de Paolo Virzi (Italie 2025)
avec Valerio Mastandrea, Galatea Bellugi, Valeria Bruni Tedeschi , Ilaria Spada
Présenté à la 20ème édition de la Fête du cinéma de Rome
Adriano, un homme solitaire, vit dans les anciennes écuries de la Villa Guelfi, une demeure abandonnée. Lorsqu’une communauté de jeunes s’installe sur la propriété pour restaurer les terres et les vignes, il tente d’abord de les chasser. Parmi eux, Matilde, profondément liée à la villa où elle a grandi auprès de son grand-père, ravive la mémoire des lieux. Ils vont devoir apprendre à vivre ensemble…
5 secondes et TOUT peut basculer
Qui est cet homme bourru au physique négligé, reclus dans une maison isolée en Toscane ? (le film a été tourné dans le village de Ceri, hameau de Cerveteri) Quels secrets enfouis dans cette maison -ex écuries de la Villa Guelfi ? Et le paysage toscan filmé à différentes saisons en est-il le réceptacle ?
Il est vrai que le film au début intrigue et qu’une des astuces de la mise en scène -où triomphe d’abord la suggestion- sera de livrer progressivement, par fragments, touches successives, les éléments d’un puzzle, (grâce à des flash-back au moment du procès) sur la relation père/enfants, sur la responsabilité de celui qui a failli à ses "devoirs", grâce aussi à des révélations presque inattendues au cours de conversations
De ce drame humain (poignant par instants il est vrai) on devine la finalité–(re)donner aux deux personnages principaux comme endeuillés (Mathilde et Adriano) moins la force de …que la conscience d’eux-mêmes …Et on ne saurait critiquer l’interprétation magistrale de Valerio Mastandrea ; la présence irradiante de Galatea Bellugi -même si son jeu est moins convaincant que dans l’Engloutie ou la Condition ou encore l’Apparition !!
Or dès l’instant où sont mises en place plusieurs dynamiques (opposition générationnelle, la jeune comtesse idéaliste vs le quinqua bourru pétri de préceptes "démodés", responsabilité et culpabilité, tentative de "rédemption", dès l’instant où elles se clarifient -entendons quand la raison explicative a remplacé la "suggestion ", le regard est trop paternaliste et l’approche trop sociologisante.
Bien plus des mini séquences (le travail de la terre, des vignes, le pressage à l’antique, l’évacuation par les forces de l’ordre, l’accouchement …) et certains discours (sollicitude presque expiatoire vs refus de la modernité technologique et médicale) laissent pantois tant ils/elles (ré)sonnent faux; et jusqu’au traitement de l’humour par trop appuyé -les larmes de la mère au tribunal et en écho les perles de sueur sur le front de l’avocate, visite de la maison à de futurs promoteurs casqués …(avec toutefois un bémol : Valeria Bruni Tedeschi,- en Giuliana ex associée ? Maîtresse ? ou les deux ?- donne le change, personnage fantasque arborant truculence langagière, augmentation mammaire et perruque…alors que l’on devine…)
Mais il est un personnage à part entière : cet endroit de Toscane à l’abri du tourisme de masse, presque archaïque (ou proto historique) - les Etrusques sont encore « vivants » !!!! que le chef op Luca Bigazzi, magnifie dans ses métamorphoses (lumières et saisons)
Colette Lallement-Duchoze
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