23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 07:05

Film de 2011 réalisé par Bob Goldthwait; avec Joel Murray  Tara Lynnne Barr et  présenté au festival de Deauville 

 

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Désespérément seul (sa femme l'a quitté, il vient d'être licencié et il a peut-être une tumeur au cerveau) Frank, vautré sur son canapé, zappe et il prend conscience face aux débilités que déverse l'écran, de la bêtise immonde qui envahit et gangrène son pays. Et il décide de partir en guerre contre ses responsables: producteurs et animateurs des séries de télé réalité, prédicateurs de tout poil, quand ce ne sont pas ses voisins qui gueulent le condamnant à l'insomnie... Dans cette croisade -il dispose d'armes de destruction massive- il est aidé par Roxy une jeune lycéenne - déjantée et paumée qui apprend très vite à manier les armes salvatrices voire rédemptrices .

Le spectateur assiste à une sorte de road-trip mais qui tient plus du grand guignol que du brûlot. Hormis les plans du début en macro sur l'œil de Frank, le ball-trap avec le bébé du voisin, et quelques rares répliques audacieuses, (sans oublier  Alice Cooper) le film ne trouve pas (du moins est-ce l'avis que je partage avec Nicole -et nous étions les deux seules spectatrices...) un "ton" qui lui soit propre. Ça se veut acide mais ça ne convainc pas..(du moins nous ne le fûmes pas...) 

Gore à souhait, palabres inlassablement filmées en champ contre-champ, ambiance parfois kitsch, "message" plus que léger, bref une œuvre d'aussi mauvais goût que ce qu'elle prétend condamner!!

Colette Lallement-Duchoze

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 06:26

Film de François OZON

 

 

 

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Un garçon de 16 ans s'immisce dans la maison d'un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions à son professeur de français. Ce dernier, face à cet élève doué et différent, reprend goût à l'enseignement, mais cette intrusion va déclencher une série d'événements incontrôlables.



C'est une histoire de manipulation servie par de très bons acteurs : Luchini bien sûr mais aussi le jeune Ernst Umhauer. Visage d'ange, inquiétant de bout en bout sans oublier Kristin Scott Thomas et tous les autres.

Le thème n'est pas original mais sa mise en scène l'est.

Le scénario est bien mené. On se demande "comment cela va se terminer" (phrase clé du film)

C'est fascinant, à la limite du malsain...

Allez y !

Isabelle Lepicard

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 06:28

 Film d'Agnieszka Holland avec Robert Wieckiewicz, B Fürmann, Marie Schrader

 

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Nous voici dans le monde des ténèbres; ce monde des remugles et de la promiscuité; ce monde de l'Ombre en quête d'une improbable lumière. La réalisatrice qui a travaillé dans l'obscurité quasi totale, avec des torches, filme au plus près des visages crasseux, aux regards hébétés par la peur; elle peut isoler aussi une partie de ces corps: c'est un bras une main comme détachés extirpés arrachés et pourtant signes/métonymies de la Vie, du Vivre-là. La scène d'accouchement et celle du Déluge sont des moments forts de cette palpitation souterraine. Une palpitation qui vibre d'accents cultuels (parmi les huit personnes de la micro communauté, il y a un religieux), de désirs charnels (voir les deux scènes de rapports sexuels) ou qui s'apparente tout simplement à un hymne à la vie (voir le rôle des deux enfants). Palpitation comme instinct de survie dans ces égouts aux pourritures méphitiques. 

Parfois un travelling ascendant permet de quitter l'ombre pour la lumière. Mais dans cette "partie du monde" (nous sommes à Lvov Pologne 1944) c'est le règne de la violence inhumaine qu'illustre la scène d'ouverture (des femmes nues courent affolées, poursuivies par des nazis; plan suivant vue en plongée sur leurs corps exécutés; la rapidité de ces deux plans en décuple la force suggestive). Pendant les 13/14 mois qu'aura duré la captivité quasi chtonienne des survivants de la mort dans les égouts, la ville aura arboré trois drapeaux... ;elle aura vécu la délation, la peur, la suspicion, les mensonges, les exécutions sommaires (celles de victimes expiatoires) jusqu'à la libération par les Russes...Pour la restitution de toutes ces scènes la réalisatrice semble sacrifier à des clichés; en tout cas elle est moins convaincante que pour  les séquences  "sous la ville"...

D'un point de vue purement narratif et thématique le film s'attache au personnage de Socha l'égoutier. Un voleur débrouillard hypocrite et cupide; 'ses' juifs au départ sont sa "pompe à finances" (les "sauver" rapporte plus que les dénoncer); mais à la cupidité va se substituer une forme d'empathie ('ses' juifs seront 'ses' frères compagnons de vie; les sauver-sans rémunération-  primera sur toutes les autres formes d'obligation, fussent-elles familiales...

 

Au-delà de l'ancrage historique (la réalisatrice s'inspire d'un épisode authentique du ghetto) et grâce au refus du manichéisme, le film acquiert ainsi une portée universelle dont Socha serait le passeur...

 

Colette Lallement-Duchoze

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 11:33

20087447-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-20120420 055436Quelle perfection dans le dernier film d’Alain Resnais !

 

Le film est très construit dans ses espaces et sa temporalité sur la notion de « passage ».

 

Les lieux sont des lieux de passages : la gare, l’hôtel.

 

Le décor est numérique .à la fois riche et impersonnel

 

La temporalité est celle du théâtre  puisque construite sur celle de la pièce qui sous-tend film.

Il y rassemble « ses » acteurs dont les jeux se croisent. Ils ont en commun d’avoir, à un moment de leur vie joué dans l’Eurydice d’Anouilh  et visionnent une captation de la même pièce jouée par une troupe de jeunes comédiens.

 

Le temps est aboli : Sabine Azéma et Anne Consigny jouent par bribes (en superposant leur jeu à celui du film dans le film) la jeune Eurydice, qu’elles ont joué autrefois avec Pierre Arditi et Lambert Wilson (Orphée), Mathieu Amalric est le gardien des enfers.

 

Que d’émotion dans ce texte croisé, parfois repris, joué par ces merveilleux acteurs filmés avec cette subtilité.

 

J’ai eu le sentiment qu’Alain Resnais nous proposait là un film - testament.

 

Jacqueline Marro

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 10:39

Film de Jaime Rosales avec Celia Correras, Yolanda Galocha, Laura Lattore, Aba Ros, Oriol Rossello, Jaume Terradas (tous des acteurs non professionnels); image: Oscar Duran

 

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Le film s'ouvre sur un geste "créatif" : le peintre espagnol Barcelò est vu de dos; et de son pinceau fin puis d'un pinceau-brosse il dessine, peint en noir et blanc; en accéléré il donne corps, forme à une toile avant de procéder au "frottage" (sacrifice d'Abraham?). À la fin, le même artiste efface dilue puis il dessine (en couleurs) des croix avant de procéder au "chiffonnage" - (Calvaire?).

Le film emprunte ainsi à Barcelo une structure et les  thématiques de la mort, de la  destruction/reconstruction; mise en place progressive des éléments majeurs de la "narration" soutenue par la dialectique "mort/vie".

À cette fin, Rosales a recours à un dispositif que d'aucuns ne "supporteront" pas (et j'entends déjà leurs critiques amères et/ou désenchantées): caméra fixe (très souvent), plans prolongés fixes, ellipses, non-dits, longs silences, absence de musique (illustrative ou parasite), raccords brutaux, personnages locuteurs ou interlocuteurs hors champ, scène filmée en temps réel (celle de l'enterrement), jeux sur la "distance" de la caméra (Rosales alterne plans rapprochés pour les scènes d'intimité et panoramiques); dissociation entre mise en scène et mise en cadre, etc. bref tout ce qui va faire du spectateur un "acteur"

Acteur ne signifie pas être en empathie avec le réalisateur ou les personnages mais participer à : remplir par exemple les trous, les hors champ; s'interroger sur la position de la caméra par rapport à; sur le passage brusque et pour un seul plan, du noir et blanc à la couleur, etc.

 

Résumer le film serait le dénaturer; rappelons seulement que la tragédie -mort de l'enfant- est suggérée: la fille et le père d'abord dans l'habitacle d'une voiture vont disparaître du cadre et c'est un long plan sur l'asphalte d'une autoroute que viennent traverser en le trouant de zigzags, des rais de lumière/phares (?); et qu'il y a un avant et un après. Avant, le spectateur aura vu des moments de la vie de la famille: salle de classe (Yolanda est professeur d'espagnol), chantier (Oriol est architecte), supérette, magasin vêtements à la recherche d'un anorak, etc...Après ce sera le douloureux "travail" du deuil -surtout pour la mère Yolanda qui ressuscite parfois le fantôme de sa fille-; le père, suite au trauma, est victime d'une amnésie partielle. Vers la fin (avant que ne s'élabore la "nouvelle" toile de Barcelo) un très long plan dans un jardin public animé -c'est-à-dire un lieu où triomphe la Vie!

 

"Contemplatif plutôt que narratif", écrit avec justesse Jean-Christophe Ferrari

 

Colette Lallement-Duchoze

 

PS: le "résumé" que l'on peut lire dans le dépliant de l'Omnia est en fait un copié/collé emprunté à J-C Ferrari (mais il n'y a pas de guillemets...)

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 07:29

Film de Cary Fukunaga. 

Avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Jamie Bell, Judi Dench

 

Jane Eyre

 

 

 

Disons-le sans ambages ce film de Cary Fukunaga ne m'a pas du tout séduite; non par comparaison avec d'autres adaptations cinématographiques (celle de Stevenson avec Orson Welles ou celle de Zeffirelli avec Charlotte Gainsbourg); non par comparaison avec le texte de Charlotte Brontë (ce serait le travail d'un exégète); mais à cause de certains partis pris (trop patents): effets sonores outranciers (pour exemple le vent qui s'engouffre dans la cheminée lors du baiser...), fonction purement illustrative des jeux d'ombres et lumières (intérieurs du manoir), dilection pour les vues en plongée et/ou vues aériennes -sur la lande nimbée de brume par exemple– qui vire au systématisme, chromatisme dans le rendu des couchers de soleil ou des forêts ombrageuses. De tels partis pris, loin de servir la thématique du roman de Charlotte Brontë : entre autres la dialectique maître/servante, et celle du ça -pulsions sexuelles- et surmoi -conscience des barrières sociales – concourent à créer une mise en scène trop "léchée"; trop "académique" elle n'est pas habitée par les angoisses (celles du personnage éponyme) ou les fantômes (Rochester et le poids du passé)

 

Cela étant, il faut saluer le talent de Mia Wasikowska (sur son visage quand il est filmé en gros plan se dessine une belle "palette" d'émotions); en revanche la direction d'acteurs fait que Fassbender (si admirable dans Hunger et Shame) est ici un peu "falot" dans le rôle de Rochester...

 

Dommage!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 05:09

Film de Carine Tardieu; avec Agnès Jaoui, Denis Podalydes, Isabelle Carré, Judith Magre...Adaptation d'un roman d'apprentissage de Raphaële Moussafir.

 

 

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Une comédie sur l'enfance d'un ennui mortel !!!l

Les petites filles parlent comme des femmes auxquelles on ne voudrait pas ressembler!

Tout sonne faux dans ce film!

 

DU VENT RIEN QUE DU VENT

 

 

Nicole Rousselet

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 08:28

Film de Helvécio Marins Jr. &Clarissa Campolina avec Maria Sebastiana,Maria da Conceição, Luciene Soares da Silva




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"Ce n'est pas le temps qui s'arrête c'est nous qui nous arrêtons"– (c'est l'un des nombreux aphorismes de Bastu le personnage principal, une octogénaire encore ingambe)

Oui laissons-nous porter par cet hymne  contemplatif à la Vie. Écoutons cette musique qui sourd des éléments naturels ou celle syncopée des batucadas. Regardons le scintillement des eaux du São Sebastião ce lieu des origines d'où surgit le "tourbillon" de dorades improbables!!..Car même si les réalisateurs se sont inspirés de la vie réelle des habitants de São Romão, dans le Sertão Nordeste, et s'ils ont fait jouer aux autochtones leur propre histoire, le travail du chef opérateur Ivo Lopes Araujo et celui des réalisateurs transmuent ces données en un joyau de lumière et d'ombre, en un récit quasi mythique. La caméra est souvent fixe, le cadrage joue sur avant et arrière-plans (avec de majestueuses profondeurs de champ); personnages (et objets) entrent dans le champ pour disparaître puis revenir (sous un autre angle); une porte obture le champ de vision, au spectateur de deviner ce qui est "caché" derrière; de gros plans sur des objets rudimentaires magnifient la quotidienneté. Quand Bastu part avec sa valise/reliquaire et qu'elle vide le contenu – ce qui a appartenu à Feliciano son mari défunt- dans les eaux, une chorégraphie de lumière et d'ondulation dit avec lenteur le mouvement perpétuel de la Vie. Et si l'on fait la part belle au rire franc de Bastu, à la raucité de sa voix, à son visage buriné mais non parcheminé, à l'agilité de son corps, mais aussi à la présence de Maria cette autre octogénaire musicienne et à celle des petites filles, "Tourbillon" serait une danse avec la Vie et la Mort, avec le Rêve et la Réalité mais aussi avec les "Mots"!!!

"Nous ne sommes ni jeunes ni vieux nous vivons c'est tout'.

À voir absolument!

Colette Lallement-Duchoze

PS:  merci à Claude de me l'avoir conseillé...

 

 

   Que rajouter de plus à cette analyse de "Tourbillon"... j'aimerais dire que c'est une œuvre qui me transporte loin et parle à mon âme de rêveuse. Je me suis imprégnée lentement de la démarche tranquille de Bastu déroulant ces façades décrépies, reflétant les belles lumières chaudes et rassurantes. Les chants des Batucadas sont enivrants et reviennent en boucle dans ma tête et me bercent encore. La beauté esthétique et sereine de chaque plan se savoure comme des peintures. La force des liens intergénérationnels des petits-enfants avec Bastu est fascinante. Les multiples pensées de sagesse de cette femme, qui tourne doucement la page du deuil de son époux, sont des bouffées vivifiantes et bien plus efficaces que n'importe anxiolytique.

 

Quel voyage !

 

Béatrice Le Toulouse

 



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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 18:14

 

Film de Xavier Dolan; avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Monia Chokri, Nathalie Baye

 

20138436-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-20120614 120411«Laurence Anyways » de Xavier Dolan est surtout une Histoire d’amour passionnée et non conventionnelle car "transgenre" entre Laurence et Fred sur 10 ans (elle commence en 1989). Les pistes identitaires et sexuelles se brouillent d’ores et déjà dans les présentations, car Laurence est l’Homme et Fred, La Femme. Ils débordent d’énergie et de passion l’un pour l’autre : l’un est un écrivain poète et farceur et l’autre une extravertie au tempérament de feu. Le hic survient à l’annonce troublante que Laurence fait à Fred : « Je vais mourir » mais c’est la mort de son corps qu’il souhaite pour rentrer dans celui d’une femme. Troublée, la réponse de Fred résume toute la situation : « tout ce que j’aime de toi, c’est ce que tu détestes de toi ».

Le contexte est gênant pour beaucoup : les parents de Laurence, l’université qui l’exclut, les regards extérieurs. L’ensemble est traité sans tabou ni voyeurisme avec une poésie planante, un kitch, une beauté esthétique explosive et un humour déconcertant.

Laurence est un héros moderne qui se bat toujours, fier de son désir, bien que son couple s’effiloche et se raccommode sur dix ans pour prendre la forme d’un amour impossible.

L’interprétation des deux personnages contrastés est remarquable. Melvil Poupaud tient là le plus beau rôle de sa carrière (pourtant bien longue et éclectique) tant son jeu est rempli de finesse et de retenue, et Suzanne Clément est émouvante et drôle. Les seconds rôles sont très importants. Nathalie Baye en mère déstabilisée par le choix de vie son fils est bouleversante et la sœur de Fred (Monia Chokri vue dans « les amours imaginaires » précèdent film de Xavier Dolan) influence la vie des deux êtres perdus avec sa drôle de franchise québécoise.

La jeunesse du réalisateur se voit par une mise en scène énergique avec une bande-son allant de Beethoven à Cure et une palette de couleurs très vives, des ralentis. Le projet est bien ambitieux mais le résultat est limpide et charmant. Bravo

Béatrice le Toulouse

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 08:29

 

Film de Johnnie To (Hong-Kong) avec Lau Ching-Wan, Richie Ren, Denise Ho

 

 

 

 

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Le sujet est (c'est un truisme) plus que d'actualité: crise financière, système des subprimes, rôle des usuriers (soit secteur bancaire + bulle immobilière + milieu mafieux). Pour le traiter, le cinéaste opte pour une construction narrative efficace: trois récits (qui vont s'enchevêtrer), trois personnages principaux (une employée de banque,qui, pour faire ses quotas est consciente d'engager ses clients dans des voies tortueuses à haut risque; un flic honnête dont la femme va demander un prêt pour l'achat d'un superbe appartement et un gangster de seconde zone, Panther, qui boursicote afin de faire sortir un pote de la prison), soit trois manières de vivre cette "crise" au quotidien.

Éclatement des points de vue, éclatement de la chronologie, recours à des ellipses aussi. Et à l'instar des "récits" qui s'enchâssent jusqu'à la fusion finale (plan sur la mallette emplie d'argent liquide), le cinéaste use du montage parallèle, fait alterner plans d'ensemble (sur la ville par exemple) et gros plans (sur les individus majeurs de cette chronique acide). Un rythme très soutenu à l'instar des mouvements quasi sismiques de la Bourse, avec des moments de "pause" lourds de silences ou de conséquences; (voir la personne retraitée qui a tout "perdu" alors que l'employée de banque lui avait garanti de bons placements...)

Ne nous y trompons pas; dans ce film -et c'est ce qui fait son originalité- l'argent qui n'a pas la même odeur selon que l'on est gros bonnet de la finance, employée de banque ou simple particulier emprunteur, a une résonance très particulière avec Panther: il aime l'argent, le recherche à condition qu'il soit au service des Frères...une "éthique"(croyance en la Fraternité) "démoralisée"(on se  moque des moyens "répréhensibles")

"Nous vivons dans un casino géant où tout le monde joue avec l'argent de tout le monde» (propos du cinéaste)

 

Pour les habitués du cinéma de Johnnie To, la scène d'ouverture - scellés policiers dans le couloir d’un immeuble miteux, présence d'un inspecteur sondant les lieux -leur rappellera l'ambiance d'autres films dont "Election"

 

 

PS pour les spectateurs qui ont vu le film de  Scorsese et/ou celui  de Cronenberg, il serait intéressant de "comparer" ...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

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