25 août 2025 1 25 /08 /août /2025 06:26

De Marija Kavtaradze. (Lituanie 2023)

 

avec Greta Grineviciute, Kestutis Cicenas

 

 

Elena, une danseuse épanouie, fait la rencontre de Dovydas, un interprète en langue des signes. Leur connexion est immédiate. Alors que leur lien s'approfondit, Dovydas confie à Elena, qu'il ne ressent aucun désir sexuel pour elle, ni pour personne : il est asexuel. Ensemble, ils tentent de bâtir une nouvelle forme d’intimité.

Slow

La scène liminaire -plan serré sur des ébats amoureux où l‘homme pour bander a besoin d’entendre  "je t’aime" illustre les "envies désaccordées"  dans une relation hétéro sexuelle - Elena qui ne connaît pas vraiment son partenaire acceptera de dire …sans conviction  je t’aime (pour satisfaire sa propre appétence sexuelle),

Elena est danseuse professionnelle, elle n’a(urait) pas la  "morphologie"  (ce qu’elle rappellera à sa mère castratrice dans une mini séquence à partir d’une photo ressuscitant un passé douloureux…) mais  elle est épanouie, et son corps exulte dans l’exaltation.

Langage du corps (sensualité chorégraphiée) langage des signes (Dovydas est interprète pour les sourds et muets) Une rencontre amoureuse ? Oui mais…

Un couple peut-il exister dans la durée quand l’un  des partenaires est asexuel ? Quelles nouvelles formes d’intimité s’imposent pour sa survie ? C’est toute la problématique de ce long métrage filmé en 16mm (le grain si particulier de la pellicule épouse celui des corps qui se cherchent se rencontrent hésitent dans leurs (vaines ?) tentatives d’accomplissement au rythme "lent"  de l’incomplétude des trébuchements, des tâtonnements.  Lenteur que chantait L Cohen ? (I always liked it slow )

Un film qui alterne les séquences chorégraphiées (Elena se mêle au groupe qu’elle initie, Dovydas comme en surplomb ou en prolongement chorégraphie l’espace de ses mains et gestes qui ondoient) et séquences de l’intime (chambre lit) elles aussi obéissant à une chorégraphie (du modelé et du drapé) et/ou séquences en extérieur (bars balades) mais avec des ruptures de rythme dont la "brutalité " pourrait surprendre (art du montage) si elle n’était au service de ces synchronisations délibérément tronquées, dues à tous  ces mouvements contraires  

Un duo d’acteurs -Greta Grineviciute, Kestutis Cicenas- qui crève l’écran dans cette chorégraphie de l’amour : corps en transe de la danseuse (que parfois la caméra morcelle) corps apaisé par trop d’amour, corps en partance ou en errance…

Le dernier plan (Elena et son nouveau partenaire) en écho au tout premier semble clore une parenthèse enchanteresse à défaut d’être enchantée (femme hyper-sensuelle, homme sans désir sexuel, une forme d’amour peut-être sans issue -celle attendue ?- mais vécue dans la tendre complicité de l’intranquille complexité   )

Un film à ne pas rater !

 

Colette Lallement-Duchoze

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