20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 08:49

De Thomas Ngijol,  (France 2024)

 

avec  Thomas Ngijol, Danilo Melande, Bienvenue Mvoe

 

Festival Cannes 2025 Section Quinzaine des Cinéastes

 

 

À Yaoundé, le commissaire Billong enquête sur le meurtre d'un officier de police. Dans la rue comme au sein de sa famille, il peine à maintenir l’ordre. Homme de principe et de tradition, il approche du point de rupture.

Indomptables

Sais-tu comment est mort Marvin Gaye?  demande le père à son fils qu’il est en train de sermonner "son père l’a tué"  . le fils est tétanisé... Fondu au noir , fin du prologue,  alors que s’affiche le titre Indomptables (clin d’œil à l’équipe de foot camerounaise ???) Ce propos en dit long sur la relation père/fils et sur les "méthodes punitives"   expéditives du premier ! 

Abandonnant le registre comique (Thomas Ngijol s’est fait connaître du grand public comme humoriste grâce au Jamel Comedy Club avant d’être réalisateur) il transpose dans son Cameroun natal un documentaire tourné en Côte d’Ivoire (Un crime à Abidjan 1999)

Et voici un drame policier assez noir dans lequel l'acteur/réalisateur (qui est de tous les plans) endosse (sens propre et figuré) le rôle de commissaire (silhouetté ou filmé de pied en cap, en frontal ou de dos, costume cravate et porte clef dans la main) mais aussi celui de père, chef de famille. Il semble adopter dans les deux cas la même attitude du "patriarche" (c'est un homme de "tenue" de "principe")…mais....il est  dépassé par les  "événements" (tout a changé ne cesse-t-on de lui rappeler; et la corruption gangrène son "personnel" censé appliquer la loi ) La figure de la "paternité" va être écornée...celle du "chef" mise à mal 

Certes les séquences nocturnes sont efficaces -ne serait-ce que par leur traitement réaliste-, et les face à face (policier vs proviseur, policier vs subordonnés, père vs épouse père vs enfants) par leur récurrence sont censés opposer deux modes de pensée, deux comportements (à l'instar d’une société, voire  d’un continent tiraillé.es entre tradition et modernité,  entre honnêteté et corruption ?)

Or précisément le va-et-vient constant d’un "milieu"  à l’autre (celui de l’enquête policière et celui des dynamiques familiales) - est  trop souvent capillotracté., et redondant.  S’affiche aussi une certaine complaisance dans le traitement de la  violence (scènes de tortures pour soutirer des aveux, plans prolongés sur des corps meurtris,  ou des blessures).

Tout cela nuit au propos...fût-il empreint d'humour !!

 

Colette Lallement-Duchoze

Partager cet article
Repost0

commentaires

Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

Envoyez vos articles ou vos réactions à: artessai-rouen@orange.fr.

Retrouvez aussi Cinexpressions sur Facebook

 

 

Recherche