D'Olivier Nakache et Eric Toledano (2026)
avec Camille Cottin (Sandrine Dayan, la mère) Louis Garrel (Yves Dayan, le père) Simon Boublil (Vincent Dayan le cadet ) Alexis Rosensthiel (Arnaud Dayan le grand frère) Jeanne Lamartine (Anne Karine) Pierre Lottin (le gardien) Rony Kramer (le rabbin)
Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.
Film d’époque (situé dans la décennie 1980 et plus particulièrement l’année 85) ? Conte initiatique (le jeune Vincent doit préparer son rite de passage la bar-mitsvah, simultanément il connaît ses premiers émois amoureux) ? Comédie familiale (dans la succession de saynètes triomphent le comique de situation et le comique de mots alors que le rythme épouse les engueulades des parents ou des frères, et leurs réconciliations, les poursuites) ? Oui le dernier opus du duo Nakache/Toledano est tout cela à la fois - sur fond de chômage et d’émancipation féminine,- et ce faisant semble obligé de passer par certains "clichés", "stéréotypes" . Or les deux cinéastes après l’échec d'Une année difficile ont voulu faire la part belle à leur propre vécu ; en 1985, ils avaient le même âge que Vincent; la période sera appréhendée par le regard d’un préado bientôt "adulte" (et revisitée par...) :Juste une illusion? Ou "la vie qu'on s'imagine avoir déjà vécue au moment de l'adolescence et des premières conquêtes, alors que bien sûr qui peut prétendre avoir fait le tour de la sienne à tout âge ? Illusion que de croire au tremblé des souvenirs,? ou que respirer les années 80 n’est pas les "(re)«vivre",? que le changement aura déjà eu lieu…..Illusion d’optique ? illusion de cette mémoire qui biaise ?
Dès le début nous sommes immergés dans l’ambiance des années 80 - logos des chaînes TV, enseignes, décors, vêtements-,; Et le film sera traversé de bout en bout par la musique de l’époque -depuis just an illusion du groupe électro pop Imagination jusqu’au concert sur la place Concorde -"un autre monde" du groupe Téléphone lors du rassemblement autour de Harlem Désir touche pas mon pote ; en passant par les Pointer Sisters -I’m so excited , et les dissensions entre les fans de funk et ceux de la new-wave de The Cure
Certes le film se donne parfois à lire comme une succession de saynètes -telles des vignettes plus ou moins bien léchées- mais le spectateur ne saurait bouder le plaisir d’ avoir participé (peu ou prou) à un "vivre ensemble" dont la justesse du ton (au montage) aura évité les excès et/ou facilités du pathos
Un vivre ensemble porté par l’interprétation enthousiaste des acteurs (avec mention particulière au jeune Simon Boublil fils d’Elsa Boublil et de Philippe Torreton)
A voir !
Colette Lallement-Duchoze
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