5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 04:36

Film de Konstantin Bojanov; avec Ovanes Torosyan (Kamen) Anjela Nedyalkova (Avé)

 

C'est le premier film d'un cinéaste bulgare; c’est ce qu'il est convenu d'appeler un road movie. il décrit le périple à travers le pays de deux jeunes gens, un garçon qui doit aller assister à l'enterrement de son meilleur ami, une fille qu'il ne connait pas et qui s'attache à ses pas. D'abord exaspéré par cette  affabulatrice qui le met dans des situations impossibles, il l'admet peu à peu et s'y attache sans jamais percer son mystère.
Certaines scènes sont magnifiques, les images sont réalistes quant à la vie quotidienne en Bulgarie, l'ensemble est remarquablement filmé. Les deux acteurs sont attachants. Bref, c'est à voir.

  

Isabelle Lepicard

  

  20078923_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120411_042106.jpgUn panoramique sur la capitale bulgare  ouvre le film -Sofia, une ville dans la brume avec ses espaces verts, ses  tours HLM, entre autres. Une ville où Kamen suit des cours à l'atelier des Beaux-Arts. Une "annonce" -dont le spectateur ne connaîtra le contenu que plus tard- l'oblige à quitter cette ville. Dès lors commence le "road movie" -auto stop, car, train, etc.- qui le conduit de Sofia à Roussé dans le Nord-; le cinéaste opte pour le plan-séquence; choix qu'il justifie ainsi "il  permet au spectateur de se concentrer et sur l'action et sur les émotions"

 

La montre offerte par l'ami disparu, une montre sans aiguilles -et un gros plan sur le cadran semble insister sur l'absence de repères-  va illustrer la "marche" paradoxale des deux jeunes protagonistes; d'une part une destination avouée (ce sera Roussé, ville natale de l'ami) mais d'autre part les "mensonges" du personnage éponyme (Avé) -que Kamen au final fera siens- bousculent tous les itinéraires "attendus" ainsi que les "rôles": Avé joue à être Ana (l'amie de Viki) lors de la scène du repas de deuil  et quasiment au même moment Kamen affirme (sous forme interrogative) qu'il n'est pas "héroïque d'aller d'un point B à un point A" "tu crois tout ce qu'on te dit?" (Avé à Kamen) "mon frère est réalisateur à Hollywood; il vient de terminer son premier film" (Avé au conducteur qui vient de l'accueillir comme autostoppeuse)

 

Et si le mensonge était nécessaire à l'appréhension de la vie? Un antidote à la Douleur? C'est en tout cas la "démarche" d'Avé : inventer pour "oublier"...Il est de rares instants  toutefois  où la  fable est abolie -ou du moins frappée d'inanité-: parole sincère dans l'évocation du parcours de son frère drogué; demande pudique (ou timide) "éteindre la lumière" au moment l'acte sexuel...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 19:30

 

 

  Film de J C Chandor  avec Kevin Spacey, Zachary Quinto, Stanley Tucci, Jeremy Irons, Demi Moore, Simon Baker 

 

   

19860753_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-201112-copie-1.jpg  C'est un film de très bonne facture : les acteurs, la mise en scène, les lumières, les dialogues ... tout cela mérite d'être vu et entendu. Excellente description  du milieu des "traders" et de la grande banque, autant que je puisse en juger depuis mon trou normand. C'est une tragédie avec unité d'action, unité de temps et unité de lieu : écroulement d'une banque, en une nuit, en haut d'un gratte-ciel. Un "milieu" voué au culte de l'argent et où ne compte que le cynisme.

  

Glaçant, ce qui veut dire réussi.

Pourtant le mérite du réalisateur J.C. CHANDOR, outre celles qu'on vient de lui reconnaître, est d'avoir glissé des séquences d' "humanité" dans ce monde épouvantable même si on a du mal à s'apitoyer sur le sort des "traders" qui perdent leur emploi en comparaison du "smicard" qui perd le sien. Sur le plan visuel, New-York, la nuit, c'est pas mal ! A voir donc, selon moi.

 

 

Marcel Elkaim

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 07:50

Au Cinéma le Melville de Rouen 

Soirée débat:  vendredi 4 mai 2012 à 20h

les-chiens-de-garde.jpgLes nouveaux chiens de garde

Documentaire français de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, 2012, durée 1h44

Soirée animée par Henri Maler (Maître de conférences à l’Université de Paris 8, fondateur et co-animateur d’Incrimed,observatoire des Médias :  Action-Critique-Médias) 


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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 11:33

A l'Omnia: 

Image-5-copie-2.png
A l'Ariel:

participez au choix du meilleur court métrage lors de la 12ème édition du festival " Courtivore"
les 16 mai, 23 mai, 30 mai et finale le 6 juin ( toujours 20h)
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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 12:55

Film de Lucas Belvaux (d'après le roman de Didier Decoin "Est-ce ainsi que les femmes meurent"?) avec Yvan Attal, Sophie Quinton, Nicole Garcia, François Feroleto, Natacha Régnier, Patrick Descamps, Didier Sandre

 

 

38-temoins.jpg 

"À un bout de la rue de Paris, il y a l'Hôtel de Ville, avec sa masse un peu soviétique; à l'autre bout la mer avec un cargo". Ces propos de Lucas Belvaux sur la configuration du Havre, semblent illustrer le scénario de son film. Une artère panoptique (tout est censé être vu, or 38 témoins vont certifier le contraire); une ouverture sur la mer où Pierre (Yvan Attal) pilote des porte-conteneurs. Personnage principal Pierre l'est à plus d'un titre. Il assure le lien entre ces deux lieux (celui de sa résidence et celui de son travail); il succombe dans un premier temps à la cécité générale; puis seul contre tous il est prêt à dire la vérité –il a vu, il a entendu, il entend encore les cris de la mourante qui taraudent son esprit- en endossant l'uniforme de pilote, il endosse du même coup sa responsabilité de témoin; enfin c'est à distance qu'il dirigera la scène de "reconstitution" (une des rares séquences particulièrement réussies du film …)

L'Andromède va accoster. La bande son (musique d'Arne Van Dongen), les plans et angles de vue variés sur le porte conteneur et les flots, les lumières dorées, tout concourt à exhausser cette scène d'ouverture à une dimension quasi mythique (et le choix du patronyme Andromède n'est pas anodin..). Scène d'autant plus forte qu'en un saisissant contraste elle va s'opposer à la suivante: avenue sombre et déserte (désertée?), dans l'entrée d'un immeuble, un corps de femme allongé, une flaque de sang …

 

 Certes Lucas Belvaux excelle dans le rendu de l'activité portuaire; pour exemple cette scène, où la caméra subjective adoptant le point de vue de Louise (la femme de Pierre) égarée dans le ballet des engins des élévateurs et des marchandises, donne à voir la peur panique qui s'empare du personnage.

Mais que dire des scènes d'appartement où un cloisonnement –certes allusion aux figures rectilignes de l'architecte Perret - sépare Louise (Sophie Quinton) et Pierre jusqu'au délitement de leur couple? De la présence récurrente –trop appuyée- de cet homme (plus ou moins fantomatique, il incarnerait la mauvaise conscience de Pierre)? De ces rideaux que l'on tire (métaphore de la cécité)? Que dire de cet enchevêtrement des différents "pouvoirs" (justice, presse, religion) esquissés sans être aboutis?

À force de vouloir tout mélanger le film en vient à phagocyter ce qui au départ relevait de la thématique de la "culpabilité"; en effet si le cinéaste s'inspire d'un fait divers, très vite il s'affranchit du roman de Didier Decoin, pour ne s'interroger que sur la (mauvaise) conscience des "témoins" -ce que le procureur Lacourt (Didier Sandre) exprime avec cynisme "Un témoin qui se tait est un salaud ; trente-huit, ça devient "monsieur tout le monde".

Autre bémol: certains personnages dont Anne (Natacha Régnier) et Pétrini (Patrick Descamps) manquent d'épaisseur…

 

Au final n'est-ce pas la ville du Havre, personnage à part entière, qui –une fois de plus- sort "grandie" voire magnifiée grâce à sa cinégénie??

 

Colette Lallement-Duchoze

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 11:30

 

 

Image-2.pngCe soir à l'Ariel ouverture du festival sur les films d'Europe de l'est

 

(projections à l'Ariel et à l'Omnia jusqu'au 21 avril)

 

A l'est du nouveau

 

 

 

pour plus d'informations:

 

http://www.alest.org/index.php

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 13:42

 

Vendredi 13 avril à 20h30 : Le  Npa fait son Cinéma avec le film anglais  : 
  "
We want sex equality" suivi d'un débat avec Annick Coupé, de "Solidaires"

Mardi 17 avril à 20h 
 
  : "Los Indignados " film de Tony Gatlif"  Soirée débat "avec l'association "les Indignés" de Rouen

 

Mardi 24 avril à 20h30 :  Rencontre autour du film 
                   
"Le Grand Bond en Arrière, la France en quête de ses Lumières"
                               en présence du réalisateur 
Tristan Goasguen   

 

Le Samedi 5 mai à 20h00 entre les 2 tours de la présidentielle: 
                            "Les nouveaux chiens de garde"
                           Rencontre et débat avec Serge Halimi   Scénariste du film et auteur des Nouveaux Chiens de garde (Liber-Raisons d’agir, 1997), traduit en huit langues et toujours ouvrage de référence en matière de critique des médias quinze ans après sa parution, Serge Halimi a également publié L’Opinion, ça se travaille : Les médias et les « guerres justes » : Kosovo, Afghanistan, Irak (avec Dominique Vidal et Henri Maler, Agone, 2000), Le Grand bond en arrière : comment l’ordre libéral s’est imposé au monde (Fayard, 2004). Il est le directeur du Monde Diplomatique.


 

 

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 10:54

 Jeudi 5 Avril 2012 à 20h00

la terre outragéeSOIREE DEBAT au Melville

 


EPR green peace

«La Terre Outragée»

(Il y a 25 ans, la vie était douce à Tchernobyl)

 

Film Franco-ukrainien de Michale Boganim durée : 1h47

Prix du Scénario au Festival d’Angers,

Lauréat de la Fondation Gan pour le cinéma,

Prix du public au 29ème Festival International du Film d’Environnement de Paris.

Sélections officielles : Festivals de Venise, Toronto, Angers, Tokyo, Thessalonique, Varsaw, Sao Paulo,Chicago, Palm Spring, Montréal, Molodist, Bergen, Göteborg, San Francisco, Istanbul, Munich

 

 

 

 

De la catastrophe ukrainienne, on connaît quelques documentaires, relatant le sacrifice des liquidateurs, ces pompiers héroïques qui payèrent de leur vie le colmatage du réacteur, ou encore les conséquences terribles pour les survivants (en particulier les malformations congénitales des nouveaux nés). Mais souvent la fiction, nourrie par une solide une approche documentaire, est plus juste et forte pour raconter le réel, et La Terre outragée de Michale BOGANIM, première fiction réalisée sur le drame de Tchernobyl, le prouve magnifiquement.

 

la terre 2Synopsis : 26 avril 1986, Pripiat, à quelques kilomètres de Tchernobyl. En cette belle journée de printemps, Anya et Piotr célèbrent leur mariage, le petit Valery et son père Alexeï, ingénieur à la centrale, plantent un pommier, Nikolaï, garde forestier, fait sa tournée habituelle dans la forêt… Mais soudain on sent poindre l’inexplicable : les animaux des fermes alentour semblent vouloir fuir coûte que coûte, les feuilles des arbres à peine dessèchent, les poissons du lac flottent à la surface par centaines… Et peu à peu la rumeur court : il y a eu un accident à la centrale et la vie bascule en quelques heures sans qu’aucune information précise ne soit donnée….

 

Dix ans plus tard. Pripiat, ville fantôme désertée par ses habitants, est devenue un no man’s land, gigantesque Pompéi moderne érigé en un étrange lieu de tourisme… Anya est aujourd’hui guide dans cette zone transformée en morbide Disneyland nucléaire, tandis que

Valery y cherche les traces de son père et que Nikolaï, lui, persiste à cultiver son jardin empoisonné...

Un an après Fukushima, La Terre outragée, qui rafle tous les prix du public dans les festivals où il est programmé, est un bouleversant hommage à ceux qui vivront à jamais avec l’horreur nucléaire.

 

 


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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 08:54

Film franco-américain d'Alexis Lloyd avec Ingeborga Dapkunalte Jason Day Vahina Giocante

 

 

20020012_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120206_123132.jpgPour son premier film Alexis Lloyd s'est inspiré de la pièce de Schnitzler (Reigen; la Ronde)

Il en respecte la trame, le canevas: 10 personnages (5 hommes et 5 femmes); 10 sketchs; chaque personnage a deux partenaires successifs, et de ce fait apparaît dans deux scènes consécutives. Le dernier personnage  a une relation avec le premier  et la "boucle est bouclée".

Mais si dans la pièce de l'auteur viennois la circulation du désir s'exprimait dans un cercle à la fois infernal et fascinant –au début du XX° siècle déliquescence d'une société sur fond de maladie, la syphilis- dans le film 30 Beats (et on n'aura pas l'outrecuidance de le comparer avec celui de Ophüls…) tout semble cliché. La vague de chaleur en cet été new-yorkais n'est qu'un prétexte –la faire coïncider avec l'ardeur sexuelle?; la cicatrice sur le corps/coeur de Laura (elle a subi une intervention chirurgicale) comme métaphore de la "maladie d'amour" est si appuyée qu'elle en devient lourdingue; la scène de bondage (Julian chez la call girl Alice amatrice d'art contemporain) vire au grotesque; le père (personnage secondaire, que l'on aura vu sortir de l'appartement d'Alice) veille à la santé sexuelle de son fils Sean; il est l'instigateur –via un texto- de son "dépucelage". Mêmes clichés dans la façon de filmer la ville –qui aurait pu devenir "personnage"- ses escaliers, ses façades d'immeubles, ou encore ses phares dans la nuit. Le pitch évoque "une ronde où chacun se retrouve pris dans une chaîne de séductions de sentiments et de désirs à fleur de peau"; une déclaration qui reste intention !! même si certains personnages semblent "incarner" des "déviances sexuelles"

Quelques remarques annexes (comme légers bémols): la première scène –Julie se rend chez Adam l'anthropologue- frappe par l'art de l'ellipse et la rapidité du mouvement; le personnage de Diego –que l'on voit avec Erika puis Laura est aussi celui qui livre un colis à Julian arrêté dans les embouteillages- il est le seul à tenir un discours amoureux; à rêver d'un rapport sexuel authentique avec la femme aimée, la plupart des protagonistes sont intéressés eux par un PC (=plan cul).mais ont des allures de "figurants/récitants"  (hormis Erika)

Le film débute dans la rue, il se clôt sur les toits –les deux jeunes Julie et Sean nouvellement dépucelés rompent avec les lois de l'amitié et s'adonnent aux ébats amoureux…La boucle comme  ronde/tournoiement dans l'espace?

Colette Lallement-Duchoze

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 12:52

Film norvégien de Joachim Trier.

Avec Andres Danielsen Lie (Anders) Hans Olav Brenner (Thomas) Ingrid Olava (Rebekka), Oysten Roger (David) Tone B. Mostraum (Tove)

 

 

oslo__31_aout-0.jpg

Anders, en fin de cure de désintoxication, est autorisé à sortir une nuit et son lendemain pour reprendre contact avec la société et pour aller à un entretien d'embauche.

Le film raconte le décalage entre lui et ses anciens amis ou sa famille. Il a un comportement apparemment normal mais on perçoit le malaise des autres et son désespoir  croissant. On pense un moment qu'il parviendra à s'accrocher à quelque chose.

Ce film traite du retour dans la société des anciens drogués, sujet rarement abordé au cinéma. 

 Le film est inspiré d'un roman de Drieu la Rochelle paru en 1931 : "Le feu follet."

Décalage temporel intrigant. Les acteurs sont très bons particulièrement le principal.

 

Ce n'est pas gai mais vaut le coup d'être vu.

 

Isabelle Lepicard

 

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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