28 août 2026 5 28 /08 /août /2026 06:59

Long métrage animé réalisé par Alberto Vazquez (Espagne 2025)

co-scénariste avec Francesc Xavier Manuel

 

Avec les voix d'Asier Hormaza (Arnold) Kandido Uranga (Buho Gigante) Aintzane Gamiz (Maria) Inaki Beraetxe (Gregorio)

 

Musique Joseba Beristain 

 

Animation: Fernando Abaca Carmen Calbrils et Julian Lominchar

Arnold, souris de la classe moyenne au chômage, traverse une crise existentielle profonde. Il vit dans une ville où  l’entreprise ultralibérale A.L.M.A. dirige tout ; abrutissant la population pour mieux imposer sa loi. Contrairement à sa femme María, Arnold a depuis longtemps l’impression que ce monde est irréel et faux. Décidant de se rebeller contre la société, quitte à devoir affronter les prétendus amis, ses voisins, ses médecins, Arnold élabore un plan astucieux pour s’échapper de la ville afin de commencer une nouvelle vie.

Decorado

Pour fustiger les méfaits du capitalisme mortifère (dont l'aliénation et l'esclavage) et   pour démonter les mécanismes du "consentement", Alberto Vazquez a recours à une fable animalière (avec  des souris des rats des canards des oiseaux et des insectes) de même qu’il anthropomorphise (un peu mais pas trop) les cèpes, fait revenir les  "morts" (‘le fantôme de Gregorio meilleur ami d’Arnold) et allégorise la mélancolie la jalousie la perversité … « l’idée principale est de dénoncer la grande farce du monde ; notre époque est inquiétante entre crises politiques et relations superficielles entre les uns et les autres » Decorado, un conte noir comme miroir déformant de notre univers ?

Dès le prologue un encart décline les "sens" du mot décor ; puis s’ouvre le rideau de satin rouge d’un théâtre de Decorado et voici que s’impose une Babylone moderne avec en surplomb le donjon de la multinationale ALMA . Arnold et Maria, deux  souris regardent du toit de leur "maison" (zone pavillonnaire)   ces meutes de loups pyromanes ....

Le public est  invité  à pénétrer cet  "empire" Aller au-delà des  "apparences"  en suivant l’itinéraire d’ Arnold qui s'ingénie à forcer ce mur de  facticité  pour  "être libre" ?  Un des enjeux et non des moindres de cette fable aux allures parfois d’opéra (cf la séquence finale du chœur qui chante « decorado, decorado, decorado) Univers peuplé de forces malignes -dont cette chouette imposante qui terrifie dans sa démarche chasseresse. Et que penser de ce démon noir aux yeux rouges copulant avec une sirène aux jambes humaines ? de ce canard (une star déchue de la télé et du ciné)?  Tout cela sous le joug de l’omniprésente et omnipuissante A.L.M.A (Almighty Lilitless Megacorporative Agency ) 

Evocation d'une société plus que désespérée,  - êtres sur le qui-vive permanent, quand d’autres inféodés au système sont devenus des délateurs. On verra aussi le monde des parias, ces exclus parqués  hors la ville-, une police aux dents féroces, prompte à sévir, une A.L.M.A (alma en latin âme ou  nourricière…quelle ironie !!!) dévorante castratrice, elle donne en pâture ses antidépresseurs tout comme ses cartoons, en s’immisçant  dans la sphère "privée"   

Et l’on pense immanquablement à la dystopie 1984 

Les ambiances -aux couleurs flashy rose ou vert - varient en fonction des « états d’âme » d’Arnold et des étapes de son "voyage"  (voyage intérieur autant que voyage dans l’espace -ville forêt, montagnes falaises- avec raccord écran noir) alors que le choix du sépia s’accorde aux souvenirs et que le noir et blanc correspond à la  fée dépression Les aplats sont souvent hyper léchés et les dessins stylisés (avec changement d’échelle : énorme "bobine" ronde aux yeux globuleux et corps minuscule qui trottine, pour la gent des muridés et des mustélidés- rien à voir avec les prototypes Disney de Mickey Mouse !  alors que les chapeaux rouges agrandissent celle des cèpes. Une musique qui emporte tout quand elle se substitue aux dialogues, ou scande les « étapes/découvertes », ravageuse et tonitruante (Joseba Beristain) mêlant chœurs bulgares musique classique et électronique.

Oui tout cela est «flatteur»

Mais que de surenchère dans le didactisme !

Et trop souvent cette fâcheuse impression d’un catalogue, au final assez  décevant …

 

Colette Lallement-Duchoze


 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

Envoyez vos articles ou vos réactions à: artessai-rouen@orange.fr.

Retrouvez aussi Cinexpressions sur Facebook

 

 

Recherche