4 août 2025 1 04 /08 /août /2025 10:36

De Deepak Rauniyar (Népal 2024)

 

Avec Asha Maya Magrita (Pooja) Nikita Shandak (Mamata) Gaumaya Gurung (Rama) Dayahang Rai Police captain Aarti Mandal Saraswati Reecha Sharma Le principal Bijay Baral Amar

 

Première mondiale à la Mostra de Venise 2024 section Orizzonti 

Quand deux garçons sont enlevés dans une ville frontalière du Népal, l'inspectrice Pooja est envoyée de Katmandou pour résoudre l'affaire. À son arrivée, les troubles politiques et les manifestations raciales la forcent à demander de l'aide à Mamata, une policière locale. En affrontant la discrimination et le sexisme, les deux femmes tenteront de résoudre l'affaire, mais à quel prix pour chacune d'elles ?

Pooja, Sir

Montrer la vérité même lorsqu’elle dérange est l’unique moyen de rendre justice à ceux que l’on refuse de voir » Deepak Rauniyar

S’’inspirant de faits réels (les émeutes de 2015) s’inspirant aussi de son propre vécu (Deepak Rauniyar issu de la communauté madhesi - sa compagne l’actrice Asha Magrati est de la communauté pahadi-, fut -et l'est encore,-,victime de discriminations) le réalisateur propose un thriller à la fois queer et politique loin de tous les clichés himalayens qui ont "façonné"  un imaginaire occidental.

Une intrigue "tortueuse"  à l’instar de la complexité culturelle qui définit le Népal ? à l’instar aussi des méandres de l’identité personnelle ?

Dès les premières séquences le spectateur est comme  " immergé"  dans une société divisée en castes ethnies et qui risque d’exploser quand des militants dénoncent les collusions justice et patriarcat, quand des manifestants refusent la nouvelle constitution imposée sans la consultation des Madhesi (minorité vivant dans la zone frontalière de l’Inde, perçue comme étrangère par les Pahadi population majoritaire) mangues tombées de l’arbre dira le premier ministre…

Deux gamins filmés de dos déambulant dans des ruelles, ou jouant  avec d’autres dans la rue (caméra au sol sur le ballon ou les pieds) tabassage de la police, course, une main qui se tend et qui… Les deux enfants -à la peau claire-, l’un issu d’une famille "influente" -père député, mère directrice d’école, l’autre d’un milieu modeste- seront kidnappés En montage parallèle nous découvrons une femme/flic lesbienne qui pour revendiquer son autorité adopte un paraître "viril"  (bandage de sa poitrine, coupe de cheveux à la garçonne).  Pahadi, à la peau claire elle est dépêchée, pour mener l’enquête, dans les plaines du sud, laissant son père aux abois -il refuse les bons soins de sa compagne Rama …Une peau plus foncée (ou une origine supposée indienne) et ce sera l’exclusion voire la mort. Mamata, Madhesi, sera exclue de l’enquête  avant d’être réintégrée pour sa connaissance des plis et replis du territoire quand Pooja met au point un stratagème…

Filmé très souvent caméra à l’épaule, privilégiant les gros plans (proximité avec les protagonistes : le dos de Pooja envahit parfois l’écran quand elle s’adresse à son équipe) même dans les scènes de foule comme pour nous imprégner du réel de façon presque viscérale organique

Progressivement on comprendra que le rapt est "politique" (les ravisseurs en séquestrant plus longtemps le fils du couple influent, exigent moins une rançon que la mise à nu et la "reconnaissance publique" d’une douloureuse vérité dont la "ravisseuse"  fut la victime sacrificielle ) 

Las!  le rythme est trop souvent inégal (enquête), les enjeux parfois (volontairement ?) brouillés, les dialogues qui opposent le couple « influent » aux « enquêteurs » ou au couple ravisseur sont entachés d’une fausse théâtralité qui peut laisser pantois …et même si la détective (qui se fait appeler  Sir), d’abord corsetée dans son impavidité, va évoluer, en se « dévoilant »  -jusqu’à son discours final très féministe en passant par les reproches  à l’encontre de son père, de ses préférences pour le fils disparu..,  l’ensemble souffre d’un manque de …(à vous de compléter !)  

Des similitudes avec Santosh ?  https://www.cinexpressions.fr/2024/07/santosh.html 

Mais qui plaideront plus en faveur de ce dernier

 

Colette Lallement-Duchoze

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