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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 13:29

De Larry Clark

Avec Lucas Ionesco, Diane Rouxel, Hugo Behar-Thinières, Théo Cholbi...

 

2010 les photos de Larry Clark exposées au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris seront interdites aux moins de 18 ans au prétexte qu'elles sont "pornographiques" . 2013 à côté du Musée, Palais de Tokyo, et la "place forte du skateboard français", Larry Clark commence le tournage de "the smell of us"

 

  the-smell-of-us.jpg

  On retrouve dans ce film le thème de prédilection du réalisateur: la jeunesse, le sexe,  la drogue, l'alcool, le stupre. Il nous invite à suivre, entre autres, Math, Marie, JP, Pacman, Guillaume et Toff qui chaque jour se retrouvent au Dôme pour faire du skateboard et se "refiler" de  la drogue. Le soir certains acceptent des plans d'escort boys -histoire de se "faire du blé". Les parents? Certaines scènes en disent long sur les adultes "dégénérés" (la mère de Math alcoolo déjantée qui, pour rompre la vacuité de son existence, invite son fils à se laisser "sucer" ... par elle... ). Mais inutile ici  de chercher voire d'analyser un substrat sociologique!

Le rythme est souvent "trépidant" (comme la musique) : scènes de skate et de coucheries -avec gros plans sur des fesses, des seins, des corps en plein coït -mais parfois la caméra se pose et caresse un visage (celui de Math, gueule d'ange à la Léonard de Vinci ou de ragazzi pasolinien) un bras, une aisselle, une cuisse, un torse, un dos comme métonymies de corps; des corps fragmentés; tout comme est fragmentée la narration qui ressemble à un kaléidoscope où se mêlent, s'entremêlent les images du réalisateur dupliquées d'images numérisées, rêves et flash back. Et à plusieurs reprises des vues en plongée assez vertigineuses.

Une innovation toutefois par rapport à Kids: c'est le rôle prépondérant d'Internet  -pour l'escorting, la commande de board, de drogue certes mais aussi pour les relations entre potes; Toff par exemple filme avec son portable toutes les scènes et peut les divulguer via facebook. Internet pourvoyeur d'illusions! Absence notoire de communication authentique directe! Pour preuve: quand Math se trouve face à Marie il reste coi...car il ne sait que dire -comme s'il était plus aisé de communiquer à distance en tapant sur un clavier!

Une mention spéciale à la scène d'ouverture: un clodo (interprété par le réalisateur) bien imbibé, est allongé et des jeunes voltigent au-dessus de son corps avec leur skate. Une épave figée comme tremplin à une envolée fulgurante! Quant au brasier final....

Mais le constat est amer: car malgré les rires, les fous rires, l'apparente joie de vivre, le sexe débridé, ne serait-ce pas le triomphe d'une solitude fondamentale? celle d'une jeunesse  "dévorée"  par des aînés irresponsables? 

     

Colette Lallement-Duchoze

 

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