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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 06:28

De Abel Ferrara

Avec Willem Dafoe, Ninetto Davoli, R Scamarcio, Adriana Asti, Maria de Medeiros 

 

 

pasolini.jpgNovembre 1975. Dernier jour de la vie de Pasolini. Une journée apparemment banale -depuis son lever dans l'appartement de sa mère, jusqu'à son lâche assassinat sur la plage d'Ostie, nous le voyons au travail, répondre aux questions des journalistes, participer à un match de foot, fréquenter les ragazzi, etc... -. Et pourtant ! Abel Ferrara nous fait passer par des fondus enchaînés et/ou des surimpressions, de la fiction-réalité à la fiction pure. Ainsi quand Pasolini (Willem Dafoe) tape le texte de son roman Petrole ou la suite de Porno teo Kolossal le spectateur est invité à pénétrer son imaginaire car le cinéaste Ferrara/Pasolini met "littéralement" en images ce support écrit qui de ce fait se mue en texte iconographique. C'est, de mon humble point de vue, la partie "faible" de ce long métrage même si "la mort accomplit un fulgurant montage de notre vie" (écrivait Pasolini); car les "délires" des projets de Pasolini devenus "délires" de Ferrara sont inévitablement déformés dans cette approche mimétique....

En revanche le travail sur les décors (le film a été tourné essentiellement en intérieurs et l'on reconnaîtra furtivement un Morandi) les lumières et  les profondeurs de champ; le rôle dévolu à la mère (figure tutélaire, elle éveille son fils des limbes; piéta désormais orpheline, elle fermera la partition de la Mort); la présence de Ninetto Davoli (l'ami le complice l'acteur fétiche, sexagénaire au visage lunaire) interprétant un personnage du film en gestation et reliant ainsi Pasolini public et Ferrara; la prestation de Willem Dafoe à l'élégante sobriété; les choix musicaux; tout cela fait de ce faux biopic un film  lumineux (malgré toutes les ombres portées) et attachant (malgré quelques critiques sur le semblant de mimétisme)  qui ne verse nullement dans l'hagiographie.

Sans oublier bien évidemment la ferveur iconoclaste du cinéaste/écrivain; interviewé ce premier novembre 1975, il affirmait "Je pense que scandaliser est un droit; être scandalisé c'est un plaisir et le refus d'être scandalisé c'est une attitude moraliste"

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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