4 juin 2025 3 04 /06 /juin /2025 07:53

De Wes Anderson (2024 USA) 

 

Avec Benicio Del Toro, Mia Threapleton, Michael Cera, Richard Ayoade, Scarlett Johansson, Benedict Cumberbatch, Rupert Friend,  Bill Murray, Mathieu Almaric

 

Compétition Festival de Cannes 2025

Le riche homme d'affaires Zsa-zsa Korda désigne sa fille unique, une religieuse, comme seule héritière de son patrimoine. Alors que les Korda se lancent dans une nouvelle entreprise, ils deviennent rapidement la cible de magnats intrigants, de terroristes étrangers et d'assassins déterminés.

The Phoenician Scheme

Le pitch rend compte uniquement de la « trame » générale (1950 Korda industriel puissant et véreux victime d’attentats ciblés sentant sa mort prochaine veut faire de sa fille, une nonne, l’unique héritière de son empire…Son projet pharaonique Phoenician scheme -développer un territoire oublié mais hautement stratégique, la Phénicie- est  perturbé à cause de la flambée des prix des rivets nécessaires à la construction du chantier … …Comment combler le gap ?  Comment convaincre les partenaires financiers (tous aussi véreux …)

Or dès le prologue nous pénétrons dans un univers très particulier :  décor-intérieur d’un avion- au cadre millimétré, aux couleurs dénaturées,  statisme apparent (comme une vignette de BD) puis l’explosion du cadre (l’assistant de Korda est éjecté tout comme va l’être le pilote,… de son siège) ellipse sur le crash de l’avion particulier ….avant qu’une superbe lumière zénithale ne nous montre Korda - comme ressuscité- immergé dans son bain,  alors que défile le générique….

Bienvenue dans ce nouvel opus de Wes Anderson où le discours logorrhéique est à l’image de la pléthore du casting, où les "rebondissements" dans ce parcours méditerranéen qu’entreprend l’homme d’affaires (avec sa fille et son acolyte l'entomologiste) auprès de ses partenaires financiers a les allures d’une comédie noire stylisée au récit sinusoïdal …où triomphe le goût  pour la symétrie (plans) et où se mêlent habilement critique de l’affairisme à l’échelle planétaire et crise familiale

Oui chaque rencontre a ses transactions plus ou moins grotesques  ou burlesques (transfusion de sang, demande en mariage, points marqués au basket ) Oui les "résurrections" successives de Korda justifieraient ces passages au paradis en noir et blanc (avec Bill Murray dans le rôle de Dieu) Oui l’espace vital et professionnel après moult déboires et fracas se resserre, au final, sur le duo père fille (où paradoxalement l’exiguïté du bar restaurant sera saturée d’objets)

Oui la grammaire cinématographique si originale de Wes Anderson (où chaque plan est travaillé avec méticulosité) a son égal dans le sens évident du rythme et les ambiances sonores signées Alexandre Desplat

Oui… Mais.. On peut déplorer l’absence notoire d’émotion, la froideur et l’hermétisme

Un film à voir,, c’est une évidence,  avec ces réserves déjà évoquées ici même

(https://www.cinexpressions.fr/2021/11/the-french-dispatch.html  https://www.cinexpressions.fr/2023/06/asteroid-city.html 

 

Colette Lallement-Duchoze

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