27 janvier 2026 2 27 /01 /janvier /2026 07:29

D' Anne Emond Canada 2025

 

Avec Patrick Hivon (Adam) Piper Perabo (Tina) Gilles Renaud (Eugène) Elisabetfh Mazeren (Romy) Gord Rand (Scott le mari de Tina)

 

Grand Prix du festival romantique de Cabourg.

Propriétaire d'un chenil, Adam, 45 ans, est éco-anxieux. Via la ligne de service après-vente de sa toute nouvelle lampe de luminothérapie, il fait la connaissance de Tina. Cette rencontre inattendue dérègle tout : la terre tremble, les cœurs explosent... c'est l'amour !

Amour Apocalypse

Amour et déflagration de tous les sens (cf le choc amoureux de F Alberoni) amour au temps de l’Apocalypse (pour parodier le titre d’un roman de Gabriel Garcia Marquez) ? Le titre est volontairement ambigu à l’instar d’ailleurs de la double acception du mot apocalypse : catastrophe, fin du monde (dénotation) et révélation (connotation religieuse)

Moins fin du monde que fin d’un monde auquel nous étions habitués (répétera Tina)

Caméra fixe Plan prolongé sur la façade d’un immense hangar ; une voiture des postes laisse un paquet à même le sol et voici qu’entre dans le cadre le quadragénaire …Maladroit, empoté il va s’adresser à ses chiens puis découvrir la fameuse lampe … remède à sa dépression. Oui Adam (le choix du prénom n’est pas pur hasard) est un éco-anxieux, un être bizarre (épithète dite et redite par l’entourage). Incapable de relations humaines apaisées, il trouve en Gobelet un golden retriever une forme de sérénité, sérénité qu’il cherche aussi dans la luminothérapie, avant la « rencontre » avec l’Amour

Les "catastrophes" -tremblements de terre, pluies diluviennes ravageuses, vents impétueux dévastateurs canicule dantesque, incendies de forêts, ces  prémices incontestées de l’Apocalypse s’insèrent dans la banalité du quotidien (le film se présente comme une fable écologique !) Les "évasions" mentales (lors des méditations) dans des paysages enneigés d’un blanc immaculé contrastant avec les huis clos -maison chenil habitacle de la voiture- s’inscrivent dans la dichotomie enfermement/échappées, angoisse/respiration  Dichotomie qui va perdurer avec Tina (d’abord une voix chaude enchanteresse celle du SAV ) alors que le film bascule dans une romance assez convenue et que les personnages dits secondaires sont réduits à des stéréotypes (le père le frère ou le mari de Tina) voire des caricatures (la psy et ses diagnostics griffonnés en acrostiche, l’employée Romy obsédée par le sexe)

Être séduit par une voix n’a rien de singulier ; entendre au bout du fil une déflagration et "voler" au secours de l'inconnue en danger, voilà plus surprenant (la distance est longue, le chemin semé d’embûches dit le cliché) …

Le paradoxe de ce film – qui se veut  hybride- est précisément d’avoir cédé à la tentation de la romance délaissant par là même le projet initial -et le jeu de l’acteur avec ses mimiques sa logorrhée – un jeu qui force l’admiration-  va participer à une autre déflagration celle d’une promesse non tenue - incluse dans le titre (titre dont le dernier plan serait la copie bucolique ?)

Ajoutons la voix off sentencieuse (qui va jusqu’à submerger le générique de fin) ou ces propos comminatoires très (trop) didactiques

Dommage

Un bémol : telles des aubes nouvelles voici l’image du pommier et celle de l’énergie du monde animal, antidotes aux menaces crépusculaires…

 

Colette Lallement-Duchoze

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