17 septembre 2025 3 17 /09 /septembre /2025 06:58

d'Aurélien Peyre (2024)

 

avec Félix Lefebvre (Hugo) , Anja Verderosa (Queen) Suzanne Jouannet (Colombe) Victor Bonnel (Paul) Nolan Masraf  (Kamil)

 

Prix du public Biarritz Film Festival Nouvelles Vagues 2025

Hugo a dix-neuf ans. Comme chaque été, il passe ses vacances sur une île atlantique, dans la petite maison familiale. Mais cette année est différente, Hugo s’est transformé physiquement et arrive accompagné de sa petite amie, Queen, une esthéticienne dont la verve et les longs ongles strassés détonnent avec la sobriété et la timidité du jeune homme. Rapidement, le couple devient l’objet de tous les regards.

L'épreuve du feu

Film estival, choix d’une île comme huis clos à ciel ouvert , pression des déterminismes sociaux sur une relation amoureuse, rôle du hors champ, c’est presque une tradition du cinéma français. On comprend aisément pourquoi. Ici -et le titre est suffisamment éloquent- le personnage principal sera mis à l’épreuve

Mais tout en évitant une forme de caricature -encore qu’il soit bourré de clichés dont le stéréotype de la cagole, ce premier long métrage d’Aurélien Peyre (et ses trois mouvements bien structurés) se veut par trop didactique. L’opposition entre l’authenticité, le naturel  de Queen, la prolo, et le dédain moqueur des autres "bourgeoises" (Queen serait un stabilo sur pattes) culmine dans l’affrontement trop "facile" Colombe -Queen ; la première jouant le rôle de faire-valoir (inversé?)  de la seconde ; Colombe dessine des corps de femmes poilues afin de dénoncer l’arbitraire patriarcal de l’épilation alors que la seconde a fait de l’épilation de  chattes son gagne-pain ; maladroite Queen glisse sa main sur un fusain, qui n’a pas encore  été « fixé » : la catastrophe !!! et le déclenchement d’hostilités …Idem pour la nouvelle coupe de cheveux d’Hugo (trop footballeur ?)  dont se gaussent les prétendus « potes » (hormis Kamil …)

La perte du poids (jusqu’alors Hugo, marginalisé, était moqué par ses "amis bourgeois" à cause de sa surcharge pondérale) n’a pas pour corollaire la perte d’illusions, ,bien  au contraire et la nudité que s’impose in fine Queen (les faux ongles étalés en corolle sur laquelle s’appesantit la caméra subjective, soit le regard d’Hugo) signent l’habitus de classe (concept cher à Bourdieu) (d’ailleurs la « cicatrice » que découvre Queen sur le corps d’Hugo semble illustrer l’incorporation des structures sociales. ….)

Illustration (presque scolaire) de « lutte de classes » le film est aussi (et ainsi) le douloureux apprentissage de la maturité.  L’acteur Félix Lefebvre (cf Eté 85 d’Ozon) incarne avec élégance les méandres des hésitations, des volte-face. Queen serait dans un premier temps son "faire-valoir" tant il est fier de s'exhiber à ses côtés  ; encore trop influençable il se laissera berner par Paul le manipulateur (ah le jeu Action ou Vérité!  ah la chanson de Nicole Croisille Parlez-moi de lui..! )  

Hélas la fin résonne comme une sanction/châtiment (Hugo le traître est puni , et  Queen aura été la victime sacrificielle)

 

 

Lumineux délicat juste on ne compte plus les épithètes louangeuses du public pour qualifier ce film

Je vous laisse juge…

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

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