26 août 2025 2 26 /08 /août /2025 08:39

De Penny Panayotopoulou (Grèce  2024)

 

avec avec Giannis Karampampas,(Costas) Garifalina Kontozou (Nicky) Thalia Papakosta (Stella) Elena Mavridou (Chrysea)

 

Festival international du film de Thessalonique 2024 Prix du public et prix meilleur début pour Giannis Karamparas

Festival du Film européen  de Lecce 2024 Prix de la meilleure photographie

Festival D’A de Barcelone (2025)  prix du public

Festival du film grec de Los Angeles (2025) prix de la meilleure réalisation

Costas est depuis peu agent de sécurité dans un hôpital public sous tension. Après le décès soudain de son frère aîné, il doit non seulement s'occuper de sa petite nièce Niki, mais aussi trouver l'argent nécessaire pour couvrir les dettes laissées par son frère. La maison de famille, leur seule possession, risque d'être saisie. Il se laisse alors entraîner dans une combine juteuse : monter de toutes pièces des dossiers pour faute médicale. Entre l'appât du gain et son intégrité le choix est difficile

Sous tension

Motos qui pétaradent sur un terrain vague…Costas et son amie Stella s’en donnent à cœur joie avec leurs amis …c’est la séquence d’ouverture. A la fin, en écho inversé, Costas et sa moto flambant neuve ne pourra parader avec son amie  alors que …et la moto emblème de liberté -et de réussite sociale aussi (?)-, ne sera plus qu’un amas de ferraille… Que s’est-il passé entre ces deux moments ? Lumière et ténèbres !

Une accumulation de malheurs, une aggravation d’une situation déjà précaire ! avec pour corollaire l’écartèlement entre bonne conscience et « tensions » économiques », le dilemme entre désir de pureté et compromission. Costas héros tragique des temps modernes ! Un fatum économique (une Grèce exsangue, précarité aggravée des plus démunis) et domestique (mort du frère aîné, belle-sœur dépressive qui ne peut éduquer sa fille Niki seule "source lumineuse"  dans la noire opacité   Costas,  doit TOUT gérer) …L’hôpital (et particulièrement le service des urgences) où il est employé comme agent de sécurité est le microcosme de cette gangrène, d’un délabrement généralisé que soulignent certains plans à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement et où se fomente la "corruption" (combine crapuleuse fondée sur de faux témoignages accusant les médecins, combine qui rapporte(rait) gros…) . La dynamique interne de ce film à la fois social, politique, aux allures de thriller parfois, repose en effet sur un dilemme -accepter  la combine ? mais c’est trahir sa conscience, la refuser ? mais c’est être à la rue, lui sa mère et sa nièce. Quel que soit le choix, Costas est piégé.....

Le film -à la fois drame social, familial et auscultation d’un pays quasi exsangue dont l’hôpital public est la métaphore, n’échappe pas hélas à la tentation du mélodramatique et du moralisme, et verse parfois dans la surenchère (ces plans prolongés sur les corps de patients à l’hôpital, sur le sang,  sur le visage hagard de la mère de Niki) et même si Costas tente de "reconstruire" une famille -dont  l’épisode des chatons est la belle  métaphore…) le message est sombre, désespéré : les derniers plans -lent travelling arrière sur l’intérieur de la maison désormais vide- que la cinéaste oppose à une vision lumineuse d’une famille réunie- sont sans appel .

Mais Costas aura sauvé son  "âme"  et son rêve habitera désormais des contrées inexplorées

Colette Lallement-Duchoze

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