12 mai 2026 2 12 /05 /mai /2026 06:58

Dao

D'Alain Gomis (France Guinée Bissau 2025)

 

Avec Katy Correa (Gloria) , D'Johé Kouasio (Nour) Samir Guesmi (Slimane) Nicolas Bouchaud (François)

 

Compétition officielle Berlinale 2026

"Aujourd’hui Gloria marie sa fille en banlieue parisienne. Il y a peu, en Guinée Bissau, elle assistait à la cérémonie qui consacre son père décédé en ancêtre. D’une cérémonie à l’autre, entre passé et présent, vie et mort, réalité et fiction, Gloria se réconcilie avec son histoire, trouve sa place et connaît un moment de paix".

Dao

Des spectateurs quittent la salle; cette attitude en dit plus sur leur "ressenti" que sur le film lui-même... Ne pas confondre "émotion" et "raison" (quand bien même la confusion est  devenue une constante dans les appréciations ...quel que soit le domaine envisagé) 

 

Le titre? il fait référence  au  "symbole circulaire de l'énergie matricielle qui unit les choses du monde dans la tradition taoïste" peut-on lire sur l'écran tout au début! Et de fait  en filmant deux  cérémonies (un mariage et une célébration mortuaire) l'une vécue présentement en Ile de France, l'autre en Guinée Bissau mais  revisitée par le souvenir , en les filmant d'abord en montage alterné puis par enchevêtrement,  le cinéaste  illustre avec pertinence la dynamique incluse dans le titre.

Le lien entre mariage et consécration du défunt/ancêtre est  assuré par Gloria,(épatante Katy Correa) mère de l'épousée et fille du défunt , mais aussi par des "raccords" (- cf cette  succession de deux voies de communication typiques de deux "pays"), par les "changements vestimentaires" du personnage principal , par le passage "écran noir"  ou des faux splitscreen. 

Par-delà les "cérémonies" c'est à un voyage tourbillonnant dans le temps (passé et présent de Gloria) l'espace (Yvelines et Guinée Bissau) qu'est convié le spectateur, un  tourbillon de  flux et reflux, prières , danses, chatoiement des couleurs,  exaltation de la voix et des corps,-(quand les personnages sont  filmés de très près par une caméra virevoltante  ou au contraire moments de "pause" et plans américains ) Et  parfois Gloria  est isolée mais jamais en surplomb , manifestant  un certain scepticisme ( du moins  affichant une certaine distance) ou ce sont des  querelles intestines qui (re)font surface.

Une famille un village une contrée un pays , un passé colonial,  un présent où l'immigré est fustigé. Un  film choral(e)  - les nombreux personnages qui participent ont chacun leur "mot à dire" leur corps à faire vibrer au son d'une musique composée par Abdullah Ibrahim 

 

 Dao s'ouvre sur une "séance de casting"  les futures "actrices" face à la caméra d'Alain Gomis (qui restera hors champ) disent leur texte commentent interpellent et  la relation metteur en scène /acteur va ponctuer de façon récurrente le film  Oui Dao est une "fiction" même si elle est traversée ça et là par des  séquences qui rappellent le documentaire ethnographique (dont les croyances animistes,  les rituels, le mode de vie et survie) 

 

Le film est certes assez long (un peu plus de 3h) certains plans prolongés peuvent "heurter"  (sacrifice d'animaux,  propos moqueurs aux relents racistes ) d'autres inutilement insistants (bagarres, mémorial, discussions- récitées )

Est-ce suffisant pour bouder un tel film???  Ma réponse sera NON

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

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