D'Alexia Walther et Maxime Matray (2025)
Avec Agathe Bonitzer, Nathalie Richard, Christophe Paou
Sur la Côte d'Azur, une adolescente disparaît le jour de son anniversaire. Géraldine, employée municipale, s'improvise alors détective. Personne n'a rien vu mais tout le monde a son mot à dire et Géraldine aura du mal à ne pas se laisser submerger par les potins, les théories et les croyances de chacun. Et ce n'est pas le retour inopiné de sa mère qui va lui faciliter la tâche. Une petite ville, c'est bien connu, c'est plein de petits crimes...
Glissements mystérieux d’ordre spatio-temporel tout autant que sémantique (dont la redondance du titre et la calligraphie de l'affiche seraient l’illustration ?) le spectateur est invité - tout autant d’ailleurs que Géraldine (Agathe Bonitzer)- à les faire siens … à cheminer entre ciel et terre, pinèdes mer rivages ville comme dans un paysage mental, fait d’échos répétés de loin en loin ou de proche en proche ; fruits d'un hasard réel ou objectif ?! C’est que de bout en bout triomphe l’équivoque : un chien blanc ou un sac plastique ? cartésienne ou cartomancienne ?
En alléE disparuE revenuE ? Disparition? Réapparition ? Les deux cinéastes Alexia Walther et Maxime Matray se plaisent à "détourner" les éléments spécifiques des films noirs jusqu’à les vider de leur contenu : ainsi cette ville balnéaire proche de St Trop (?) déserte (très basse saison) car désertée par les touristes mais qui recèle tant de secrets de tragédies de crimes jamais résolus alors que les "rares" personnes rencontrées par Géraldine qui s’improvise détective arborent une atonie déroutante (accentuée par le phrasé théâtral du récitant). Comme si la mort redoutée était sinon banalisée du moins apprivoisée ou abstraite (et l'impassibilité apparente d'Agathe Bonitzer est assez désarmante)
Et pourtant les lieux les couleurs les lumières de fin de journée, les profondeurs vertes abyssales vont se délester de leur beauté quand éclate une mine antipersonnel (ce qui justifie la présence des deux ouvriers spécialisés mais aussi la visite rendue à l'amputé à l’hôpital ....)
A contrario le chemin était balisé de repères -, une pierre de quartz, les signes du zodiaque, la phrase taguée empruntée à T. S. Eliot, Les Hommes creux » This is the way the world ends ("c’est ainsi que finit le monde" pas sur un boom mais sur un murmure ).
Un film qui intrigue.
Un film sur la fin du monde ? d’un monde ? que "murmure" la musique de Micha Vanony ? Ou tout simplement un film ludique voire expérimental ? sorte de jeu de piste(s) aux coutures trop apparentes parfois… et qui risque de "lasser"
Colette Lallement-Duchoze
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