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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 06:12

Documentaire réalisé par Thierry Demaizière et Alban Teurlai

produit par leur société  Falabracks créée en 2009

Relève: histoire d'une création

Je danse d'abord parce que j'aime la musique.

Et de fait pour sa création "Clear, Loud, Bright, Forward" destinée à ouvrir la saison 2015-2016, Benjamin Millepied -à la tête du ballet de l'Opéra de Paris depuis novembre 2014-, écoute d'abord la musique de Nico Mulhy (un collaborateur et ami). Il s'en imprègne, prend des notes dessine des figures.

Thierry Demaizière et Alban Teurlai l'ont suivi  depuis la réception de la musique jusqu'au soir de la Première! Leur documentaire entraîne le spectateur devenu complice dans les coulisses de cette "création"  -mais ce terme a une acception plus large; car les réalisateurs évoquent aussi les affres du "processus créatif" en général. De même que "relève" peut se décliner dans ses sens propre et figuré 

On est immergé dans le labyrinthe de l'Opéra, un huis clos géant (couloirs escaliers salles de répétitions, studios) On côtoie tout le personnel (de l'assistante Virginia Gris  qui trottine à la recherche du " maître" pour lui rappeler ses rendez-vous, aux costumiers maquilleuses éclairagistes) On sympathise avec le jeune chef d'orchestre Maxime Pascal, le compositeur Nico Mulhy et le maître de ballet. Mais surtout on assiste  aux répétitions...

Et l'on comprendra mieux les exigences du chorégraphe pour les pas de deux, les portés et les pirouettes "fluides" par exemple, ainsi que son empathie pour ses danseurs qu'il encourage et gratifie toujours. Une séquence (apéritifs chips) consacrée aux "ressentis" des danseurs dit leur préférence pour la "méthode Millepied" la comparant à celle de Brigitte Lefèvre qui aura dirigé la compagnie pendant vingt ans.

 

Mais quelle surcharge (pour ne pas dire lourdeur) et quelle afféterie: goût trop prononcé pour les ralentis, le recours au flou, les jeux de miroirs, gros plans sur une jambe ou un bras, comme si, détachés du corps, ils évoluaient seuls aériens. Bien plus, à trop vouloir mettre en exergue la "modernité" que revendique Benjamin Millepied les deux "journalistes" ont opté pour une mise en scène "high tech" avec des enchaînements qui rappellent les clips et de la musique électro en toile sonore!!

 

On retiendra malgré tout la volonté affichée de Benjamin Millepied (omniprésent à l'écran) de "bouleverser" tous les codes et les traditions d'une institution devenue légendaire (créée sous Louis XIV...): Concours annuels? Il les brocarde. Hiérarchie militaire? Il la vilipende. Racisme? Il le bafoue: n'a-t-il pas donné à la métisse Letizia Galloni le premier rôle pour "La fille mal gardée"? Rénover les planchers et les éclairages plateau, introduire le multimédia, rompre avec des principes qui empêchent un "lâcher prise", etc. Ce programme a-t-il été interprété comme une Révolution dévastatrice tel un tsumani? Et non comme une "relève"?

Est-ce pour ces raisons que le chorégraphe a donné sa démission quelques mois après la Première de Clear, Loud, Bright, Forward ? (création pour laquelle d'ailleurs il avait choisi non pas des danseurs étoiles, mais 16 jeunes issus du corps de ballet....)

 

Colette Lallement-Duchoze

Relève: histoire d'une création

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