25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 08:58

de F. Leon de Aranoa

avec Benicio Del Toro, Tim Robbins, Mélanie Thierry, Olga Kurylenko, Fedja Stukan

présenté au festival de Cannes 2015 (Quinzaine des Réalisateurs)

adaptation du roman de Paula Farias "Dejarse Llover"

argument: Bosnie fin de la guerre. Le seul puits à des kms à la ronde est souillé car le cadavre d'un homme y a été volontairemnt jeté . Il s'agit pour des travailleurs humanitaires de l'extraire avant que l'eau ne soit contaminée...

A Perfect Day

Réalisateur espagnol, casting international, titre anglais (antiphrastique), tournage en Espagne!!! "quelque part dans les Balkans » telle est la mention initiale, suffisamment floue pour ne pas attiser les discordes sur la guerre en ex-Yougoslavie .

Dénoncer l'absurdité de la guerre en général? à travers l'exemple de la Bosnie fin des années 1990?  peut-être; sûrement. Mais sans le trash de MASH, sans la verve loufoque de "no man's land"

 

Les cinq personnages en mission humanitaire en Bosnie à la fin de la guerre , Mambru, Sophie, Katya, B et Damir -le traducteur, interprétés avec plus ou moins de brio,  en sont réduits à illustrer des archétypes tant ils sont stéréotypés (une idéaliste de pacotille, une psycho rigide, un cow-boy charitable, un vétéran déphasé permanent...). Les "villageois" dans la scène d'ouverture se contentent d'une piètre figuration. Si l'on ajoute la récurrence de ces vues aériennes sur les routes en lacets, censées illustrer la pénibilité et la pugnacité des travailleurs humanitaires à bord de leurs véhicules, on se dit avec une certaine amertume que décidément c'est un film assez poussif!!!!

 

Certes il est traversé ça et là par des "signes" : la scène qui ouvre et clôt le film (la présence d'un cadavre dans un puits) est une forme d'allégorie; la coexistence du tragique et du comique autorise une distance critique (les diktats des gouvernements qui au gré des événements se contredisent, la recheche épique d'une corde, la présence d'une vache "piégée" bloquant le passage); les "reflets éclatés " dans le miroir de la maison détruite sont à l'image d'un pays cabossé et disparate, l'horreur qui parfois s'impose frontalement (les pendus), ces morceaux de musique rock et punk qui jouent le rôle de contrepoint; mais globalement cette chronique qui se veut à la fois humaniste et humanitaire, n'est pas convaincante ....

 

Colette Lallement-Duchoze

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 06:45

de Nicholas Hytner (GB)

adaptation  du roman d'Alan Bennett

avec Maggie Smith, Alex Jennings, Jim Broadbent

The Lady in the Van

À l'heure où l'autofiction fait florès dans le roman français, un auteur anglais Alan Bennett se posait la question de dissocier le je -l'auteur et le je -l'homme; toi tu l'écris, et moi je le vis dit  Alex Jennings à son double dans le film. L'expérience qu'il a vécue est si originale qu'elle serait la matière idéale d'un livre. L'écrivain en fera une pièce de théâtre dans laquelle a joué Maggie Smith en 1999 et la même actrice est sollicitée par Nicolas Hytner pour interpréter à l'écran  cette Miss Shepherd, une femme clochardisée acariâtre et sale. Installée dans sa camionnette (qu'elle customise au grand dam des voisins et de la police) sur l'allée du garage d'Alan Bennett ,elle entretient avec ce dernier une relation de "voisinage" pour le moins originale!!! et qui durera 15 ans! (soit de 1974 à 1989, date de sa mort ) Et ce, dans une rue de Camden un quartier  londonien en voie d’embourgeoisement (le comportement des voisins dans le film en est la caricaturale illustration! )

 

Le film s'ouvre sur la scène de l'accident que nous ne voyons pas mais percevons par le bruit amplifié du fracas; puis gros plan sur le pare-brise ensanglanté; puis délit de fuite : la conductrice poursuivie échappe à la vigilance des policiers. Cette scène inaugurale sera revécue soit comme cauchemar, soit comme monnaie d'échange (un ex policier joue le maître chanteur) et dans la séquence finale tarabiscotée qui se veut assomption vers....où les fantômes des morts évoluent dans une fraternité retrouvée

 

Maggie Smith est the lady in the van (comme elle fut récemment  my old lady dans le film d'Horovitz ) et de ce fait elle est de tous les plans (voici un très gros plan sur le visage aux  yeux globuleux inquisiteurs, un plan moyen où recroquevillée dans sa camionnette elle fait corps avec tout son fatras, voici un plan d'ensemble où sa silhouette informe s'est précisément fondue, la voici sur le  fauteuil roulant, elle  se laisse happer par l'ivresse vertigineuse de la  descente;  etc..) Cette actrice octogénaire (elle  joue la comédie depuis 60 ans..) semble si à l'aise dans ses guenilles aux odeurs fétides, sa gouaille et son sens de la répartie,  sa rouerie manifeste dans ses mensonges et son catholicisme de pacotille,  qu'elle suscite l'empathie ce que renforcent les flash-back

Figure "romanesque" par excellence -les étapes de son parcours sont égrenées au fil des rencontres et recherches menées par le dramaturge- Miss Sherphed  intrigue et fascine. Derrière la fenêtre de son bureau l'auteur guette, s'interroge et son double lui répond, le tance ou le conseille; l'un à l'aise sur le clavier de sa machine à écrire, l'autre et pourtant le même, dégingandé et maladroit dans les gestes du quotidien. Vue en contre-plongée pour l'auteur, en légère plongée pour l'homme ou alignement à peine contrasté des deux (hormis le port de la cravate pour l'un) ; sourire narquois de l'un, regard hébété de l'autre; et la prestation d'Alex Jennings n'est nullement entachée par l'omniprésence de Maggie Smith quand bien même cette dernière crève l'écran....Ce pince-sans-rire aux afféteries parfois prononcées incarne entre autres l'humour (que l'on dit si "british") qui irrigue tout le film

Film où l'on rit et sourit de bon cœur -malgré tous les malgré(s)

 

Colette Lallement-Duchoze

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 16:58

De Hou Hsiao-hsien

Avec Shu Qi, Chang Chen, Yun Zhou

Argument : Chine, IX siècle. Nie Yinniang revient dans sa famille après de longues années d’exil. Son éducation a été confiée à une nonne qui l’a initiée dans le plus grand secret aux arts martiaux. Véritable justicière, sa mission est d'éliminer les tyrans. A son retour, sa mère lui remet un morceau de jade, symbole du maintien de la paix entre la cour impériale et la province de Weibo, mais aussi de son mariage avorté avec son cousin Tian Ji’an. Fragilisé par les rebellions, l'Empereur a tenté de reprendre le contrôle en s'organisant en régions militaires, mais les gouverneurs essayent désormais de les soustraire à son autorité. Devenu gouverneur de la province de Weibo, Tian Ji'an décide de le défier ouvertement. Alors que Nie Yinniang a pour mission de tuer son cousin, elle lui révèle son identité en lui abandonnant le morceau de  jade. Elle va devoir choisir : sacrifier l'homme qu’elle aime ou rompre pour toujours avec "l'ordre des Assassins".

The assassin

La critique enthousiaste de Télérama m’a donné envie de voir le dernier film du cinéaste Taiwanais dont ce magazine s’est entiché.

 

Mal m’en a pris car je me suis ennuyé ferme.

 

Scénario simplissime, une intrigue obscure, pas de vrai personnage, aucun ressort psychologique, absence de dialogues, aucune émotion, vacance d’idées, univers de BD !

Les images, certes soignées, ne suffisent pas à donner de l’épaisseur à ce film qui reprend tous les clichés du genre chevalerie-sabre et art martial, dont on est fatigué.

Dommage que ce cinéaste techniquement talentueux n’ait pas été mieux inspiré.

 

Restent de beaux costumes et une photographie qui nous fait un peu voyager dans l’espace et le temps...mais Bertolucci l’a déjà fait (le dernier empereur) en mille fois mieux .

 

Serge Diaz

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 05:58

de Sharunas Bartas Lituanie

Avec le réalisateur dans le  rôle du père,  sa fille Marija Bartas  dans celui de la fille, Lora Kmieliauskaite

 

présenté à la Quinzaine des réalisateurs Cannes 2015

 

en compétiton à Rouen dans le cadre du festival "à l'Est du nouveau"

Peace to us in our dreams

Le film du réalisateur lituanien Sharunas Bartas est arrivé au festival de Rouen auréolé de sa sélection à la Quinzaine des réalisateurs et d’une rétrospective qui vient de s’achever au centre Pompidou.

En huit films, Bartas s’est acquis la réputation d’un cinéaste exigeant et atypique pour lequel les "mots ne peuvent dire ce qui ne peut s’exprimer qu'en images". « Peace to us… » confirme ce parti pris : aux dialogues, Bartas préfère les longs silences dans un film centré sur le mal-être et l’incommunicabilité. « Peace to us… » raconte l’histoire d’un couple et de leur fille ado qui partent pour un week-end à la campagne. Auparavant, la femme, violoniste, a connu un magistral pétage de plombs au milieu d’un concert, quittant la salle et laissant une assistance médusée, incident dont elle ne parlera pas à son mari (ni à personne).

Le film présente ainsi en longs plans séquences deux couples, d’une part les bobos venus à la campagne, d’autre part deux fermiers locaux. Une autre relation se forme entre la jeune ado et un vagabond. Au fil du temps qui semble s’étirer à n’en plus finir, Bartas met en scène non pas des existences partagées, mais des solitudes juxtaposées, dont la tristesse intrinsèque est encore renforcée par l’absence de parole. Et lorsque la parole se libère, c’est sous la forme des insultes (et des coups) qu’échangent le fermier et sa femme, ou bien du rejet brutal des tentatives que fait la violoniste pour évoquer Beethoven auprès de la vieille fermière qui ne jure que par les chants folkloriques lituaniens… Une autre parole, plus intime, plus authentique, finit par se manifester à la nuit tombée, mais sombre rapidement dans les lieux communs et ne parvient pas à masquer la fragilité (ou l’absence) des sentiments. 

Bartas impose un rythme résolument lent, en harmonie avec la nature environnante et les interminables journées d’été de l’Europe du Nord, dans lequel sourdent néanmoins une tension constante et un spleen généralisé, le tout enveloppé dans des images d’une grande beauté (Bartas est/a été également photographe. La galerie du Passage de Retz à Paris présentait ses photos le mois dernier).

Mais l’indigence du scénario amène à se demander si cette fois, la machine ne tourne pas à vide, sauf à considérer que le réalisateur nous invite à partager sa désespérance. Ce mal-être devient à ce point perceptible que, par moments, l’ennui guette le spectateur.

Dominique Dudouble

 

 

Certes le film de Sharunas Bartas -cinéaste connu du public rouennais grâce au festival du cinéma nordique- est  aride et il ne nous donne pas un récit structuré: C'est une chronique silencieuse d'un monde en bouleversement(s) et de drames qui s'annoncent.

Bartas s’intéresse autant à ses personnages qu'aux paysages et les longs plans larges de la nature sont l’occasion pour ses personnages de prendre un peu de liberté et de se retrouver.

Néanmoins son scénario est construit, organisé

Il émane de ce film une atmosphère mélancolique et une tension palpable, qui nécessite de se laisser aller à contempler cette nature magnifiquement filmée et à accompagner dans leur solitude intérieure les personnages.

C'est un film profondément mélancolique mais sublime

Claude le 10/03/2016

 

 

Parlez-moi plutôt de biches et de musique en raccord!

parlez-moi du bonheur aussi fragile ou fugace que les ailes de papillon!

on sait que l'événement chez Bartas est le non-événement que les paysages ne l'intéressent que dans leur rapport aux personnes (tout le contraire de l'esthétisme donc...)

Elisabeth 12/03

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 06:37

de Carlos Saboga Portugal

avec Joana Ribeiro (Ilda) Paulo Pires (Vargas) Judith Davis (Laura)

 

argument: 1942. Dans le Portugal de Salazar, deux réfugiés Français suspects, Boris et Laura, sont arrêtés. L’inspecteur Vargas, séduit par la jeune femme, décide de les cacher chez lui : un hôtel désert où il vit avec sa fille Ilda et sa femme gravement malade. Ilda découvre leur présence et, rongée par la jalousie, s’attache à les faire disparaître coûte que coûte…

A une heure incertaine

À l'écart de la Deuxième Guerre Mondiale (dont les échos nous parviennent par intermittences à la radio qui diffuse surtout les discours de Salazar) le Portugal est comme une terre d'accueil pour des réfugiés à la recherche de liberté. Ce qui motive  les attentes de  Boris et Laura; ils  ont échappé aux camps de la mort (ces camps dont Boris immortalise les horreurs dans des dessins cauchemardesques) et ils espèrent trouver un asile. Mais......Après les interrogatoires et la cellule, c'est la réclusion,  "dorée" en apparence mais  vécue comme une seconde "garde à vue" !?

L'essentiel du film se passe à l'intérieur de cet hôtel désaffecté. Soit un décor unique en clair-obscur avec de longs couloirs et de belles profondeurs de champ, des escaliers "dérobés"(?), des salles au mobilier recouvert de draps blancs aux formes spectrales, des portes fermées (détentrices de secrets?), des fenêtres capitonnées de rubans protecteurs.

Atmosphère oppressante (plus que lugubre) d'autant que cet hôtel imprime la matrice des obsessions érotiques et de la mort: Ilda la fille de l'inspecteur Vargas, en est la douloureuse incarnation. Sa lecture de la Bible (les filles de Lot) satisfait par procuration sa libido; lovée auprès de sa mère Marta (malade?paralysée?) qui repose tel un gisant, elle renoue avec la prime enfance; sa passion incestueuse dévorante pour son père lui fait commettre l'irréparable; en utilisant les mêmes armes que les bourreaux -violence verbale, menace de renvoi- elle parvient à ses fins. "A une heure incertaine" c'est aussi le passage à l'âge adulte (mais à quel prix pour Ilda? Celui de la déraison de la mort et du deuil)

Les portes sont censées cacher des secrets, la clef, celle qui donne accès au refuge de Boris et Laura, est objet de chantage; les caresses incestueuses (Boris et Laura, Ilda et Andreolina) les frôlements amoureux (Ilda et sa mère, Vargas et Laura) les rapports violents (Andreolina victime de Jasmin), les ellipses et les non-dits, les chuchotements, tout dans ce huis clos transforme bien vite les fragrances en parfums vénéneux...

Un espace-temps délétère à l'image du pays lui-même? Indubitablement

Au final et pour paraphraser le titre (qui renvoie à un poème de Primo Levi) tous les personnages ne seraient-ils pas des "morts en sursis" ?? Mors certa, hora incerta

 

Colette Lallement-Duchoze

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 13:31

de Malgorzata Szumowska Pologne

avec Janusz Gajos, Justyna Suwala, Maja Ostaszewska

 

Présenté en compétition à Rouen dans le cadre du festival "à l'Est du nouveau"

 

Ours d'argent du meilleur réalisateur au festival Berlinale 2015

Body

Dans ce film qui mêle humour, fantastique et réalisme, la réalisatrice décline différentes approches du "corps", de la relation que nous entretenons avec lui.

Corps que l'on détruit pour en finir avec la vie (un pendu, un nouveau-né démembré dans les toilettes d'une gare); corps que l'on renie en le maltraitant (anorexie hyperphagie); corps qui palpite de désir, corps "mystique" (succédané du corps physiologique?).

Trois personnages en sont l'incarnation. Janusz en tant que médecin légiste est confronté aux morts violentes; en tant que père il est démuni face aux comportements suicidaires de sa fille...Olga sa fille vit une relation conflictuelle avec lui; elle est devenue anorexique à la mort de sa mère; Anna la thérapeute qui, en séance collective de cri primal entre autres, soigne des anorexiques; elle-même suite à un trauma -la perte de son enfant- entre mystérieusement, et au nom d'une foi inébranlable, en contact avec les chers disparus..

Comme le film procède par montage parallèle et/ou alterné, nous suivons le parcours croisé de ces trois personnages (Olga sera hospitalisée et "soignée" par Anna) avec la récurrence de scènes du quotidien le plus banal certes mais si vital (les repas par exemple)

La scène d'ouverture donne le ton: un pendu que l'on détache mais qui, à l'insu des représentants de la médecine et de la police, ressuscite et se fond dans le paysage -ce qui prépare le spectateur à "accepter" l'anormal comme allant de soi...

L'humour chez la réalisatrice est toujours léger jamais hilarant ni décapant (on se souvient de "aime et fais ce que tu veux"). Voici Anna et son énorme chien dans l'exiguïté d'une cuisine;  Anna épiant un couple qui s'adonne aux plaisirs de la chair; voici un très gros plan sur les aliments que Janusz va dévorer face à sa fille anorexique; voici Janusz fumant sur une marche de l'escalier et se faisant tancer par un voisin;  et le clou: cette séance de spiritisme qui réunit les trois personnages et se termine à vau-l'eau!!

Cela étant, le film souffre de quelques longueurs, c'est-à-dire d'étirements inutiles du scénario - ce qui, faut-il le rappeler, n'a absolument rien à voir avec la durée (longueur) de plans fixes; laquelle chez certains réalisateurs dont S Bartas est au service d'une écriture belle dans son exigence et sa plasticité!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Trés bon texte.  Si je peux ajouter quelque chose au sujet du corps, je trouve que les séances de danse pendant la thérapie sont très techniques, ainsi que celle de la femme à demi nue dans l'obscurité : essayez de faire les pas, vous verrez que cela demande une certaine maîtrise de son corps ...

Très bon film et l'actrice super !!!

 

Nicolas   8/03/2016

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 08:05

de Ivan Ostrochovsky, Slovaquie, République tchèque

 

Présenté à Rouen en compétition au festival A l'Est du Nouveau

 

Avec Peter Baláž, Zvonko Lakčević, Ján Franek Stanislava Bongilajová, Nikola Bongilajová, Tatiana Piussi

 

Prix du meilleur film et Prix CICAE à  Vilnius

Koza

argument: Peter Balaz dit « la chèvre » (Koza) est un ancien champion olympique de boxe qui peine à subvenir aux besoins de sa famille. Aussi, lorsque sa petite amie Misa lui apprend qu’elle est enceinte, il n’a pas d’autre choix que de remonter sur le ring.

Mais jusqu’où ira-t-il pour gagner de l’argent ?

Ivan Ostrochovsky,  s'inspirant de la vie de Peter Balaz (qui d'ailleurs joue son propre rôle) nous propose non pas un documentaire mais bien une fiction.

Ce qui frappe d'emblée c'est la maîtrise incontestée des cadrages, celle du montage et le choix de discours minimalistes qui laissent parler le silence des non-dits.

Au début se succèdent des mini-scènes sous forme de tableautins : Peter en famille, Peter au travail. Dès qu'il se sera embarqué avec son "manager" nous quittons l'espace urbain pour un long périple dont les étapes sont les matches de boxe. Les conditions de vie (pour ne pas dire "survie") sont plus que précaires (la voiture cabossée est l'habitacle du quotidien: on s'y nourrit, on y couche); l'entraînement se fait à la dure; la relation à la fois dyadique et hiérarchique entre le manager et le boxeur fait de ce dernier l'obligé acculé à obéir aux diktats du premier (tout à la fin, et pour cause!!! le manager sera plus "compatissant")

Dans Koza jamais le réalisateur ne donne la part belle aux matches. Les quelques rounds auxquels nous assistons sont rarement filmés de près et en frontal; légères contre-plongées, plans d'ensemble sur le public; et le plus souvent c'est sa "clameur" que nous entendrons; le dernier match sera hors champ, imaginé en coulisses, par le "manager" quand il aura enfin compris l'inanité des efforts de Peter...

Car l'essentiel de ce film est bien le calvaire que subit ce dernier; chaque étape y est déclinée comme une station de chemin de croix, chaque uppercut est encaissé par la victime sacrificielle au nom de la Vie!

 

Un film "sombre" dans ces immensités enneigées filmées en lumière naturelle et si profondément "humain"!

 

Colette Lallement-Duchoze

Koza
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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 16:40
Elles font leur cinéma: 5ème rencontre 18 19 et 20 mars

"Cette année encore nous vous proposons des inédits: documentaires, courts métrages, films d'animation, fictions

Plus d'une quinzaine de réalisatrices du monde entier étonnent par l'originalité et la puissance de portraits de femmes qui résistent et trouvent des solutions face à des situations d'oppression et de discrimination" 

 

 

Programmation cinéma Omnia-République Rouen

 

vendredi 18 mars

20h  Moi Nojoon, 10 ans, divorcée

        fiction de Khadija Al Salami  (Yémen, France 2015, 96')

 

 

samedi 19 mars

13h45 : sous tes doigts

             film d'animation de Marie -Christine Courtes France 2015 12'50

            le ventre des femmes

            documentaire de Mathilde Damoisel, France 2009, 52'

15h30  light fly fly high

           documentaire de Beathe Hofseth et Susann Ostigaard Norvège 2013 1h20

           séance suivie d'un débat avec Audrey Chenu entraîneuse de boxe

 

17h45 13 courts métrages

 

21h     No land's song 

           documentaire de Ayat Najafi Iran 2016   1h31

            séance suivie d'un débat avec la productrice du film Anne Grange

 

dimanche 20 mars

10h30   Murmures de Vénus de Ghizlane Assif Maroc 2015   11'

 

10h45    la révolution des femmes, un siècle de féminisme arabe

              documentaire de Feriel Ben Mahmoud France 2014   52'

              séance suivie d'un débat avec Sophie Bessis historienne interviewée dans le film

Contact

            ellesfontleurcinema@mailoo.org

             www.elles-font-leur-cinema.info

Tarif de la séance 5,50 €, 4€ réduit

pass 24€ pour les 6 séances

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 06:40

XI ème édition

 

du 4 au 13 Mars 2016

Festival à l'Est du Nouveau

 

cinéma Omnia ROUEN (rue de la République)

cinéma Ariel MONT SAINT AIGNAN (Place Colbert)

 UBI (20 rue Alsace Lorraine Rouen)

Festival à l'Est du Nouveau

 

le programme est disponible sur le site

 

http://www.alest.org/fr/edition-2016/

Festival à l'Est du Nouveau

 

Peace to Us in Our Dreams

film du réalisateur lituanien Sharunas Bartas

 

Festival à l'Est du Nouveau

Koza

film Slovaque et Tchèque de Ivan Ostrochovský

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 10:27

Documentaire réalisé par le cinéaste franco-irakien,  Abbas Fahdel (durée 5h55)

Chronique de la vie quotidienne en Irak, pendant un an et demi, avant et après l'invasion américaine de 2003.

Homeland : Irak, année zéro

La salle 4 de l’Omnia était pleine le week-end dernier pour assister au documentaire d’Abbas Fahdel.

Divisé en deux parties, le documentaire nous plonge dans l’univers familial d’une famille de classe moyenne plutôt intellectuelle (dommage qu’on ne connaisse pas exactement la profession du père et que la mère soit quasi inexistante dans le film).

Voyage intéressant sur l’avant l’invasion américaine en 2003 et l’après. Chaque partie aurait pu être amputée d’au moins la moitié chacune, trop de longueurs avec une caméra d’amateur ; mais au final un sentiment de colère et d’injustice face à cette terrible malchance que d’être né dans un tel pays à cette époque.

Le culte de la personnalité du dictateur Saddam Hussein apparaît clairement et donne la seule note comique à cette époque tragique; en revanche, comme toute dictature efficace, bien installée, elle a ses soutiens dans la population même et on ne sait plus très bien qui pense quoi et la méfiance règne. Dans la vie, il y a toujours l’insouciance des enfants, le rire des jeunes filles, et le réalisateur sait montrer que l’oppression, la guerre, font partie de la vie et que ça n’empêche pas les fous rires.  

Quant à la partie 2, tant attendue quand on a visionné la partie 1, ceux qui ne croyaient pas au cynisme de Bush et qui par naïveté croyaient encore au bien-fondé de son action, seront définitivement éclairés. On se demande même comment se fait-il que ce président prédateur monstrueux ne soit pas passé devant une Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité au lieu de couler des jours tranquilles dans son ranch du Texas !

Le documentaire se termine sans voyeurisme sur la mort d’un enfant de 12 ans de la famille tuée par un sniper du voisinage. Le chaos règne, le peuple subit une succession de désastres annoncés et on ne voit pas comment cela pourrait se terminer.

Et nous spectateurs, que faisons-nous ?... On laisse faire Valls et Hollande qui délogent, puis refoulent les réfugiés irakiens victimes d’atrocités ?

 

Serge Diaz

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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