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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 13:59

  

  

  

 Alma20086678_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120420_104737.jpgnya film allemand de Yasemin Samdereli, avec Vedat Erincin, Fahri Ogün Yardim, Lilay Huser

 

Le 10 septembre 1964, le millionième travailleur immigré est accueilli en RFA. Mais le film va raconter l'histoire du suivant, Hüseyin Yilmaz un Turc, et de sa famille. Pour restituer cette période de 45 ans (soit trois générations de 1964 à 2009), c'est une voix off qui prédominera. Au début commentaire des  photos familiales. Puis ce sera celle de Canan petite-fille de Hüseyin Yilmaz, elle s'adresse à son cousin Cenk, 10 ans.(déboussolé il ne sait s'il est Turc ou Allemand quand il doit choisir son équipe de foot).  Le récit, que des va-et-vient constants entre passé et moment présent structurent, se rapprochera ainsi plus du "conte" que du documentaire sociologique. L'esssentiel  est ailleurs "avoir une famille c'est avoir une histoire"

 

Une histoire d'immigration et d'adaptation. Et pour mettre en évidence  le choc des cultures, mais aussi la peur de l'Autre (l'étrange étranger), la réalisatrice a choisi le mode comique: clichés culturels appuyés, (les W-C, le port de la moustache) mimiques des visages accentuées, questionnements de ceux qui sont confrontés à un autre mode de vie et de pensée que les leurs forcément drôles (fête de Noêl, homme crucifié, coca-cola) etc. Et quand une information semble confuse, le petit Cenk imagine -et c'est un diaporama où défilent les "citoyens appelés" par une Voix qui semble venir d'un minaret planétaire. De même, quand les grands-parents reçoivent leur passeport allemand, Hüseyin voit sa femme en Bavaroise; le préposé ne leur a-t-il pas affirmé "désormais vous pourrez manger du porc et aller en vacances aux Baléares"?

Au va-et-vient dans le temps se superpose celui dans l'espace: de l'Anatolie natale vers l'Allemagne et de l'Allemagne vers la terre d'origine -pour un ultime voyage...Tout un cycle de vie (enterrement et quasi simultanément promesse d'une nouvelle naissance)

 

La nécessité de la transmission d’un héritage, le culte des ancêtres et des disparus toujours présents, le goût des scènes de table comme symboles du partage, et l’amour inconditionnel de la famille, (voir les réticences de l'ami anglais de Canan) tout cela est restitué sur un rythme soutenu; et l'on rit souvent de bon cœur.

 

Et pourtant ! Est-ce cette légèreté (volontairement gauche parfois dans le traitement) ou cette forme d'angélisme dans le discours latent? Est-ce la succession de faits comme "téléphonés"?

 

Une phrase prononcée pendant le générique de fin, est plus que choquante si  elle est prise au sens littéral "si c'était à refaire, on n'aurait fait venir que des Turcs"...(quid des autres immigrés espagnols, grecs, italiens sinon le mépris?)

 

Colette Lallement-Duchoze

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