d'Alain Raoust (2025)
avec Philippe Rebbot (Serge), Florence Loiret-Caille (Jocelyne alias Pamela Jean) , Gregory Montet, (Raymond dit Ray) Quentin Dolmaire (Manu) , Estelle Meyer (Léa) Kim Higelin (Lana Del Velo) , Oussama Kheddam (Karim) Ariane Ascaride (Bergère)
Radio Pomski livre sa dernière bataille. Cultissime radio locale, lovée dans un camping, elle ressemble à celles et ceux qui y résident à l’année et que la vie a cabossés. Alors que la menace d’une expulsion se resserre, l’antenne devient le cœur battant d’une communauté où se mêlent destins ordinaires et extraordinaires, tentatives de bonheur, et certitude fragile, qu’ensemble, tout n’est pas encore perdu. À sa manière, chacun essaie de sauver bien plus qu’un lieu : une certaine idée de l’amour et de l’amitié.
Tout est gris, la vie est fichue
et pourtant…
C’est un coin de verdure -proche d’un lac, c’est le cœur qui fait « boum boum boum », c’est la rencontre avec une cavalière d’un autre âge ou d’affreux cagoulés (et leur parodie de procès) c’est une embrasure de porte pour une maison qui sera peut-être sans porte précisément, ce sont des personnages cabossés par la précarité mais aux rêves inviolés (l’animateur qui dès sa matinale avoue son amour inconditionnel pour Bergère en contemplant son portrait (Ariane Ascaride); Raymond l’éboueur si touchant de maladresses dans ses déclarations d’amour ; Léa enceinte de trois mois refuse de devenir la matière gluante verte de son cauchemar : elle a des rêves pour sa progéniture ; Jocelyn si émue par la spontanéité de Raymond qu’elle brise la carapace du cynisme!!!)
Voici quatre histoires d’amour qui se conjuguent en une variation sur le bonheur, le désir ; à une époque où se côtoient cassettes vinyles et portables où les haut-parleurs répondent à des mini écrans tv (sur lesquels les visages de Giscard Mitterrand ou Macron lors des sempiternels vœux présidentiels sont comme hors sol… l’appel du dernier « j’ai besoin de vous » semble définitivement frappé d’inanité)
Ce film ainsi structuré en 4 chapitres suivis d’un épilogue, est une page de fraîcheur -qui se veut poétique- sur une France rurale ou périurbaine ; c’est un souffle d’espoir -les résidents y prônent le partage la solidarité et la liberté y est vécue comme un bien commun.(alors que la société dans son ensemble est morcelée et que les récupérations politiques tous azimuts vont …mauvais train) Et la référence à Guédiguian le scénario coécrit avec Cécile Vargaftig, les choix du cinéaste « libertaire » confortent cet acte de résistance, éminemment politique
Et pourtant il nous entraîne difficilement dans son sillage
Ne pas incriminer le casting (mention spéciale à Florence Loiret-Caille qui nous avait impressionné dans les films de Solveig Anspach)
Est-ce dû à la direction d’acteurs ? A un scénario répétitif ? Au mélange mal dosé de conte moral et de comédie politique ? je ne sais …
A vous de juger
Colette Lallement-Duchoze
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