de Sarah Arnold (2025)
Avec Alexis Manenti : Fulda Ella Rumpf : Stéphane Jean-Louis Coulloc'h : Brun Thierry Godard : Brochier Vincent Dedienne : Victor Pascal Rénéric : Alain Bertrand Belin : Marchal Jade Fiess : Lara Bernard Blancan : La Tige Matthieu Perotto : Stanislas Xavier de Guillebon
Musique Florencia Di Concilio
Présenté au festival de Cannes 2026 Quinzaine des cinéastes et récompensé par le Label Europa cinémas
Dans le Nord-Est de la France, agriculteurs et chasseurs se font la guerre. Les sangliers, trop gros et trop nombreux, dévastent les cultures. Brun, céréalier au bord du gouffre, craque et disparaît. Un an plus tard, Fulda, un gendarme explosif et Stéphane, une psy en crise, enquêtent. Ce qu'ils découvrent les dépasse. Ce qui naît entre eux aussi.
Le film -outre l'espèce humaine ou animale– sera explosif lui aussi ou ne sera pas !!!
Deux communautés qui s’affrontent de manière explosive (agriculteurs et chasseurs), la force "indomptable" du sanglier (et la métaphore du désir refoulé) un flic déglingué victime d'un burn out et misogyne, une psy (qui exercera dans un placard à balais) ... tout cela au service d’un film "indomptable" -du moins est-ce le projet de Sarah Arnold (dont c’est le premier long métrage)
Voici un film à la structure ciselée avec ses échos et ses découvertes progressives (au début focale sur Brun céréalier qui pète les plombs, tue et disparaît, un an après focale (et ce sera l’essentiel du film) sur un gendarme corse, nouvelle recrue, dépressif, alcoolo qui subodore un complot ; progression de l’enquête (sur Brun et les vandalismes) , alors que le" boss" est réfractaire aux empêcheurs de "tourner en rond" mais qui aboutira : on clouera au pilori tous les prédateurs autres que la gent animale ravageuse ce que du moins suggère le hors champ final lors de la venue du ministre de l’agriculture dans cette région des Ardennes. Ce film est en outre traversé par des scènes aussi improbables que vertigineuses (l’enquête menée par le duo Orsini /Dinger sous effets hallucinogènes restera dans les annales)
Et la métaphore du désir -depuis celui inavoué de la scène d’ouverture jusqu’aux gestes franchement assumés (alors que les deux personnages sont entravés …), aura bel et bien fonctionné (le sanglier ou la matérialisation de nos pulsions et un symbole de liberté)
La prestation d’Alexis Menenti est assez époustouflante -sinon « explosive » quand un silence inattendu ou une remarque déplacée font sortir de leurs gonds les autres acolytes ; à la fois louche bizarre il est capable de passer d’une tonalité à l’autre et il va former avec Dinger (interprétée par Elia Rumpf vue et appréciée dans le théorème de Marguerite) un couple déjanté qui va faire exploser faire voler en éclats (libérateurs) certains attendus
Mais ce film a le défaut de ses qualités
Et à "vouloir trop embrasser" (contexte politique, polar rural conte fantastique psychanalyse, féminisme) … on connaît la suite… du proverbe
Colette Lallement-Duchoze
/image%2F1527451%2F20261014%2Fob_5e7e26_lespece-explosive.jpg)