22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 15:58

Début du XVIIIème siècle. L’Angleterre et la France sont en guerre. Toutefois, à la cour, la mode est aux courses de canards et à la dégustation d’ananas. La reine Anne, à la santé fragile et au caractère instable, occupe le trône tandis que son amie Lady Sarah gouverne le pays à sa place. Lorsqu’une nouvelle servante, Abigail Hill, arrive à la cour, Lady Sarah la prend sous son aile, pensant qu’elle pourrait être une alliée. Abigail va y voir l’opportunité de renouer avec ses racines aristocratiques. Alors que les enjeux politiques de la guerre absorbent Sarah, Abigail quant à elle parvient à gagner la confiance de la reine et devient sa nouvelle confidente. Cette amitié naissante donne à la jeune femme l’occasion de satisfaire ses ambitions, et elle ne laissera ni homme, ni femme, ni politique, ni même un lapin se mettre en travers de son chemin.

La favorite
En résumé : 2 femmes intrigantes et garces à souhait se font une guerre terrible pour séduire la reine Anne d’Angleterre. Cette dernière est une grosse imbécile souffrant de la goutte qui se joue de chacune d’elles tout en dirigeant son pays au gré des influences de ses servantes-maîtresses.
 
Le jeu est appuyé, la mise en scène est soignée mais que d’anachronismes de langage : “fuck” et “cunt” en anglais du 18ème siècle ?...
Le risque, comme disait Michel Onfray, quand on fait un film historique est de faire passer ce que l’on montre comme la réalité de l’époque surtout lorsque les décors, les costumes, le maquillage sont puisés fidèlement dans cette époque. Le spectateur a du mal à faire la part de la fiction débridée, américano-centrée, de celle de la vraie reconstitution. Finalement le réalisateur greco-américain réalise un film très américain, au sens où la problématique est simplissime : ah les méchantes courtisanes, oh ! la pauvre reine abusée mais pas facile quand même !.
 
On ne voit le peuple, surtout les femmes, qu’en cuisine du château ou au lupanar pour ces messieurs aristos. Les valets sont humiliés mais ridicules. L’intérêt du réalisateur ne porte que sur le match entre deux femmes comme on regarde une course de canards, pour s’amuser.
 
Ce film est un détournement à des fins commerciales d’une vraie réflexion sur ce qu’est le pouvoir. Le grand public américain aime le binaire, l’exotisme historique ramené à son époque tout comme le ketchup sur des tournedos de première qualité.
Il reste la photo, très belle, c’est du gâchis de moyens.
 
Il y avait là les prémices pour un bon film, dommage, seuls les amateurs de farces apprécieront.
 
 
Serge Diaz

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