De Meryem Benm Barek (Maroc 2025)
avec Driss Ramdi (Mehdii), Nadia Kounda,(Selma) Sara Giraudeau (Marie) Carole Bouquet (la mère de Marie) Olivier Rabourdin (le père)
Festival de Marrakech
A Tanger, Mehdi voit sa relation avec Selma bouleversée lorsqu’il rencontre Marie, une riche Française dont les parents ont acheté une luxueuse villa dans la kasbah. Attiré par sa vie mondaine, il délaisse Selma, feignant d’ignorer que ses choix le rattraperont.
Un film marqué de bout en bout par les « vertiges » de l’emprise et les tentatives pour s’y soustraire:: amour religion famille Selma (épatante Nadia Kounda) ’l'amie de Mehdi, une musulmane pratiquante, incarne foi dogme et tradition, mais ....Marie malgré son apparente liberté de mœurs et sa volonté émancipatrice vit sous l’emprise de sa mère ; laquelle - marâtre bourgeoise – incarne sans vergogne une forme de néo-colonialisme…Quant à Mehdi il est tourmenté par les injonctions de classe, (emprise de la famille) le poids de la tradition il s’ingénie à ménager les contraires, tiraillé entre deux femmes, deux formes d’amour; à l’instar de la jeunesse marocaine il est pris en étau entre une quête de libertés, et le respect de la tradition. Or un dilemme est par essence insoluble…à moins de "provoquer" l’irréparable
Certes la réalisatrice tente d’illustrer cette complexité des sentiments et des aspirations Le film est la somme de mes expériences amoureuses, où j’ai pu tour à tour être Selma, Mehdi et Marie .avoue-t-elle Il en irait de même dans l’évocation d’une réalité socio-politique ;Car n’en doutons pas l’intime dans ce film (comme c’est d’ailleurs souvent le cas) devient « espace politique » et l’amour (quelle que soit sa forme) sert de révélateur (de ces forces vives sociales culturelles historiques qui structurent les vies)
Las ! que de clichés (et pour le spectateur l’impression fort désagréable que les acteurs "récitent" -surtout le trio familial des néo colons … Bien plus le cliché vire à la caricature (on devine même une certaine gêne à proférer des répliques qui trop souvent "sonnent faux" )
Alors quid des attendus autres bien évidemment que ceux liés au suspense, puisque le spectateur était d’emblée prévenu ? Les contrastes entre les lieux (ombres et lumière, exiguïté des ruelles et blancheur de certains quartiers), entre les coulisses et le réel - inclus dans le titre- entre la condescendance des Occidentaux richissimes et le mal-être de la jeunesse marocaine, ou encore les contrastes dans la façon de filmer les corps qui s’abandonnent au désir, toutes ces oppositions accentuent non seulement les clivages de classe tant elles sont exacerbées mais aussi la tendance fâcheuse au psychodrame moralisateur…Parfois des gros plans prolongés loin d’entraîner l’empathie seraient contre productifs (cf épisode en taxi vers l’hôpital où les mains tentent vainement de sceller un semblant de Vie ; la tentation diabolique de Carole Bouquet alors que Mehdi est pétrifié…)
Quid aussi du vécu de l’orpheline Selma -outre son emploi dans une boulangerie, et l’existence d’un oncle tuteur ?
Un bémol: le jeu de l’acteur Driss Ramdi qui agace(rait) plus d’un, a en fait la justesse de l’égaré incapable de prendre une décision (mais quand la violence contenue s’exprime(ra)….)
Derrière les palmiers ? Un "conte cruel" décevant
Colette Lallement-Duchoze
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