblent condamnés au huis clos mortifère. Serait-ce l'aboutissement inéluctable de ce qui a précédé -hors champ- mais que l’embrasement initial d'une forêt, avec ses crépitements incandescents symbolisant l’enfer (du couple...). laisse augurer, alors que le titre s’affiche en écriture néon et qu’une musique très agressive s'empare du tout (en écho l’embrasement final …. chargé d’un  autre message??) Seraient-ils ces rats de labo (identiques ou opposés à ceux qui frémissent grignotent  libres tout au début de l’emménagement dans la maison dont a hérité Jackson suite au décès de son oncle )?

La bande-son saturée (aboiements du chien, vagissements du bébé, cris hystériques de Grace, bris de verre, musique à pleins décibels) est au service d’une narration électrique –! Mais les scènes répétitives (Grace en féline sur le gazon, Grace et ses provocs, son visage maculé de plaies, de sang de cernes, Grace et le couteau Grace et ses mutilations Grace et ses fantasmes (le voisin motard) Grace et toutes ses visions mentales) si elles rythment son existence, en même temps que le film, si elles sont censées marquer une gradation dans la "dépression" ou du moins "l'illustrer" (tout en  alternant avec des instants de "délicatesse" de la mère aimante et caressante), peinent à convaincre ..( ce n'est pas seulement un film sur le post partum Je pense que le film parle de beaucoup de choses mais surtout de la dépression . Grace est déprimée,  elle n’arrive plus à faire ce qui d’ordinaire lui plaît ; je pense que beaucoup de gens peuvent s’identifier à elle,  même si leur souffrance n’est pas si intense explique la cinéaste)

Certes le film est traversé par des fulgurances (récurrence de la présence d’un cheval, cet animal aussi indomptable que Grace ; lumières étranges qui donnent l’impression d’un kaléidoscope à l’instar d’une psyché disloquée ) Certes Grace (saluons ici la prestation de Jennifer Lawrence) qui se moque de toutes les convenances et conventions d’usage incarne une soif de vivre et une appétence sexuelle -que la grossesse et la maternité n’ont pas ternies- et qu'elle oppose simultanément aux pulsions  (?) suicidaires !!!

Mais… globalement Die, my love est trop boursouflé pour entraîner l’adhésion et le spectateur a envie de faire sienne l’injonction finale « ASSEZ »...

 

Colette Lallement-Duchoze

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