20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 06:37

de Hlynur Palmason

avec Ingvar Eggert Sigurôsson, Ida Mekkin Hlynsdöttir, Hilmir Snaer Guönason

 

 

Présenté à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2019  ce film  a obtenu le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation.

 

Dans une petite ville perdue d’Islande, un commissaire de police en congé soupçonne un homme du coin d’avoir eu une aventure avec sa femme récemment décédée dans un accident de voiture. Sa recherche de la vérité tourne à l’obsession. Celle-ci s’intensifie et le mène inévitablement à se mettre en danger, lui et ses proches. 

Un jour si blanc

Quand tout est si blanc qu’on ne peut faire la différence entre la terre et le ciel, les morts peuvent nous parler à nous qui sommes vivants  (proverbe local cité en exergue)

 

Et il est vrai qu’une atmosphère étrange quasi fantomatique -qui rappelle Winter brothers -enveloppera le prologue : cette voiture noire que nous suivons dans une brume épaisse avant sa chute dans le vide!!

Puis une succession de plans fixes sur une masure vue de loin où les variations de lumière et de couleurs évoquent le passage des saisons semble faire écho au temps du deuil. Dès l’instant où des engins s’activent pour transformer cette masure en maison d’habitation avec de grandes baies vitrées (comme si le paysage extérieur devenait l’hôte privilégié) on serait en droit de penser qu’Ingimundur -le veuf, taciturne commissaire- lui aussi se "reconstruit". Mais un carton contenant des documents révélateurs de l’infidélité de son épouse disparue, agit comme un détonateur (ce qu’accentue la bande son). Assoiffé de vengeance ce père homme policier (identité qu’il décline auprès de son psy) entreprend une enquête, débusque le "coupable" le piste, et irait même jusqu’à le tuer (justice immanente, symptôme d’une paranoïa) Et la relation avec sa petite-fille Salka -qu’il adore- en est contaminée….avant une forme de « sursaut » final

 

Certes le réalisateur (plasticien de formation) soigne les ambiances répartit les lumières (avec une tendance prononcée pour une monochronie cotonneuse bleutée). Certes ce qu’il intègre dans les paysages rudes et austères – les objets métonymies de l’accident – a de toute évidence une fonction sinon symbolique du moins métaphorique de même qu'à un moment la traversée d'un tunnel ferait écho à une "nuit" intérieure.

Un univers singulier, une prestation exemplaire (l'acteur a d'ailleurs été récompensé) 

Mais l’insistance, à coups de zooms, de très gros plans, de travellings latéraux, les crissements et grincements de la bande-son, les cris prolongés de douleur (et...de délivrance) une certaine rigidité dans l’approche psychologique, tout cela empêche l’adhésion totale du spectateur (à l’inverse de Winter Brothers) !

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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