13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 04:37

Film documentaire de Gilles Perret

Avec Raymond Aubrac (résistant mort en 2012) Léon Landini (résistant FTP MOI) Robert Chambeiron ( né en 1915 secrétaire général adjoint du CNR) Daniel Cordier (secrétaire de Jean Moulin) Stéphane Hessel (résistant déporté diplomate mort en 2013) Laurent Douzou (historien) Nicolas Offenstadt (historien) ; hommes politiques interviewés: Bayrou, Copé, Dupont-Aignan, Hollande, Mélenchon

 

 

les-jours-heureux.jpg

 

Ce documentaire s'intéresse (dans une première partie) à la genèse :  comment  (et pourquoi) 16 hommes entre 1943   et 1944  vont rédiger un programme, celui du  CN R (Conseil national de la résistance) intitulé "les jours heureux"

Un   film complexe à voir plutôt deux fois qu' une !

Un film à conseiller vivement aux collégiens et lycéens, à leurs professeurs afin de comprendre et ne pas oublier d'où viennent  la sécu, les lois sociales,  la liberté, le non au fascisme

Un film très émouvant sans être larmoyant 
Envie d' y croire à nouveau quand on a démissionné malgré les commentaires pathétiques de nos hommes politiques! ("je suis au pouvoir pour pouvoir".... propos de  Hollande; seconde partie)

 

Ne pas oublier
Et que la lutte continue!
 
 
Nicole Rousselet
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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 13:15

de Stephen Frears avec Judi Dench, Steve Coogan

 

 

philomena.jpg

 

N'hésitez pas!

 

Cette recherche de "l'enfant perdu" signée Stephen Frears est tout simplement époustouflante de justesse. Un film où le rire côtoie les larmes, soutenu par le jeu remarquable de Judi Dench (dans le rôle-titre) et de Steve Coogan (dans celui du journaliste). Mais tout en dénonçant l'emprise de l'Eglise catholique et de ses pratiques "douteuses" (nous sommes en Irlande...) le réalisateur ne s'attaque nullement à la "foi"...ni à la "religiosité" du personnage principal.

 

Une leçon de cinéma et de pardon

 

 

 

Elisabeth

 

 

Commentaire 12/01/2014

 

Hélas je ne partage pas l'enthousiasme de la quasi totalité des critiques et des spectateurs!

Hormis les scènes qui reconstituent le passé traumatisant de Philomena (rythme, gros plans sur le visage marqué par la Douleur) et le "film" dans le film (la vie du fils qui se déroule sous le regard d'une mère aimante devenue elle aussi spectatrice ) tout le reste m'a paru assez "convenu" (même le dosage humour tendresse drame; même l'exploitation par la presse à sensation des malheurs humains). Cela étant la prestation de Judi Dench est remarquable et certains paysages (en automne ou hiver) formidablement cadrés

Colette 

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 07:44

Documentaire réalisé par Marianne Lamour

 

 

 la ruée vers l'art

 

Que l'art contemporain soit devenu un produit financier mondialisé, que son axe commercial se soit déplacé de l'Ouest vers l'Est (Singapour, Shanghai) via Dubaï et le Qatar, que quelques artistes (fabriqués) hyper médiatisés fassent les choux gras de nouveaux milliardaires ignares en matière d'Art, n'est un mystère pour personne! (le requin de Damiens Hirst, les "oeuvres" de Jeff Koons, Murakami, Urs Fischer ,et même les toiles à partir de cendres du Chinois Zhang Huan sont dans l'imaginaire de qui s'intéresse peu ou prou à "l'art contemporain"; de même que les noms de Pinault propriétaire de Christie's entre autres, ou Gagosian le plus riche marchand du monde)

 

Mais en étant le spectateur de ces duettistes septuagénaires Danièle Granet et Catherine Lamour filmées par Marianne Lamour, en suivant leurs déambulations de "bécassines" néophytes dans les foires internationales (Bâle, Venise Miami Beach...) dans les salles de ventes (cf. la première scène vente Bergé Saint Laurent chez Christie's) en les voyant approcher un Larry Gagosian qui les repousse par un comique "ne me touchez pas"; en les entendant interpeller Pinault (toujours en "représentation" dans toutes les manifestations d'art contemporain), faire appel à Richard Texier qui sera leur intermédiaire en Chine, on aura ainsi fait un tour de manège plus ou moins agréable, écarquillé les yeux face au requin de Hirst, aux géants de Zhang Huan...écouté dubitatif les clichés de Ségalot (conseiller de Pinault) ou de Montebello (ex directeur du Met à New York) et autres "connaisseurs". Ce "voyage" dans la jet set le duo de journalistes le doit en partie aux collectionneurs Don et Mera Rubell des "stakhanovistes de l'art contemporain qui passent leur temps à sillonner la planète pour dénicher les artistes de demain"; puis qui les "montrent" dans leur musée privé en Floride

 

Le premier défaut de ce documentaire est de s'être intéressé uniquement à une certaine catégorie d'artistes (les plus médiatisés  un peu dépassés déjà...) et d'acteurs les plus puissants les plus riches certes, mais la vision n'en est pas moins réductrice et anti-pédagogique. En outre si la dynamique interne du film est celle du cheminement: telle personne rencontrée va mener sur la piste d'une autre, le film se limite trop souvent à des interviews (à l'instar des documentaires TV) avec en off une voix à la raucité désagréable!. Il ne s'interroge pas sur la relation entre la reconnaissance "instituée sur le marché" et celle "instituée par les instances culturelles" par exemple; souvent il constate mais ne met pas en perspective. Et que dire de ces musiques de "fond" :arabisantes quand on est transporté au Moyen Orient, plus orientales et japonisantes quand on approche de l'Asie? (Le livre "grands et petits secrets du monde de l'art" co-écrit par  les deux journalistes est peut-être plus convaincant...)

 

 

Un immeuble colossal, conçu pour résister aux attentats et aux pires intempéries, nous ouvre ses entrailles à Singapour. C'est là que les richissimes du monde entier déposent leurs "biens" -entendez leurs collections de vins de bijoux et de tableaux- ...dans des coffres immenses sécurisés....

 

Colette Lallement-Duchoze

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 07:59

Un film de Bertrand Tavernier; avec Thierry Lhermitte, Raphaël Personnaz, Niels Arestrup, Bruno Raffaelli, Anaïs Demoustier Julie Gayet

D'après le premier tome de la bande dessinée de Abel Lanzac et Christophe Blain  "quai d'Orsay" (Dargaud)

 

 

Après avoir vu le film de Tavernier, j'ai voulu acheter la BD dont il est l'adaptation;

je "sentais intuitivement" qu'elle me séduirait plus  ....Et de fait!

quai-d-Orsay.jpg

Si le cinéaste est fidèle à "l'esprit" des "chroniques diplomatiques" (un monde de farce et chausse- trapes; une interrogation sur la force persuasive du langage, entre autres), s'il respecte scrupuleusement (et ce fut un travail de réécriture à 6 mains: les 2 auteurs de la BD + Tavernier) le découpage en chapitres (annoncé à chaque fois par une pensée d'Héraclite), s'il transpose les dialogues (les paroles de chacun des protagonistes -ministre, chef de cabinet, conseillers et secrétaires- telles qu'on les lit dans les phylactères), si des détails (le stabilo entre autres) sont restitués avec minutie; il faut se rendre à l'évidence: certains graphiques propres à la BD ne peuvent pas toujours fonctionner à l'écran :ainsi le gemmick des papiers qui s'envolent à chaque passage du ministre – une vraie tornade-; trop répété il perd en efficacité et se vide de son contenu comique. En outre, les transformations du physique (dos qui s'élargit jusqu'à envahir l'espace d'une vignette, visage et mains qui se démultiplient par exemple) les changements de couleurs, les oppositions masse compacte et dessins ou contours épurés, les onomatopées, -avec leurs polices et leurs tailles qui s'enflent progressivement - inscrites dans des éclairs ou des nuages ou des stries, perdent leur pouvoir suggestif que ne sauraient compenser dans leur transposition,  les effets sonores, le recours au split-screen, les changements de cadre ou de point de vue

 

Thierry Lhermitte a beau être pétulant il est étonnamment loin  du personnage de la bande dessinée (une caricature de Dominique de Villepin en géant volcanique qui veut en imposer à l'univers, en Hercule naïvement (?) persuadé qu'Héraclite est la solution à tous les problèmes, même celui de l'anchois). En revanche j'ai apprécié l'interprétation de Niels Arestup: habitué à des rôles qui l'invitent à extérioriser les sentiments, il a trouvé ici (en Claude Maupas chef de cabinet) un phrasé une retenue une certaine pudeur qui contrastent -c'est délibéré- avec la force explosive du ministre. L'ensemble du casting révèle d'ailleurs  des choix judicieux (Bruno Raffaelli en Stéphane Cahut, Thierry Frémont en Guillaume Van Effentem, Anaïs Demoustier en Marina...et même Jane Birkin en Molly Hutchinson..)

 

Le principe "légitimité -ta ca ta ca tac, unité-ta ca ta ca tac,efficacité-tchac tchac tchac"que martèle le ministre Alexandre Taillard de Worms et qui sera la clef de voûte de son fameux discours à l'ONU, ne peut-il pas nous servir de critère pour apprécier le film? 

à défaut méditons avec Alexandre ces pensées d'Héraclite"le combat est le père de toutes choses"(fragment n°129 ) "fatigue, c'est: peiner aux mêmes tâches et par elles commencer" (fragment n°93) "si toutes les choses devenaient fumées, les narines les connaîtraient" (fragment n°78) "l'homme stupide, devant tout discours, demeure frappé d'effroi"(fragment n°173)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 07:55

De Ryan Coogler (Forest Whitaker est coproducteur)

Avec Michael B. Jordan, Melonie Diaz, Octavia Spencer

  

Présenté au festival de Cannes (Un certain regard) Grand Prix du festival de Sundance et prix du public au festival du Cinéma Américain de Deauville

 

 

fruitvale-station.jpgCe premier long métrage de Ryan Coogler s'inspire d'un fait divers: le premier janvier 2009, Oscar Grant jeune Noir de 22 ans est abattu par un policier sur le quai de la station Fruitvale (San Francisco) suite à un contrôle qui a dégénéré, .sous le regard de passagers impuissants mais qui ont pu filmer la scène de leur téléphone portable...Pour rendre hommage à cette victime du racisme, le réalisateur imagine quelles furent ses dernières 24h. Oscar est non seulement une victime innocente, il est présenté aussi comme l'archétype de la justice bafouée;  l'empathie ainsi imposée au spectateur complice ne trouve-t-elle pas ses propres limites?

Le film s'ouvre sur des documents d'archives : la vidéo du meurtre; il se clôt sur sa commémoration en janvier 2013 tandis qu'au générique de fin défilent les informations (vérifiables) des suites judiciaires de l'affaire. Entre ces deux moments (prologue et épilogue) la fiction: ce que fut la journée du 31 décembre 2008. Michael B Jordan (que la caméra portée de Ryan Coogler filme au plus près) incarne avec allant et justesse le père aimant, le fils reconnaissant, le compagnon soucieux du bonheur de son amie. Un être souriant compréhensif qui certes a fait de la prison (comme vient le rappeler un rapide flash back) mais qui en cette veille de Nouvel An a décidé de rompre définitivement avec ses activités de dealer. Bien plus, nous le voyons s'apitoyer sur la mort d'un chien écrasé, face à l'indifférence des automobilistes (ah les taches rouges qui maculent la chemise blanche, comme les prémices d'une mort annoncée), se démener pour trouver des toilettes, acheter un gâteau pour l'anniversaire de sa mère (admirablement interprétée d'ailleurs par Octavia Spencer), etc. Un vrai   Samaritain!  Une journée de bonheur "assuré" dont l'apogée est le feu d'artifice!. Au fur et à mesure que défilent ces moments -dont le spectateur connaît l'issue fatale-  on est acculé à la compassion et à la révolte...

L'hommage est vibrant, le plaidoyer sincère, mais ils ont  les défauts de leurs qualités...

 

Un temps fort: la reconstitution du meurtre -précédée dans le film par une succession rapide de contretemps-; c'est l'altercation injustifiée, la meute de la police; Oscar est plaqué au sol,  et sa blessure sera mortelle...Pour le découpage de cette séquence,  et son rendu -la rapidité du rythme surtout-, Ryan Coogler s'est inspiré des vidéos qu'il avait visionnées...(cf. le prologue) .De sorte qu'en cet instant précis vont se "confondre" fiction et réalité!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

PS: Le tarif a augmenté en ce premier jour de l'année 2014 -du moins à l'Omnia-, alors qu'on nous avait laissé entendre que le taux de la TVA (cinéma) allait baisser de 7% à 5%. (ou 5,5%) Pourquoi?  Les "explications" de M Aguillard "le tarif est  réduit uniquement pour  les moins de 14 ans,  il est de  4 euros" ne m'ont nullement convaincue...

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 09:23

De Clio Barnard

Avec Conner Chapman (Arbor) Shaun Tomas (Swifty) Sean Gilder (Kitten) 

Film présenté à Cannes 2013 (Quinzaine des réalisateurs)

 

le géant égoïste

Caméra à l'épaule, Clio Barnard nous immerge dans le quotidien de deux ados aussi dissemblables -par leur morphologie et leurs ambitions- que complémentaires. A la "faveur " d'un renvoi de l'école, ils vont s'adonner (à cheval) à des activités illégales sous la férule du "géant égoïste" Kitten: la récupération ou le vol d'objets métalliques usagés. Swifty amoureux des chevaux (et à un moment un gros plan fait fusionner son visage avec la tête de l'équidé) participera à des courses "illégales" (elles aussi). Tout cela sur fond de crise, de chômage, de distorsion dans les rapports familiaux,  d'irresponsabilité des adultes (certains sont violents et/ou rapaces) dans la zone "industrielle" de  Bradford. Un film tendre et violent, qui jamais ne verse  dans le misérabilisme..

Un "film social britannique"? Et l'on pense tout naturellement à Ken Loach Mike Leigh (les pionniers incontestés) Certes. Mais...Dans ce premier long métrage Clio Barnard non seulement fait coexister réalisme, fantastique et onirisme, mais elle parvient au final à ouvrir sa narration à tous les possibles... Les plans récurrents sur la centrale électrique abandonnée et les lignes à haute tension qui émergent du brouillard comme des fantômes scandent la narration et servent de contrepoint à cet autre plan récurernt : la ligne d'horizon où se profile la procession immobile de chevaux (rêve et réalité). Le gros plan sur les mains qui se nouent se serrent (scène inaugurale) dit le réconfort qu'apporte Swifty à son pote Arbor; en écho à la fin le jeune Arbor toujours en proie à ses crises recherche une main salvatrice et en surimpression au visage de Swifty qui se dissout, celui du frère junkie! Voici un gros plan sur la mère et l'enfant; d'abord une sorte de Piéta inversée -Arbor console sa mère désemparée car elle est dépassée par les événements-; à la fin après la tragédie, l'étreinte consolatrice de la mère aimante aura valeur de "rédemption": (re) naissance d'Arbor

 

."Si vous vous ouvrez à l’amour, vous vous ouvrez aussi à la souffrance" affirmait la réalisatrice....

 

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 13:19

De James Gray (USA)

Avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner

Film présenté à Cannes 2013 (Compétition officielle)

 

 

the-immigrant.jpg

 

Je ne ferai pas partie des laudateurs de ce film:

Intéressant par son sujet, par la reconstitution du climat de l'époque (années 20 à New York), par l'interprétation correcte -sans plus - de Marion Cotillard.

 

Mais l'ensemble est laborieux, d'un "classicisme" un peu ennuyeux et surtout on sent trop dans la réalisation l'"application" du metteur en scène et du scénariste, ce que je trouve rédhibitoire dans n'importe quelle œuvre.

 

 

 

Bref, j'ai attendu que le temps passe...

 

 

 

 

 

Marcel Elkaim

 

 

 

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 04:29

Film japonais de Hirokazu Koreda

Avec Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Lily Franky, Yoko Maki

Prix du jury à Cannes 2013

 

 

tel-pere-tel-fils.jpg

 

"Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l'hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste… "

 

Quelques bons moments dus en particulier au petit acteur qui interprète Keita, l'un des enfants

 

Mais le film est long et pétri de bons sentiments

 

L'opposition du cadre arrogant (mais avec un passé douloureux quand même !) au quasi-raté sympathique en diable est cousue de fil blanc.

 

Sans compter la fin que je ne raconterai pas !

 

Bref, on s'ennuie.

 

 

 

Isabelle Lepicard

 

 

 

 

J'ai vu le film hier soir (24/01/14) puisqu'il passe à l'Ariel ce week end (beaucoup de monde car dernière programmation sur Rouen).

Je te trouve un peu sévère, pour ma part j'ai trouvé que la problématique du rapport parents enfants (autant que père fils) est traitée avec beaucoup de subtilité et je me suis laissée prendre.

Le rythme sert le propos: le temps est un acteur majeur dans cette histoire.

Je t'accorde quand même que les personnalités des pères sont un peu caricaturales et qu'il est dommage que le père qui a "réussi" soit le seul à évoluer (ce qui bien sûr le rend le plus intéressant) comme si les autres avaient tout compris!

Jacqueline  

 

 

 

 

 

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 05:10

de Ritesh Batra (scénariste et réalisateur )

Avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur, Nawazzudin Siddiqui 

Présenté à Cannes (Semaine de la critique)

 

the-lunchbox.jpg

 

Un film indien pas du tout du genre bollywood, tout en délicatesse sur les relations épistolaires qui se nouent entre un employé de l'administration proche de la retraite et une jeune femme, ô combien belle ! délaissée par son mari. Le "véhicule" du courrier c'est la gamelle préparée par la femme et livrée par un factotum qui s'est trompé de destinataire.

 

En fait c'est le rapprochement inabouti de deux solitudes. En toile de fond, la vie à Bombay.

 

Nonobstant une fin un peu trop étirée c'est un film à voir et pas seulement pour la beauté de l'actrice.

 

Marcel Elkaim

 

 

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 15:19

Documentaire de Kaveh Bahktiari

Musique: variations de Luc Rambo

Présenté à Cannes (Un certain regard) soutenu par 9 associations, ce film a obtenu plusieurs prix (à Namur, Montréal et Leipzig) 

 

 

l-escale-copie-2.jpg

À l'heure où à l'échelle européenne l'on verse des larmes de crocodile sur les malheureux migrants que la mer ou la terre a ensevelis, à l'heure où l'on est fier d'afficher des quotas de retour aux frontières, à l'heure surtout où l'autre -précisément à cause de cette altérité- sert de bouc-émissaire à toutes les turpitudes (idéologiques) et à toutes les dérives du comportement, voici un film documentaire salutaire! Non parce qu'il s'interroge sur les causes politiques ou économiques de la migration clandestine, mais parce qu'il donne à voir, palper même (la caméra dans l'espace étouffant de l'appartement filme au plus près) une situation humaine très violente dans sa quotidienneté (même si quelquefois on rit de bon cœur ou que le réalisateur dédramatise une situation: le recours à des lentilles pour faire coïncider la couleur des yeux avec celle du faux passeport par exemple!)

  Le réalisateur   Iranien d'origine, immigré en Suisse, est en outre le cousin d'un des protagonistes (c'est à lui qu'il dédie L'Escale): ce statut de filmeur/complice/parent permet au spectateur de se sentir lui aussi au cœur de la clandestinité (et non pas de rester extérieur... comme c'est souvent le cas dans des docus/fictions); nous sympathisons avec "Bruce Lee" ex prof de sport, avec cet ado révolté, avec ces deux cuisiniers ventrus, avec Moshen le cousin à la lèvre suturée, avec Ahmid dont l'ultime recours est la grève de la faim!. Film clandestin (le cousin a servi de "passeur" au cinéaste qui partagera et filmera leur quotidien) sur la clandestinité!

Film qui fait alterner les scènes d'intérieur (promiscuité dans l'appartement d'Amir où se sont retrouvés quelques Iraniens en "escale" à Athènes dans l'attente de passeports pour un ailleurs) et scènes d'extérieur: la déambulation dans les rues entravée par la peur permanente des contrôles (surtout ne jamais courir...), la pause en bord de mer.. moins anxiogène ....où les corps filmés de dos sont comme silhouettés dans la pénombre entre terre mer et ciel, loin des "barrières" qu'escaladent certains, parfois avec succès...

 Voici un gros plan sur un rideau épais  à l'intérieur de l'appartement d'Amir (ce plan ouvre et clôt le film); une lumière le lacère en sa moitié; oblitérer l'ouverture -vers l'extérieur, vers le regard d'autrui-  dit la volonté de se rendre "invisibles", car être clandestin n'est-ce pas précisément être "hors du champ social"?Voici une scène en extérieur : migrants et famille grecque, un enfant comme objet de "culte" on lui sourit on le caresse; cette scène  comme illustration de "non-dits" à la fois sur un passé (famille en Iran?) et sur le futur proche (après l'escale la joie d'être père un jour?). Voici une scène de nuit non loin de l'embarcadère: une foule en masse compacte sur laquelle la caméra à distance va zoomer; escalades (réussies ou avortées) de la grille puis des fils barbelés; cette scène comme métonymie du sort de tous les migrants clandestins?  

Ce film prouve que Kaveh Bahktiari a bien bien assimilé la leçon de son maître Abbas Kiarostami "dans chaque film, il y a une pierre précieuse qu'il te faut trouver" Et si la pierre précieuse sortie de son écrin/écran continuait à rutiler et chanter en nous au son des variations de Luc Rambo!! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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