25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 07:39

De  Park Chan-Wook (Corée du sud 2025)

 

Avec Lee Byung-Un, Ye-Jin Son, Park Hee-Soon

Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…

Aucun autre choix

Le roman noir  Le couperet  de Donald Westlake (1997) avait déjà été porté à l'écran par Costa-Gavras (en 2005 avec José Garcia) ; le cinéaste coréen lui dédie d’ailleurs son film… Or le choix du rocambolesque et surtout de toutes ces afféteries visuelles font que ce film n’entraînera pas forcément l’adhésion (et ce malgré une critique quasi unanime très favorable)

Le tout début a de quoi " réjouir" dans la mesure où l’exubérance visuelle (images de cerisiers en fleurs dont les pétales tombent sur la ville), alors que l’on entend les notes funèbres du concerto n°23 de Mozart annonce une dualité. Ce que renforce le plan suivant où l’on voit un homme, heureux, en famille, fier du cadeau offert par l’entreprise…Cadeau hélas empoisonné !!! et l’on apprend très vite que ce cadre supérieur dans une usine de papier est licencié. Adieu vie familiale et chiens bien aiméEs Adieu bonheur... lisse de pacotille !  Dès lors il n’aura de cesse de reconquérir ce poste (et les tentatives échouent lamentablement) quitte à devenir criminel (en éliminant tous ses concurrents)

Le cinéaste se plaît à accumuler inventivités visuelles et autres démarches mortifères  menées tambour battant -on est obligé de rire ou sourire face à ce déploiement aux couleurs fluo ou flashy, aux mouvements quasi forcenés de caméra.  Certes on assiste à une critique du capitalisme en ses rouages extrêmes -cf les fondus, split-screens, surimpressions, autant de mailles qui enserrent enferment (à l’instar de ce corps ligoté en boudin ?)  Certes le comique peut naître aussi de l’incapacité du personnage à "tuer" et ses maladresses répétées rappellent les comiques d’antan -tout en sachant pertinemment que Yoo Man-so (excellent Lee Byung-Un) va tuer des autres employés aussi motivés que lui par leur travail, que sa colère vengeresse ne s’attaque pas aux "vrais responsables" tout simplement parce qu’il a intérêt à ce que le système perdure (et cela s’inscrit précisément dans la stratégie capitaliste,  comme révélateur de ce  symptôme:  l’individualisme poussé jusqu'au paroxysme)

Une séquence assez longue (10’ environ) celle qui confronte Yoo Man-soo à un riche entrepreneur frappe par cette surenchère d’effets -travellings sur les verres cadre renversé plan à partir de l’intérieur de la pinte. Autant d’effets venant contrarier le "faux" suspense ! volonté affichée d’inventivité de qui sait  "toucher à tout" 

Affirmons-le sans ambages autant nous avions apprécié le kaléidoscope d’images et d’errements en arborescence de Decision to leave (qui avait reçu le prix de la mise en scène à Cannes en 2022 ) autant nous sommes restés à quai face à un déploiement visuel, aussi virtuose soit-il…

Serait-ce dû à la comparaison implicite avec le film de Costa-Gavras ? (les choix esthétiques sont certes opposés alors que le sujet serait presque identique à savoir « le dilemme qui pousse un homme à agir comme un monstre pour s'éviter la culpabilité de voir la déchéance des siens dans la jungle sociale )

 

A vous de juger !!!!

 

Colette Lallement-Duchoze

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commentaires

G
On est en permanence dans une histoire foutraque à se demander si ces meurtres sont vraiment réels ou simplement imaginés. Cette dernière solution sauve ce film qui aurait gagné à être bien plus court et expurgé d'un tas de sous histoires rhysomiques. C'est long comme un cri de victoire dans un entrepôt vide.
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G
rhisomique c'est mieux ...

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