Documentaire réalisé par Andrei Ujicà (Roumanie France 2024)
présenté hors compétition à la Mostra de Venise
Une chronique de la ville de New York entre le 13 et 15 août 1965, date de l'arrivée des Beatles dans la ville et de leur premier concert à guichets fermés au Shea Stadium du Queens.
Et si la venue des Beatles aux USA en août 1965 pour leur concert au Shea Stadium du Queens n’était qu’un prétexte pour le documentariste roumain? . Du "fameux" concert nous ne verrons que l’arrivée de la foule hystérique…Andrei Ujicà semble plus intéressé par l’effet médiatique d'un tel événement, par le lien (peut-être ?) entre certains idéaux du groupe et la réalité "quotidienne" vécue aux USA. Il lui aura fallu 12 ans de travail – dont 100 heures de films d’actualités 16mm, 100 heures de séquences amateurs 8mm -, pour "replacer l’histoire du groupe dans celle, plus vaste, de la musique populaire et de son influence sur la société américaine"
Certes , au tout début de TWST nous assistons à l’arrivée des quatre musiciens sur le tarmac de l’aéroport JFK , puis nous les suivons dans le hall du Warwick Hotel pour leur conférence de presse assez tumultueuse au demeurant. Mais en s’appuyant sur des images tirées de la presse locale ou de films d’amateurs, le documentariste propose d’emblée une autre « vision » que celles auxquelles le public fut habitué… à l'échelle planétaire d'ailleurs...(les images familiales et personnelles frappent souvent par leur simplicité, leur spontanéité)
En faisant la part belle aux écrits d’O’Brien, Andrei Ujicà va en outre, établir un « lien » entre ses déambulations et les images convoquées. Ainsi, des incrustations à même les archives "animent" le personnage (dessiné) : il marche aux côtés de la foule de passants, il s'installe à l’intérieur d’un taxi, il prend la parole, etc...
Voici donc Geoffrey O’Brien (journaliste) fils du jockey Joe O’Brien et Judith Kristen (écrivaine) ; adolescents, ils ont été les témoins de ce week-end effervescent. Leurs déambulations vont révéler au public de 2025 d’autres aspects de la vie newyorkaise en particulier et américaine en général. Et nous nous laissons embarquer dans un voyage temporel assez original où certaines saynètes restituent des ambiances typiques des années 60 ( le twist frénétique dans un club, le réalisme du marché aux poissons (Fulton) l’envol amusé de la Foire du futur) , la découverte de la Statue de la Liberté, alors que d’autres mettent en évidence la dure réalité des Afro-Américains de Harlem, ou les violences policières à Los Angeles -émeutes de Watts, en 1965 visualisées sur petit écran.
Quand Judith prend le relais -en voix off elle aussi- quand elle évoque son arrivée à New York (pour assister au fameux concert), mais aussi sa relation amoureuse il faut avouer que l’espace sonore est saturé par le trop plein de cette voix off et l’espace visuel par la métaphore filée du papillon …
On pourra donc être séduit par une approche singulière (sorte de « greffe » tous azimuts où s’interpénètrent mémoire collective et imagination) et simultanément en signaler les défauts majeurs : voix off par trop envahissante et recours peu convaincant aux images générées par l'IA…
Colette Lallement-Duchoze
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