9 septembre 2025 2 09 /09 /septembre /2025 11:34

D'Oliver Laxe (Espagne 2024)

 

Avec Sergi Lopez (Luis le père) Bruno Núñez Arjona  (Esteban son fils ) Stefania Gaddia (Steff) Tonin Janvier (Tonin) Joshua Liam Herderson (Josh) Jade Oukid (Jade) Richard Bellamy  (Bigui)

 

Bande originale composée par Kangding Ray

 

Festival Cannes 2025 Grand Prix du Jury

Prix Cannes Soundtrack Award pour Kanding Ray

Palm Dog  Grand Prix du jury pour les deux chiens Pipa et Lupita

"Au cœur des montagnes du sud du Maroc, Luis, accompagné de son fils Estéban, recherche sa fille aînée qui a disparu. Ils rallient un groupe de ravers en route vers une énième fête dans les profondeurs du désert. Ils s’enfoncent dans l’immensité brûlante d’un miroir de sable qui les confronte à leurs propres limites."

Sirāt

Sirât "voie, chemin",  mais aussi "pont suspendu entre le paradis et l’enfer ; fin comme un cheveu et tranchant comme une lame" ;c’est sur fond noir  le carton d’introduction. Définition ô combien précieuse quand le spectateur sera amené -qu’il le veuille ou non -à interpréter le  "voyage" des protagonistes, qu’il aura accompagné leur quête intérieure, pansé leurs blessures - dans cette traversée du désert ! jusqu’à la trajectoire finale… …

On édifie un mur d’enceintes (très gros plans voire  zooms sur les mains les bras qui s’affairent avec méthode) le gigantisme (apparent) de ce mur va faire exploser les décibels alors qu’un autre mur de falaises impose (en écho) sa minéralité millénaire (orgues de pierre ocre rouge dans la réverbération du jour déclinant). Et voici la foule en transe, vue en plongée telle une masse indistincte où s’enchevêtrent les corps La bande-originale composée par Kangding Ray (prix Cannes Soundtrack Award ) entraîne le spectateur dans ce tourbillon avant que des plans rapprochés ne se focalisent sur le couple « père/fils » qui distribue (en vain) des photos de Mar ..Un père en quête de sa fille disparue (cf le pitch) …  C’est l’ouverture en guise de prologue. Après le passage de la police l’évacuation forcée, première bifurcation : Luis, Esteban et leur chien vont suivre vers le sud, vers une autre rave (là où peut-être sera Maria), 5 personnes (acteurs non professionnels) un chien, des enceintes et des règles de conduite (le vivre ensemble)

SIRAT les lettres majuscules dressées elles aussi au son de décibels envahissent l’écran … ’Et c’est le début d’un long périple que le réalisateur transforme en odyssée où les difficultés matérielles (une roue qui s’enlise, la traversée problématique d’un point d’eau comme le passage du Styx ? ) se doublent de chausses trappes narratifs inattendus et tragiques (surtout ne pas spoiler),

Odyssée où un gamin dicte à son père les "règles du vivre ensemble" dans une famille recomposée, où un chien risque la mort pour avoir ingéré de la merde mêlée au LSD, où la nouvelle coupe de cheveux s’est muée en cartographie.

Odyssée dans l’immensité ocreuse pierreuse qui, souveraine dans sa magnificence  , impose une beauté inaltérable, et hostile. Mais où le lâcher prise va percuter l’insondable des abysses. Et là où tout n’est que poussière le cri primal du père se perd dans les limbes de la Douleur. Les pieds qui foulent le sable ne seront pas empreintes. Les enceintes isolées, totems devenues, dispersent les sonorités de la mort. O cauchemar ! quand en surplomb on assistera au passage d’un immense convoi militaire. Le voyage est un calvaire, Les survivants des loques. Et la dernière séquence où s’entassent dans un train (de fortune) les "passagers" (pour la plupart enturbannés) est aussi noire dans une luminosité reconquise (oui osons l’oxymore) que les messages d’apocalypse qui nous étaient parvenus par bribes… de postes autoradios cabossés eux aussi. La ligne d’horizon devenue ligne sonore s’efface dans le grand tout

On sort comme terrassé par un uppercut

Et pourtant le corps vibre encore de cette musique hypnotique qui psalmodiait les prémices d’une ère nouvelle

Un film à ne pas rater !

 

Colette Lallement-Duchoze

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commentaires

D
Je dirais plutôt : un film à éviter !. <br /> Scenario pauvrissime, une musique abrutissante pour combler le vide, plutôt marteau piqueur et machine outil que musique d'ailleurs...(il faut être passablement shooté pour l'apprécier). <br /> Ce Kho Lanta pour punks ou adolescents paumés ne porte aucune réflexion sur notre condition humaine. D'ailleurs des humains on n'en voit pas hormis ces acteurs freaks qu'il faudrait admirer parce qu'ils portent la musique électro de notre bel occident, à fond la caisse, en plein désert.<br /> Pollution qui fait penser au Paris Dakar, viol de beaux paysages, mépris des populations autochtones. Sergi Lopez s'en tire parce que son rôle est d'un n facile tire larmes pour compenser, en vain, la froideur et la vanité de l'histoire.<br /> <br /> Serge Diaz
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