22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 10:00

De Bertrand Bonello

Avec Hafsia Herzi (Samira) Céline Sallette (Clotilde) Adèle Barnol (Madeleine) Noémie Lvovski (Madame) Xavier Beauvois  Jacques Nolot etc 

Costumes Anaïs Romand

apolonide

 

Ceci est un billet d'humeur; (ou mes réponses à des critiques lues et/ou entendues…)

 

  1. 1)"ce qui manque en définitive à ce film c'est un scénario
  2. Affirmation péremptoire qui pose –en filigrane- la question "qu'est-ce qu'un scénario?" C'est "un document narratif décrivant ce qui sera tourné; comportant les dialogues il se différencie du découpage par sa forme littéraire et par le fait que le récit y est fragmenté en scènes, non en plans". (définition dictionnaire du cinéma). Apollonide est un film structuré en deux parties annoncées par des encarts -qui renvoient à deux moments dans le passé: fin XIX° siècle et début XX° siècle. Le titre "souvenirs de…" suppose que le point de vue sera rétrospectif. C'est celui de Madeleine (surnommée la Juive) la femme "qui rit" –rictus cicatriciel suite à une mutilation sciemment infligée par "l'amant de coeur". Certes à l'intérieur de ces parties va-et-vient récurrents entre le moment présent et le passé plus ou moins proche, entre le vécu et le "fantasmé"; mais ici la frontière est si ténue que les deux "mondes" s'interpénètrent aisément…et si le fil conducteur était cette parole (empruntée à Henri Michaux) prononcée par une prostituée "si nous ne brûlons pas comment éclairer la nuit"? J'invite ces prétendus critiques à se procurer dare-dare script, synopsis ou pitch du film…

 

2)"la scène de la mutilation revient trop souvent"

Si la scène est "montrée" plusieurs fois dans le film, bien se rappeler qu'elle obéit à une chronologie inversée. D'abord le cri et un plan sur le visage ensanglanté; puis les étapes à rebours qui ont conduit à ce "rite sacrificiel" (geste très "méthodique" du "bourreau). Une étude plus approfondie analyserait les moments précis où la scène apparaît (voir le scénario)

 

3) "un film trop esthétique"

Certes les cadres, les ambiances recréées, les costumes, les objets, l'architecture de la maison –avec ses couloirs, son salon, ses escaliers, etc.- et jusqu'à la présence d'une panthère sur un divan contribuent à faire de L'Apollonide un film très esthétique. Et chaque spectateur avec ses schémas culturels conscients ou inconscients y reconnaîtra Baudelaire (languides ou flamboyantes voluptés, morsures sacrées de la Chair, etc.) Courbet (l'origine du monde) Manet (l'Olympia) mais aussi Fernand Khnopff (la caresse). Après tout Bonello ne nous invite-t-il pas à voyager avec les artistes du XIX° siècle? Jeux d'oppositions aussi entre les femmes aux visages démaquillés, aux corps quasi dénudés en combinaison blanche et les mêmes fardées, toilettées, parées, parfumées pour accueillir les clients. Film esthétique mais non esthétisant.

 

4)"un film nostalgique sur les maisons closes"

Comme dans "le pornographe" ou "Tirésia" Bonello se refuse à tout jugement moral. L'arrivée d'une jeune fille, Pauline, dans ce monde clos, permet au réalisateur d'évoquer la condition de ces femmes recluses et condamnées à l'être –ne serait-ce que par l'énormité de leurs dettes. La scène d'auscultation, la lecture d'un texte d'anthropométrie, le cas de syphilis  en disent long sur le statut des incarcérées du plaisir vénal. La cicatrice sur le visage de Madeleine ne suffirait-elle pas à elle seule à invalider la critique formulée?

 

5)les larmes de sperme sont d'un grotesque…"

Rappelons que dans un premier temps Madeleine dit avec émotion –à son amant- la fulgurance du désir, du plaisir qui a envahi tout son corps (et "mes yeux pleurent le sperme"); un plan montrera ces pleurs (mais n'est-ce pas le rôle de l'image de montrer ce qui est dit?)

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 15:53

polisseOuahooooo! Quel film ! inutile de rappeler le sujet que tout le monde connaît. J'avais peur de tomber sur un film qui fasse "téléfilm" et c'est tout le contraire. Au fait, qu'est ce qui fait qu'un film fait téléfilm ou pas ? quelqu'un peut le dire ?...Les acteurs sont excellents, Joe Starr compris, et le binôme Karine Viard/ Marina Foîs un régal. C'est joué à toute allure et ça laisse la place pour penser...plein de pistes de réflexion. J'ai surtout retenu que les boulots héroïques, si utiles à notre société en décomposition (profs, éducateurs, assistants sociaux, flics -et pas CRS-, infirmières, etc..) déglinguent la vie privée de ces derniers sans même que la société leur soit reconnaissante d'ê tre en première ligne du combat contre les conséquences de la misère matérielle ou morale. La fin du film est d'actualité et nous interpelle gravement.
Le film brosse un tableau de la maltraitance faite aux mineurs, sous plusieurs formes : du berceau à l'âge presque adulte...Courage des flics de base de cette brigade, lâcheté des cadres dépendant du pouvoir politique. Et dans toute cette vie à 200 kms/heure, 
des moments de grande finesse comme cette petite fille qui ne sait comment avouer à sa mère son cauchemar "papa m'aime trop"...

C'est courageux de la part de la réalisatrice de rappeler que beaucoup de jeunes sont éduqués sexuellement par le biais des films pornos et qu'une fellation devient pour certain(e)s aussi banale qu'une giffle. Dérive idéologique...on aimerait savoir qui en est responsable ? - parents eux mêmes victimes de la misère sociale ou morale ? Et si on se servait de la Télévision pour éduquer parents et enfants au lieu de les abrutir avec des émissions toutes plus nuisibles les unes que les autres !

Enfin, ce film fait œuvre utile car il rappelle que notre pays s'est donné des lois qui protéger les faibles contre les désaxés de toute sorte, mais cela ne se fait pas sans une volonté forte ni sans des moyens qui peuvent disparaître parce que pas immédiatement rentables. Quelle erreur. Merci Maîwenn pour le service rendu à la société à travers votre film.
Et il y a encore beaucoup à dire, en bien, sur ce film riche, n'est ce pas ?...

 

 

serge Diaz

 

ce film passe en ce moment à l'Omnia

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 18:15


 

tn-ceci-n-est-pas-un-film-22525-695498541.jpgSi l'on se réfère aux "fameuses" toiles de Magritte "Ceci n'est pas une pomme" "Ceci n'est pas une pipe" – où le peintre nous invite à ne pas confondre un objet et sa représentation - alors oui ce que le spectateur voit en 75' "n'est pas un film" mais sa représentation. Nous voyons par exemple Jafar Panahi (filmé par Mirtahmasb) se pencher, marquer à l'aide d'un ruban adhésif sur le tapis de son salon les limites (murs, portes, escaliers) d'un décor où est censée évoluer l'héroïne d'un film à venir (jeune fille cloîtrée par ses parents fondamentalistes) mais dont le script a été refusé; nous l'entendons évoquer les mouvements de caméra, choisir un plan serré; en "mimant"il est devenu acteur … "Mais si on peut raconter un film, à quoi bon le faire"?

 

Au-delà de cette première interprétation, quelle leçon de cinéma!!

Nous allons suivre l'auteur cloîtré dans son appartement -il a été condamné, il est assigné à résidence-, durant une journée. La première séquence, en plan fixe, nous le montre en frontal, prendre son petit-déjeuner. L'extérieur s'invite : coups de téléphone à son avocate; sonneries -une voisine, hors champ, le supplie de garder son chien-; actualités diffusées sur l'écran; échappée sur les buildings alentour. L'intérieur s'épaissit: il faut nourrir l'iguane de sa fille; et à défaut de "faire un vrai film" regarder sur l'écran des extraits de films précédents (Sang et or) et les commenter –ce plan où sont cadrés en alignement: extrait du film, profil du cinéaste, masque/marionnette sur le mur du salon, est tout simplement bouleversant! Il dit l'impossibilité pour un réalisateur d'exercer son art !-

  

Et de même que Jafar Panahi va de sa table à l'écran, du salon à la cuisine, revient, fait volte face, de même l'iguane va du canapé à la bibliothèque, escalade, s'étire, revient, comme si les deux locataires étaient enfermés dans un temps qui "tourne en rond".

Quand Mirtahmasb va quitter l'appartement, Jafar Panahi prend le relais le filmant avec son portable; puis un plan sur la caméra isolée sur la table et cette parole prophétique "Ce qui compte, c’est que tout ceci soit enregistré et documenté. Que la caméra reste allumée."

La dernière séquence est le "voyage" en ascenseur avec le "préposé" aux poubelles; discussions, arrêts à chaque étage, ouverture/fermeture des portes, ramassage des détritus. Extérieur nuit; crépitements de la Fête du feu –une fête illégale-; Téhéran s'embrase, (prodromes d'une insurrection??); mais le cinéaste doit s'arrêter au pied de son immeuble, devant la grille (ne pas être pris en flagrant délit de filmer..). Humour et non-dits! 

 

"Tout ce qui lui arrive est emblématique de notre situation" déclarait Mirtahmasb –lui-même sera arrêté le 18 septembre!!!-

Générique de fin: film dédié à tous les cinéastes iraniens….

 

"Ceci n'est pas un film" est plus que le témoignage d'un captif, c'est une force créatrice en marche contre les censeurs, un hymne à l'amour du cinéma !

 
Colette Lallement-Duchoze
"Ceci n'est pas un film "passe en ce moment à l'Omnia
 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 21:45

                les-bien-aimes.jpg  «  Ces bottes sont faites pour marcher, mais tu vas le regretter, car je mettrai ces bottes un jour ou l’autre pour te quitter ! ». Une comédie musicale de Christophe Honoré qui s’ouvre sur un défilé d’escarpins dans  une  boutique à  Paris : des escarpins bleus, jaunes, roses, rouges ! Ce sont des chaussures que l’on enfile à  la va-vite, que l’on retire au coin d’une rue, dans des marches d’escalier, que l’on vole, que l’on abandonne ; des escarpins usés qui traverseront au fil du film les ponts, les bords de Seine, qui accompagneront les personnages dans leurs moments d’euphorie, d’errance, de solitude ou de détresse.  

Au cœur de la boutique, affairée autour des clients : Madeleine.  Séduisante, « joueuse  et rieuse », elle est interprétée par Ludivine Sagnier.  Cette légèreté colle à la peau de l’actrice : Après « 8 femmes » et  « la femme coupée en deux », elle incarne parfaitement ces rôles de femme-enfant, de séductrice invétérée au regard rieur. Cette fois- ci, elle se réfugie dans les bras d’un médecin pragois. Lors de leur première rencontre, un plan large les réunit le long d’un mur. Tout semble les opposer. Excentrique, elle porte une jupe beige et un  manteau à pois. Lui parait plus sobre : costard, cravate. Il a tout pour plaire : un petit accent charmant qui tranche avec son allure sérieuse «  C’est possible faire l’amour avec vous ? » déclare t-il. Il a tout pour plaire, en apparence, mais c’est « un pervers, un baratineur, un salopard » comme le criera Madeleine à sa fille. Cet homme charismatique prône le respect,  « la dignité » pour ne pas « avoir envie de se cracher au visage le matin quand on se rase la barbe ». Et pourtant, il est scandaleux, irrespectueux, tente d’assurer un rôle de père qui le laisse démuni, s’emmêle dans ses paroles qui n’ont plus de sens ni de valeur. A l’image de ce « baratin », le français de Jaromil se détériore au fil du film. Il n’articule plus que quelques mots et finit par déclarer à Véra : avec ta mère, 3 mots : « amour, orgueil, plaisir».

Malgré cette légèreté apparente, le film recèle bien des drames et traite de thèmes sombres : l’abandon, la mort, l’amour déçu. Vera, la fille de Madeleine l’évoque « Je suis la fille d’une putain et mon père nous a abandonné. » Le rire est là pour camoufler le drame. Henderson déclare qu’il a quelque chose de  «ridicule et stupide » à annoncer : il est peut être atteint du Sida ! Des scènes tragiques rythment le film : la mort de Vera dans un bar. Un peu d’Histoire pour ajouter au réalisme du film : l’invasion de Prague par les Russes, les attentats du 11 Septembre.  

                  «  Les filles légères ont le cœur lourd ». Cette chanson interprétée par Vera et Madeleine sur le quai d’une gare illustre une des problématiques des personnages du film. Comment échapper «  aux douleurs de l’amour », au « poids du cœur », à ces « kilogrammes de sentiments » ? Comment fuir ce dont elles ne peuvent se passer ? En effet, cette comédie musicale met en scène des amours déçues, voire impossibles. Vera tombe amoureuse d’un homosexuel sidéen. Elle s’obstine à courir après un homme insaisissable incapable de répondre à ses attentes. Peu de plans les réunissent ensemble dans le même cadre comme pour mieux illustrer cette impossible union entre eux. Clément, lui est fou amoureux de Véra qui reste insensible à ses avances.

Face à ces intériorités insaisissables, les personnages ne cessent de chanter leur souffrance. De longs travellings accompagnent les personnages dans leur moment d’errance, le long de la Seine, sur les ponts, dans les gares. Chacun a le sien : Madeleine trompée, Vera face à son amour impossible, Clément lors de la mort de Véra… Aucun personnage n’y échappe ; et si le film s’attache à montrer des êtres ensembles, entourés ;  c’est dans la solitude que le masque tombe et que les personnages se dévoilent. C’est à Madeleine de conclure à propos de l’amour dans les dernières minutes du film : «  Mais alors dans cette histoire, vaut-il mieux être celui qui est aimé ou celui qui aime ? ».

A méditer et à voir absolument !

Anna Legros

 

"Les bien-aimés" passe actuellement à l'Omnia

 

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 11:46

carré blancUn film de Leonetti sur la déshumanisation, mais aussi "sur la guerre contre soi, contre l'autre" (affirme le réalisateur). Un film qui allie de façon inextricable et judicieuse fond et forme.
 
Un univers froid, glacial –dont rend compte le monochromatisme bleu métallique, images de David Nissen; oppressant –tout est mis en œuvre pour une décérébration collective -, sans perspective ni ouverture – images récurrentes de façades et de leurs carrés d'où se défenestrent certains employés; la direction a d'ailleurs prévu d'installer des filets de récupération…Un univers fondé sur la performance à tout prix, la délation, l'humiliation –le DRH, Philippe, admirable Sami Bouajila, accumule les tests d'émulation (certains sont mortifères). Des haut-parleurs, fusent les slogans réitérés d'une propagande univoque, ils scandent le quotidien de ces êtres devenus "inhumains" malgré eux. Et le sourire "forcé" (image récurrente en gros plan) de cet employé installé depuis des années dans une cabine à la sortie du parking en dit long sur cette déshumanisation forcée…Marie sera-t-elle le grain capable d'enrayer cette "superbe" mécanique?
Comme les deux personnages principaux Philippe et Marie (Julie Gayet) sont marqués à jamais par leur passé –la cicatrice au cou de Philippe, séquelle indélébile d'une tentative de suicide par pendaison, joue le rôle de métonymie-, le film repose sur de constants flash back (suicide de la mère de Philippe, environnement carcéral destiné aux orphelins, Philippe adolescent -Majid Hives- sauvé in extremis par la jeune Marie -Adèle Exarcopoulos-, etc…)
 
Pour ceux qui ne s'intéresseraient qu'au "fond", on peut sans extrapoler songer aux suicides chez France Télécom, avoir en mémoire les slogans de la politique ultra libérale qui conditionne le quotidien des employés...
 
Un film à ne pas manquer!
 
Colette Lallement-Duchoze

 


 

"Carré blanc" passe en ce moment au Melville

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:45

les géants indexLes Géants   de Bouli Lanners

  

J'ai vu le film il y a deux jours, c'est le genre de film qui demande un peu de recul pour pouvoir en parler. J'en suis d'abord sortie sonnée, presque hostile tant il m'a paru désespéré. Avec le recul, j'ai (enfin...) compris que c'était un conte.


Nos trois héros sont des enfants abandonnés (jeunes adolescents) sorte de Petits Poucets qui jouent aux géants (petits durs au coeur tendre). A moins que les géants ne soient les adultes malveillants qui les entourent et qui pèsent tout le long du film comme une menace. Les scènes récurrentes de visites à la caravane du dealer et sa femme (on pense à "Louise Michel") sont à rapprocher de la visite chez l'Ogre.

 

Il y a aussi une fée (une femme qui les recueille pour la nuit dans sa maison-cocon) mais les enfants ne croient plus à la magie...

 

Puisque c'est un conte on aimerait croire quà la fin, ils partent vers le bonheur (ambiance fantastique, plan fixe sur la rivière et la barque qui s'éloigne au soleil levant).

 

Décidément j'ai eu besoin de recul pour apprécier, avec cette lecture tout s'éclaire, voilà qui mérite une

2ème séance

 

Jacqueline Marro

bouli lanners images
Bouli Lanners, on le connait par ses rôles dans de nombreux films Belges (ou du nord de la France) :


le film " les Géants " sort le 2 novembre

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 21:45
au-revoir.jpgJe viens de voir "Au revoir" film iranien de Mohammad Rassoulof
Un très grand film tant sur le plan plastique que sur le fond : la dénonciation sans pathos de la dictature actuelle en Iran. Tout est retenu, sans violence et pourtant on sent tout au long de ce grand film triste une immense oppression que l'hérôine subit à double titre : en tant qu'avocate défendant les droits de l'homme et en tant que femme dans ce pays à l'idéologie médiévale. Rarement un cinéaste a su avec si peu de mots décrire l'horreur d'une dictature. Aucune recherche d'effets, les personnages sont d'un calme surprenant, une déshumanisation constante dans un huis clos sans bruit ou presque.
Le réalisateur attend le verdict. Il encourt une peine de 6 ans de prison assortie d'une interdiction de tournage pour 20 ans. L'exil semble être la seule issue, mais dans le film, la protagoniste, d'une beauté renversante, échoue. On reste cloué au fauteuil au générique final. Cette fiction donne envie de se battre contre tout fascisme qu'il soit religieux ou laïque, mais on tremble. Mohammad Rassoulof est un très grand cinéaste et un héros. RESPECT ! Allez voir son film c'est un minimum.
 

                                                                                   Serge Diaz

 

 

"Au revoir" passe actuellement à l'Omnia.

 

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 09:04

 

 

 

imagesFilm onirique sur la fin du monde, très différent des habituels cataclysmes en effets spéciaux. 

- J'ai aimé : le jeu des acteurs et surtout des actrices,  la beauté de certaines images,.
-J'ai moins aimé : la longueur et la domination violente de la musique : on comprend bien l'intention du metteur en scène, mais il n'est pas indispensable d'assourdir le spectateur pour la lui faire comprendre. 

 
A certains moments, évident plagiat de Bergman or n'est pas Bergman qui veut

En conclusion : pour un film sur la fin du monde c'est réussi.
Le film aurait été encore plus réussi avec une demi heure de moins et un peu plus de subtilité (ou un peu moins de grosses ficelles) 

 

Isabelle Lepicard

 

melancholia.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Melancholia, le dernier film de Lars Von Trier est projeté en ce moment à l' Omnia

 

 

« Mélancholia »( titre du dernier film du danois Lars Von Trier) est la planète qui va heurter la Terre. C’est une angoisse pour Claire, qui veut protéger son fils, mais pas pour sa sœur Justine acceptant la fatalité qui voit la Terre peuplée d’êtres qui ne méritent plus de vivre. C’est une histoire de fin du monde traitée avec un esthétisme, rarement vu au cinéma, et qui rappelle les tableaux du XVIIIème siècle, du Romantisme (courant artistique cherchant l'évasion et le ravissement dans le rêve, le morbide et le sublime tout comme l’ensemble du film).

mélancholia 2

Justine, interprétée par Kirsten Dunst, est atteinte de « mélancolie » qui médicalement se définit par une affection mentale caractérisée par un état dépressif, un sentiment d'incapacité, une absence de goût de vivre. Dans la première partie, gravitent des gens haineux, égoïstes, capricieux, infantiles, matérialistes ou intéressés lors du mariage de Justine organisé par sa sœur. Certainement, un microcosme de notre société qui se dégrade par Von Trier. Ces personnages ponctuent cet évènement de burlesques, de tensions et de règlements de compte familiaux qui n’est pas sans rappeler « Festen ». La deuxième partie, nommé « Claire », se déroule dans le manoir qui accueillait le mariage et se recentre sur la relation « Amour-Haine » des deux sœurs. Claire, qui voudrait tout organiser, du mariage ultra protocolaire de sa sœur à la manière d’affronter la Fin, se contredit avec l’apathie de Justine. La Blonde froide et la Brune sensible et protectrice/ La Terre et Mélancholia sont en conflit, se côtoient mais s’aiment au final.

C’est un film, avec certes des longueurs soulignant les difficultés de communication de chacun, le mutisme et la souffrance, qui ne laisse pas indifférent et indemne. Lars Von Trier est très démonstratif et veut provoquer dans l’esthétisme mais bouleverse et glace. On en retient essentiellement le jeu des deux actrices (Charlotte Gainsbourg qui aurait mérité un prix ex-æquo à Cannes), l’ouverture majestueuse composée de tableaux animés et annonciatrice de la Fin, la musique de Wagner très pesante.

   

Béatrice Le Toulouse

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 13:36


habemus_papam-affiche.jpg

« Habemus Papam » est d’abord un film en costumes avec des bruissements de robes, des regards complices, des inquiétudes, des lâchetés et des odeurs de sainteté, dans un décor idyllique (arrières plans sur les chefs d’oeuvres du Vatican).

 

Un film en costumes qui se passe à une époque (la nôtre) qui semble très loin de l’univers du conclave réuni pour élire le nouveau pape.

 

C’est ce que semble réaliser celui ci dans une soudaine prise de conscience que finalement, la vie est peut être ailleurs.

Le futur pape c’est Piccoli (encore une fois excellent) dans le rôle d’un homme fuyant ses responsabilités, écrasé d’avance par un pouvoir dont il ne veut pas.

 

L’humour s’appuie sur un comique de situation quand le médecin de l’inconscient (joué par Nanni Moretti) côtoie les médecins de l’âme (eux même consommateurs de psychotropes). Le psychanalyste coincé plusieurs jours au Vatican va y changer l’ambiance pendant que le pape fait une fugue dans la ville

(cadre beaucoup moins idyllique).piccoli

 

On rit beaucoup mais pas seulement dans ce film qui traite avec compassion et humour (tant qu’à faire) de la faiblesse humaine.

 

Quel bon moment ! 

 

Jacqueline Marro

 

 

 

 

 

"Habemus Papam", le dernier film de Nanni Moretti passe en ce moment au Melville

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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