De Princia Car (France 2024)
Avec Lou Anna Hamon (Carmen), Leïa Haïchour,(Yasmine) Housam Mohamed (Omar).
Chanson Les Filles désir de Vendredi sur Mer
Festival Cannes 2025 Quinzaine des Cinéastes
Avant-première au cinéma Omnia Rouen diamnche15 juin
Marseille en plein été. À 20 ans, Omar et sa bande, moniteurs de centre aéré et respectés du quartier, classent les filles en deux catégories : celles qu'on baise et celles qu'on épouse. Le retour de Carmen, amie d’enfance ex-prostituée, bouleverse et questionne leur équilibre, le rôle de chacun dans le groupe, leur rapport au sexe et à l’amour.
Présenté à Cannes à la Quinzaine des cinéastes, Les Filles désir est le fruit d’un atelier théâtral que j’ai animé auprès d’un groupe de jeunes habitants d'un des quartiers les plus pauvres de Marseille. Sur plusieurs années, on a érigé le scénario à partir de leurs improvisations autour de scènes du quotidien. (propos de Princia Car à l’issue de la projection en avant-première au cinéma Omnia le dimanche 15 juin). Une démarche qui mise sur le collectif, une démarche pédagogique car elle aura aidé à détricoter certains stéréotypes (sur les relations entre femmes et hommes par exemple, sur les « filles désir », sur la mère/putain, bref sur ces slogans récités tels des mantras « les filles sont de deux catégories : celles qu’on baise et celles qu’on épouse ») ; et c’est là que vont se rencontrer réalité et fiction
L’intrigue en effet évolue avec le retour de Carmen ; qui « déclenche » des « prises de conscience » insoupçonnées (surtout chez Omar empêtré (à son insu ?) dans un « jeu patriarcal bourré de préjugés ») et si la relation entre les deux femmes -Carmen et Yasmine est un clin d’œil -parfois trop appuyé- à Thelma et Louise, le film tout en étant un hymne à la sororité, ne verse pas pour autant dans la facilité de la misandrie…)
Le titre renvoie à la chanson de Vendredi sur mer (Charline Mignot) chanson que nous entendrons à la fin, quasiment in extenso ; les paroles ne livrent-elles pas a posteriori le sens profond ? En effet dans la première partie les troubles du « désir » sont appréhendés du point de vue masculin ; puis un cheminement – à l’instar d’une initiation- révèle la complexité de la dialectique désirant/désiré que scande la récurrence au premier plan de ce groupe d’enfants (c’est l’été, nous sommes dans un centre aéré) êtres en devenir, qu’illustre aussi le "voyage" avant l'implosion du groupe et l’explosion d’une sororité, celle qui brave les interdits et les éléments (air ciel et mer) celle qui refuse de se laisser embrigader et définir par le regard masculin, alors que la caméra aura joué successivement sur la verticalité et l’horizontalité avant de s’engouffrer dans les abysses de la Méditerranée
Les Filles désir a certes les défauts de ses qualités (scénario, diction/récitation, jeu des acteurs hormis celui des trois personnages principaux) mais ce premier long métrage mérite un détour !!!
Colette Lallement-Duchoze
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