Long métrage d’animation réalisé par Phuong Mai Nguyen (France belgique 2025)
Avec les voix de Lyna Khoudri Paul Kircher Rio Vega
Musique Oklou & Rob
Présenté en ouverture de la Semaine de la Critique Cannes 2026
Festival d'Annecy
À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.
La réalisatrice franco-vietnamienne adapte la bande dessinée éponyme d’AJ Dungo (Casterman 2019) un récit autobiographique : l’amour confronté à la maladie et le combat contre la perte hélas irrémédiable
Idylle ado (teenage movie) qui vire au mélodrame pour adulte, le scénario est certes embué de larmes et n’est pas à l’abri de « faiblesses » (dont la surenchère explicative quand bien même Kristen et AJ d’origine philippine inscrivent In waves dans une sorte de melting pot culturel … le fait que le père de Kristen ne s’exprime que dans sa langue est révélateur moins d’une forme de réticence qu’illustration d’un ancrage dans des racines inviolées)
Cela étant, l’aspect visuel est impeccable et l’expressivité indéniable
Le choix de la mise en abyme :- incorporer à intervalles réguliers les vraies créations de AJ – s’inscrit dans l’hommage (avant le générique de fin on peut lire cette dédicace « à Kristen ») tout en jouant sur les contrastes de couleurs (planches et cases de la BD en noir et blanc ou en bichromie) ou sur les oppositions images fixes et animation (encore que des substituts de mouvement ne figent jamais les images de BD)
Si le film se déploie sur trois périodes (passé d’Hawaï, Los Angeles années 2000 et histoire plus récente) chacune étant repérable par un traitement spécifique (couleur et graphisme- noir et blanc, dessin en volutes ; couleurs mordorées et rues rectilignes ou tons plus désaturés )–la cinéaste les entrelace; ainsi son film est encadré par des séquences quasi mythiques -qui renvoient à des croyances du peuple hawaiien. Il est en outre construit comme des vagues autour de ces temporalités et l’éclatement chronologique ne serait qu’apparent car il participe au thème de la pérennité (récit amoureux et immersion dans l’esprit d’AJ étant étroitement lié.es)
Essentiel, le trait sera délicat sans l'épaisseur propre au cerne (quelquefois en très gros plan il épouse une courbe sur ou sous l’eau, un œil agrandi tout à la fin qui se ferme à tout jamais.) le trait qui par-delà les objets (planche de surf, de skate, prothèse, lit hôpital,) par-delà les paysages (urbain ou abyssal) est capable de délimiter des corps en même temps que leurs existences. Le trait se conjugue au motif de la courbe celle de la vague bien évidemment et avec toutes ses connotations (dont le symbole de la puissance naturelle et du chaos. (Un plan sur l’immense impétuosité d’une vague n’est pas sans rappeler l’estampe de Hokusai) Ondulation et enveloppement (mortifère?) qu'amplifie la musique d’Oklou & Rob
Trait vague volute et de grands aplats (souvent couleurs pastel le bleu rappelant Hockney) avant que le blanc de la mort ne s’en vienne tout opacifier…et avant que des pétales roses telles des perles -mer et pleurs mêlées- ne se déploient en myriades, célébrant la Vie
In waves un film que je vous recommande
Colette Lallement-Duchoze
Ps "plus de deux ans et demi ont été nécessaires pour le développement, l’écriture, le storyboard et la recherche technologique, puis environ deux ans consacrés à la fabrication avec quelque trois cents personnes mobilisées, via Silex, mais aussi Gao Shan, studio d’animation français fondé à La Réunion, et Panique! en Belgique". Priscilla Bertin Silex films producteur
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