30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 15:46

d'André Téchiné 

Avec Catherine DeneuveKacey Mottet Klein, Oulaya Amamra, Stephan Bak,  Kamel Labroudi

Muriel est folle de joie de voir Alex, son petit-fils, qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada.  Intriguée par son comportement, elle découvre bientôt qu’il lui a menti. Alex se prépare à une autre vie. Muriel, bouleversée, doit réagir très vite…

L'adieu à la nuit

Téchiné centre son propos sur l'intime, l'humain: la relation entre la grand-mère et son petit-fils, l'incompréhension de l'une face au choix absurde de l'autre; deux univers dissemblables irréconciliables au sein d'une même famille!!

 

Le découpage -5 jours de printemps 2015 et un épilogue- , l'environnement - soleil, cerisiers en fleurs, chevaux le jour, sangliers la nuit-, le jeu d'opposition -ombre et lumière-, les mouvements de caméra et cette façon de filmer au plus près les personnages en plans rapprochés, le leitmotiv musical, tout devrait concourir à exhausser un fait puisé dans le réel (Téchiné s'est inspiré du livre d'entretiens "les Français djihadistes" de David  Thomson) au rang de la mythologie (ce que revendique le réalisateur) 

 

Or il faut bien le reconnaître, des étirements non justifiés, des montages parallèles complaisants (à la fête au centre équestre s'oppose le rituel austère des préparatifs au djihad), des symboles appuyés (l'éclipse solaire en scène inaugurale, la tête d'Alex derrière des barreaux et en arrière-plan celle placide des chevaux), le jeu un peu figé de Catherine Deneuve (et ce quoi qu'en disent ses aficionados) et peu crédible en femme de la Terre, le "prévisible" (le rôle du repenti et son "double retour" entre autres) , bref tout cela fait que le film n'entraîne pas l'adhésion

 

Un bémol toutefois -quand bien même ce serait un truisme-: les personnages (et certains acteurs sont épatants dans leur interprétation) restent des "personnages". Dès lors le "rôle" de la grand-mère n'est-il pas d'empêcher son "petit-fils" de "sortir du cadre" (par le dialogue, l'enfermement, le recours à un "repenti" , la délation) et de se faire tuer  dans un "hors champ" si redouté???

 

Colette Lallement-Duchoze

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