17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 09:48

Film indien de Chaitanya Tamhane

Avec Vira Sathidar, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni, Pradeep Joshi, Usha Bane, Shirish Pawar

Court (en instance)

Une pièce minuscule, mini salle de classe, un prof qui apprend à des élèves motivés quelques rudiments de géographie; puis la caméra suit ce sexagénaire au pas alerte dans le dédale des rues; il prend un bus et va se produire avec son groupe sur une scène plus ou moins improvisée. C'est Narayan Kamble, poète chanteur contestataire. Arrestation.

 

C'est à son procès (du moins à des extraits ainsi qu'à ceux d'autres procès) que nous allons assister.

Les chefs d'inculpation? Une de ses chansons aurait incité un égoutier à se suicider...

Voici les représentants de l'ordre, les figures du pouvoir, voici aussi des personnes assises filmées le plus souvent de dos (attendent-elles le procès suivant? c'est qu'il faut aller vite, le juge a la réputation de ...). La procureure débite sur un ton monocorde un texte hyper référencé mais abscons pour le non-initié. L'avocat de la défense fait ce qu'il peut; la séance peut être ajournée reportée..et le procès s'enlise. Peu de témoins convoqués. Pas d'effet de manche pas de grandiloquence (comme dans les films de procès auxquels le spectateur occidental est habitué). Les protagonistes sont "eux-mêmes esclaves de la loi du protocole et de la hiérarchie". Dans cette salle où s'amoncellent les dossiers, le réalisateur privilégie les plans larges et les plans d'ensemble; le spectateur est ainsi confronté à un "spectacle" à une "mascarade" qui contraste avec le sérieux apparent. Procès de qui? De quoi? De la liberté d'expression bafouée muselée? Assurément en ce qui concerne le poète

Chaitanya Tamhane (né en 1987) nous éloigne régulièrement de la salle du prétoire, nous invitant à partager des fragments de vie. Les figures compassées s'animent: les voici en famille, au restaurant, ("La nourriture est une métaphore du fossé entre les différentes castes et les divisions sociales"), et la séquence finale en dit long sur la nature "profonde" du juge en "vacances". Par ces intrusions dans un "vécu" bien palpable en opposition avec le schéma de ritualisation, par ces tranches  de vie sur ce qui précède ou suit l'audience, c'est bien la complexité de l'environnement culturel social qui est mise à nu: soit la prégnance des castes, le poids de la religion, les différences culturelles en Inde et particulièrement dans un Bombay des années 90 (celui des souvenirs du cinéaste)

Écoutons le réalisateur "Même si ce film se déroule au sein de groupes culturels propres à Bombay il a pour but d'explorer le tissu invisible d'un collectif là où les personnages agissent constamment selon les codes des castes et des classes sociales. Mon défi était de rendre à ces personnes leur dignité et leur humanité, malgré leurs défauts"

 

Colette Lallement-Duchoze

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 19:47

Film argentin de Ariel Rotter

Avec Erica Rivas, Marcelo Subiotto, Susana Pampin

Un Homme charmant

Dans ce film intimiste en noir et blanc, deux forces en présence radicalement opposées créent la dynamique (même si le rythme est lent). Luisa jeune veuve et mère aimante, qui "survit" dans la torpeur et l'hébétude de la perte de l'être aimé; Ernesto l'homme charmant qui tente en la séduisant de construire avec elle une "nouvelle famille". Entre les deux, les "conventions sociales" de la bourgeoisie argentine des années 60, incarnées par la mère et la belle-mère. (une jeune veuve ne peut vivre seule avec ses deux enfants; il "faut" refaire sa vie ...même si l'amour  et le désir ne sont pas au rendez-vous).

"L'homme charmant" cultive une certaine ambiguïté; il avoue sa "passion" quasi dévorante mais que penser de ses insistances déplacées, de ses audaces intempestives voire outrancières  (la scène des photos dans laquelle il "impose" sa présence de futur père, celle de l'amphithéâtre où il exulte dans la mémoire de ses exploits de lutteur; la bague de fiançailles offerte qui "doit" remplacer l'alliance que porte Luisa, le ridicule quand il joue de la guitare)? Son "charme" serait-il vénéneux?

Luisa ne semble pas "maîtriser" la situation. Hantée par le souvenir, elle est comme manipulée, malgré ses réticences.... Et  le jeu de l'actrice est étonnant de justesse:  par un regard, une pose, un geste, une parole elle fait advenir ce mélange de pudeur d'angoisse de désolation et d'incertitudes.

Un long travelling arrière clôt le film; il semble enfermer sur elle-même cette famille "recomposée" telle une mise au tombeau... que Luisa n'aura pas choisie...

Si la beauté formelle est parfois sidérante (surtout le travail sur les lumières et sur les cadrages) la mise en scène est souvent glacée: parti pris du réalisateur de tenir à distance le spectateur?. On sera subjugué par la forme mais nullement "habité"....

 

Colette Lallement-Duchoze

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 10:25

De Bruno Dumont

Avec Fabrice Luchini (André Van Peteghem) , Juliette Binoche (Aude Van Peteghem) , Valéria Bruni Tedeschi (Isabelle Van Peteghem) Jean-Luc Vincent (Christian Van Peteghem) Brandon Lavieville (Ma Loute Brufort)  Laura Dupré (Nadège) Didier Desprès (Alfred Machin)

Sélection officielle Cannes 2016

 

 

Eté 1910, dans la baie de la Slack dans le nord de la France. Aude Van Peteghem, une grande bourgeoise lilloise, s'extasie sur la beauté des lieux, devant André, son frère passablement agacé. en vacances avec sa femme Isabelle. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L'improbable inspecteur Machin et son sagace adjoint Malfoy, très Dupond et Dupont, (mal)mènent l'enquête. Ils se retrouvent - bien malgré eux - au coeur d'une étrange et dévorante histoire d'amour entre Ma Loute, fils aîné d'une famille de pêcheurs aux moeurs particulières, et Billie Van Peteghem, la benjamine de ces riches bourgeois...

Ma Loute

Dans la salle très peu de spectateurs rient, pourtant tout est orienté pour faire rire.

Est-ce parce que ceux qui ont aimé le p’tit quinquin n’ont plus l’effet de surprise de ce génial téléfilm ?

Ma Loute est de la même veine mais la poésie en moins, la photographie sublime en plus. Bruno Dumont a ajouté des scènes comiques de film muet (le gros inspecteur qui roule dans les dunes en pente ou le personnage qui tombe en voulant s’étendre sur une chaise longue) mais il ne convainc pas avec ses acteurs professionnels. Fabrice Lucchini joue mal, on voit tellement qu’il joue, le cabotin est dépassé et ne trouve pas ses marques ! Manque d’unité de ton et d’attitudes, il n’arrive pas à entrer dans son personnage mal défini; remarque en moindre pour Juliette Binoche... Un personnage en trop : le frère/cousin dont la folie n’est ni comique ni rien.

Erreur volontaire ce ciel bleu resplendissant de soleil sur la plage et la barque à la dérive au large ballottée par une mer grise dans des teintes hivernales ?

De même le cannibalisme des pauvres retire à la fascination qu’on pouvait avoir pour ces gueules dégénérées, pendant de celles des grands bourgeois qui  ne sont pas épargnés.

Mais les scènes durent trop longtemps.

Reste une photographie magnifique, un style propre.

Ce cinéma BD absurde, grinçant, peut plaire mais trouve vite ses limites et peine à se renouveler.  

 

Serge Diaz

 

Un film qui mêle savoureusement le burlesque, le gore et le polar ne pouvait qu'emporter mon adhésion...

Si le jeu des acteurs professionnels a dérangé nombre de spectateurs c'est que la nécessité de "forcer" le trait participe de la caricature -on accepte ce principe de base ou alors... De même les différentes formes de comique dont celui de la répétition (la série des chutes) et l'amplification de la bande son (coussins d'air ou craquement de chaussures pour l'inspecteur Machin) s'inscrivent dans l'essence même du genre farcesque.

Quant à la musique de Guillaume Lekeu elle "accompagne" par ses envolées lyriques la relation amoureuse entre Ma Loute et Billie

Le personnage du frère/cousin incarne les problèmes de consanguinité (les trois personnages pris dans les mailles du filet et prêts à être trucidés ne sont- ils pas précisément le frère/cousin, Billie la fille/garçon et Aude sa mère?)

Affirmer que ce cinéma "grinçant trouve vite ses limites" n'est-ce pas faire un mauvais procès alors que Dumont est en train de l'expérimenter ???

J'attends avec impatience le prochain sur Jeanne d'Arc comédie musicale médiévale

Colette  22/05/2016

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 09:29

De Woody Allen

Avec  Jesse Eisenberg (Bobby Dorfman), Ken Stott (Marty le père) Jeannie Berlin (Rose la mère) Corey Stoll (Ben le frère) Steve Carell (Phil Stern l'oncle) Kristin Stewart (Vonnie), Blake Lively (Veronica)

 

Présenté hors compétition en ouverture du festival de Cannes (le 11/05/2016)

Argument. New York dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d'étouffer! Il décide de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l'engager comme coursier....

 

 

Café Society

 

Nous avons beaucoup aimé le film “Café society” de Woody Allen.

 

Une bluette,  mais tellement bien jouée, bien filmée, bien montée qu’on a dégusté ça comme un joli cocktail à une belle terrasse en face de la mer.

 

Ça ne laissera pas un grand souvenir, mais un plaisir des yeux (costumes, belles femmes, jeune acteur charmant, ambiance des plaisirs dans les beaux endroits).

 

Woody Allen est vraiment un bobo américain -il soutient Hillary Clinton contre Bernie Sanders - et n’est pas politique du tout

 

Mais quel talent de metteur en scène... et toujours beaucoup d’humour !  

 

Serge Diaz

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 05:55

De Jay Roach USA

Avec Bryan Cranston (Dalton Trumbo), Diane Lane (Cleo Trumbo), Helen Mirren (Hedda Hopper), Adewale Akinnuoye-Agbaje (Virgil Brooks), David James Elliott (John Wayne), Elle Fanning (Niki Trumbo), Louis C.K. (Arlen Hird), John Goodman (Frank King), Michael Stuhlbarg (Edward G. Robinson), Alan Tudyk (Ian McLellan Hunter) Dean O'Gorman (Kirk Douglas)

Hollywood, fin des années 1940, la Guerre Froide bat son plein. Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste. Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler. Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, il va contourner cette interdiction. En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

Dalton Trumbo

Par son rythme, la profusion de personnages, le recours aux images d'archives (crédibiliser le récit??) mais aussi une tendance fâcheuse à la caricature, ce film qui se veut à la fois peinture d'un écrivain scénariste de talent victime du maccarthysme et évocation d'une époque (celle de la guerre froide et de la chasse aux sorcières ) s'apparenterait plus à un spectacle de cirque.

La récurrence de certaines scènes (crépitement de la machine à écrire Remington censée illustrer à la fois l'opiniâtreté du scénariste et ses dons d'écrivain; cercle familial dans la douleur de qui subit de plein fouet les affres d'un mari et père "blacklisté",  hélas  traité à la manière d'une  BD; gros plans redondants sur le visage de Bryan Cranston et ses mimiques matoises) loin de souligner la "complexité" du personnage (aujourd'hui auréolé de gloire) la minimise en la ravalant au rang de fait divers!

Et que dire de la "reconstitution"? Passons encore sur les costumes, les chapeaux (ah ces bizarreries bigarrées qui coiffent Hedda Hopper la fameuse pasionaria de l'anti communisme, une échotière à la plume féroce) les ambiances enfumées, l'insertion d'images d'archives mais placer côte à côte l'acteur Dean O'Gorman interprétant Kirk Douglas (et on a voulu conserver "une marque de fabrique"...) et le vrai Kirk Douglas; le premier censé "se" regarder alors qu'on voit le second dans une scène de Spartacus.. ….faire évoluer un benêt en John Wayne; cadrer l'imposante stature d'Otto Preminger dans l'embrasure d'une porte; on pourrait multiplier ces exemples qui "endimanchent" une mise en scène bien académique voire empesée

Ne serait-elle pas à l'image de cette parabole bien naïve (ou bien pensante) sur le communisme qu'enseigne Dalton Trumbo à sa fille  Maman te prépare ton déjeuner favori. Et à l’école, tu vois quelqu’un qui n’a rien à manger. Que fais-tu ? Je partage

 

Si Dalton Trumbo fut un scénariste si prolixe, si des films tels que "vacances romaines" ont été adulés, si des réalisateurs (Otto Preminger) le sollicitaient qu'en est-il de la quintessence de la Création, de Sa création? Ce "biopic" ne répond pas à ce genre de questions . Celui qui a lu "Johnny s'en va-t-en guerre" et vu son adaptation cinématographique par le romancier lui-même (son unique film d'ailleurs) glanera certes quelques informations mais il ira derechef compléter sa documentation "ailleurs" que dans ce film pseudo didactique

Colette Lallement-Duchoze

 

NB un léger bémol:  une interview intéressante clôt le générique de fin (on voit et on entend le vrai Dalton Trumbo; il propose d'offrir son Oscar à sa fille âgée de 13 ans ....)

 

 

Vous êtes bien sévère!!!

Moi j'ai beaucoup apprécié non seulement le jeu de l'acteur, mais toutes ces ambiances et ces atroces suspicions....

Ismael

je ne remets pas en cause le jeu de l'acteur

mais ces "afféteries" dans la restitution d'une époque marquée (c'est vrai) par ces courants délétères de délation et suspicion

Colette

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 07:52

Documentaire réalisé par Eliane de Latour 2014 (France Côte d'Ivoire)

Avec Bijou Ballo, Safia Koné, Maïmouna Fofana, Aminata Sidibé…

Musique : Eric Thomas

Little go Girls

Bel Air, ghetto de la banlieue d'Abidjan: la réalisatrice a passé plusieurs mois à photographier des prostituées; "elles monnayent leur corps pour avoir un peu de liberté quitte à vivre dans le déshonneur"; analphabètes, sans papiers, "maudites filles foutues" ces "go" sont au ban de la société ivoirienne. Défilent des clichés que commente Eliane de Latour. C'est le prologue. Car c'est à partir de la "confiance" entre les femmes et la cinéaste (ses portraits leur ont donné un "reflet de dignité") qu'un autre projet plus ample se concrétise trois ans après, ce sera "little go girls".

Certaines ont rejoint la Casa (lieu de vie collectif que la réalisatrice a monté grâce à l'argent récolté par la vente des photos) et voici qu'émergent , souveraines, Bijou, Blancho, Chata, Mahi...

Le parti pris? Filmer sans narration sans parole ou presque. Sur l'écran quelques  encarts explicatifs et parfois la voix off de la cinéaste informent sur l'identité et/ou la motivation . Ne pas verser dans le misérabilisme, ne pas mettre en avant les figures du proxénétisme (on les devine quand certaines "go" se parent pour leur "vie nocturne", on les devine quand alanguies ou lascives elles se reposent ...). 

Mais capter par une posture, par un visage, par un regard, par un geste, par une cicatrice, une expression intérieure. Varier les angles de vue. Soigner les cadrages et les plans fixes. Quelques plans sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, sur les travaux domestiques, les "corvées".

Au final, une victoire: disposer de cette fameuse "pièce d'identité"; la mer ne sera plus la sépulture des anonymes

Des beautés sculpturales. Des mères aimantes. Femmes d'abord avant d'être prostituées!

 

Ni trop réaliste, ni trop militant, ce film/documentaire  qui tient plus de l'éthologie que de l'ethnologie, ce film sur la "dignité reconquise", témoigne de l'empathie de son auteur -connivence que renforce la proximité de sa caméra, qui, paradoxalement, semble filmer comme à distance!

 

Colette Lallement-Duchoze

Little go Girls

 

 

voir le making of de la casa des go  (21')    

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=13488

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 08:21

De Gus Van Sant

Avec Naomi Watts, Matthew McConaughey, Ken Watanabe

 

Titre original "the sea of trees" (la mer des arbres)

le titre francophone de 2015 "la forêt des songes" devient "nos souvenirs" en 2016

Argument : Alors qu’il semble décidé à mettre fin à ses jours dans la forêt d’Aokigahara, au pied du Mont Fuji, Arthur Brennan se remémore les moments les plus marquants de sa vie de couple : sa rencontre avec sa femme Joan, leur amour, mais aussi l’usure de leur couple et leur éloignement progressif. Paradoxalement, une épreuve dramatique va leur ouvrir les yeux, renforcer leurs sentiments et les réunir à nouveau...

Nos souvenirs

Le film est "presque" à l'image de l'affiche.

En haut l'actrice Naomi Watts. Elle interprète Joan l'épouse d'Arthur. Certes bien présente (le couple et son délitement) mais dans des flash back, par trop explicatifs, appuyés, relevant d'un systématisme outrancier.

Au milieu, Matthew McConaughey, l'acteur principal : il a pris un aller simple pour le Japon; il se rend dans la sublime forêt d'Aokigahara près du Mont Fuji "le meilleur endroit pour mourir" où il subira des "épreuves" etc. Mais il  donne trop souvent l'impression de "surjouer" (claudication accentuée quand il se souvient qu'il doit interpréter un homme sévèrement blessé suite à une chute spectaculaire dans un ravin; jeu de solo dans les flash back consacrés aux duos, et j'en passe...)

En bas la forêt "minuscule" alors qu'elle envahit parfois l'écran de son vert émeraude, de ses forces vives; de ses jeux de lumière. Si elle se prête intrinsèquement à de multiples symboles -celui du labyrinthe intérieur surtout- ils sont surlignés (enchevêtrements, croyances, passage du rationnel à l'irrationnel) et Takumi (Ken Watanabe) l'homme égaré blessé qui suscite la compassion d'Arthur, en vient même à évoquer son rôle expiatoire de "purgatoire"; ce Japonais semble réciter ses aphorismes empreints de spiritualité...

 

Un film laborieux (même et surtout dans son parcours prétendu "initiatique") un film "pensum" à déconseiller

 

Colette Lallement-Duchoze

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 16:50

du 11 mai au 3 juin 2016 (Rouen et Mont Saint Aignan)

 

L’association rouennaise Courtivore vous invite à découvrir sa sélection annuelle de courts métrages.

Films d’animation, comédies, drames, thrillers…

 

Vous pourrez goûter à tous les genres cinématographiques, les seules contraintes imposées aux films étant de ne pas excéder une durée de 20 minutes.

 

Le Courtivore, c’est avant tout une histoire d’équipe : les membres de l’association ont retroussé leurs manches et visionné plus de 1160 films candidats (notre record, toutes éditions confondues !), pour n’en retenir que 24 en compétition générale et 6 en section Jeunesse.

Festival court métrage  16 ème édition

 

Ces films sont  répartis en trois actes,

organisés les mercredi 11, 18 et 25 mai 2016  à 20h au cinéma Ariel (Mont Saint Aignan).

Chaque séance est unique, avec une programmation et une saveur originales. Lors de chacun des actes, les spectateurs désigneront le film qu’ils auront préféré.

 

Les 6 courts métrages plébiscités à l’issue de ces 3 sessions sont ensuite sélectionnés pour la finale le vendredi 3 juin 20h au cinéma Omnia, la crème de la crème !

 

A noter que le programme s’élargit cette année avec deux nouvelles soirées thématiques consacrées aux clips, au Kalif  33 route de Darnétal le samedi 21 mai 20h

 et à la peinture à l'auditorium du Musée des Beaux-Arts le mercredi 1 juin 20h

 

http://courtivore.com/agenda/

 

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 07:33

De Phan Dang Di (Vietnam)

avec Do Thi Hai Yen, Le Cong Hoang, Truong The Vinh

 

titre original: Cha và con và "Père et fils et ... "

titre version anglaise: big father small father and other stories

titre version française : Mekong stories

 

 

Saïgon début des années 2000. Vu est apprenti photographe. Thang vit de petits trafics et Van rêve de devenir danseuse. Réunis par le tumulte de la ville, ils vont devoir affronter la réalité d'un pays en pleine mutation...

Mekong stories
Mekong stories

Après un vaste panoramique, voici un plan large sur l'une des rives du Mékong (à l'horizontalité des maisons répond en s'opposant la verticalité d'immenses buidings modernes en arrière-plan) puis un lent travelling avant jusqu'à une de ces maisons où Vu apprenti photographe va louer une chambre; dans cette demeure cohabitent Thang (serveur dans une boîte de nuit ) et Cuong chanteur de rue. Avec d'autres on les verra rassemblés pour un repas (quand le père offre à son fils Vu un appareil photo...)

Le film obéit à un rythme et invente un récit tels qu'ils bousculent les "attentes" du spectateur: sans raccord évident on passe d'une scène à une autre, d'un personnage à un autre, on quitte la fébrilité urbaine (discothèques; trafics; jeux d'argent) pour l'atmosphère fantasmagorique de la mangrove; on passe des lueurs feutrées ou phosphorescentes au limon boueux cendré dans lequel vont se lover des corps nus.  La forme narrative choisie fait ainsi la part belle aux ellipses laissant le champ libre à l'interprétation du spectateur -les parcours fragmentés se poursuivraient hors champ?? Hormis l'intermède à la campagne chez le père de Vu,  assez éloquent sur les comportements pulsionnels... 

Un film où les regards -ceux du désir notamment-,  où les corps emperlés de sueur, semblent chorégraphier des aspirations contraires (voici par exemple le cas de Van la petite amie de Thang: les ondulations lascives de son corps en discothèque s'opposent aux cours de danse classique qu'elle suit avec l'espoir de devenir "ballerine"; voici Thang qui va payer sa dette de jeu en "acceptant" un rapport sexuel avec son "créancier" et Vu qui voudrait "être Van pour pouvoir aimer normalement Thang" ; les photos qu'il fait de lui sont toujours "floues", elles accusent le tremblé de qui est amoureux).

C'est l'image d'une jeunesse qui est mise en exergue. Une jeunesse qui au seuil des années 2000 veut vivre la frénésie du renouveau économique de son pays (l'embargo américain a été levé en 1994) mais impécunieuse souvent, comment y parviendra-t-elle? Avec quel argent s'acheter une guitare? Offrir un portable à sa petite amie? ....Un arrière-plan économique et social vécu par certains dans une amère désolation !!

Dès la fin des années 80 l'Etat avait mis en place une politique de limitation de la fertilité mais comme "peu de personnes répondaient à l'appel -chaque quartier ayant son quota de stérilisations à respecter- on a attiré les candidats en les payant" À plusieurs reprises le réalisateur mentionne ce phénomène -vérifications du quota de stérilisations ; discours des jeunes encore dubitatifs avant de subir une vasectomie, quête de certificats de fausse parentalité, et vers la fin ce plan en plongée sur le corps de Vu que recouvrent en une sorte de suaire à la fois le vêtement blanc maculé de sang et la froideur de l' hôpital...

 

Défilent les photos en argentique que Vu est censé avoir prises; comme si au final le labyrinthe/ puzzle était reconstitué, l'œil du photographe se substituant à celui de la caméra....

 

Colette Lallement-Duchoze

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 17:48

Film documentaire de Françoise Davisse

 

musique de Mouss et Hakim (du groupe Zebda),

Comme des lions

Après le bain de jouvence “Merci Patron”... voici “Comme des Lions” qui éclaire nos consciences d’une autre manière.

 

Ce remarquable film documentaire sur la lutte des ouvriers de Peugeot à l’usine d’Aulnay -sous- Bois est le résultat d’un travail de Françoise Davisse, modeste et géniale, sur plusieurs années (2011/2014) jusqu’à sa fermeture définitive.

Le montage réussit à montrer, sans jamais lasser, tous les moments forts de cette grève, l’aspect collectif mais aussi l’élite qui se dégage de ce mouvement (issus de ces 400 personnes grévistes déterminées, attachantes, intelligentes).

On y voit Hollande puis Montebourg...les promesses pré-électorales et les trahisons post-électorales, une classe ouvrière capable d’analyser et contrer les pièges de la direction, garder son calme et sa dignité face aux CRS, aux huissiers mandatés, aux journalistes carpettes (Elkabach, Pujadas,) aux jaunes, aux provocations dans l’usine. Car nous voyons bien que les efforts pour se battre n’étaient pas partagés hélas par les 2800 salariés pourtant voués à une mort certaine.

La prise de son et les images captent des moments clés et c’est une chance d’assister, comme spectateur, au déroulement d’un mouvement avec les avancées et les reculs, les réflexions stratégiques et l’organisation des luttes – tel que ce moment où grâce à la solidarité financière un chèque est remis à chaque gréviste surpris de voir que la somme est supérieure à son salaire habituel.

 

Bref, film doc à voir et à faire voir car la réalisatrice donne une grande leçon de cinéma et témoigne ainsi pour l’Histoire sociale de notre pays.

 

Serge Diaz

 

 

"On est des ouvriers", credo  écrit sur la buée de la vitre d'un car CRS, par des ouvriers embarqués …après l'occupation de la fédération de l'UIMM

Classe ouvrière enterrée? Cette profession de foi dit le contraire..

Ouvriers en grève avec bagarres= criminels; ronronnent la plupart des médias.

Où est la VRAIE violence? Plus sournoise ( les non grévistes ne la détectent pas...) et      plus délictueuse: celle d'un système qui cloue au pilori, avec l'aval des "pouvoirs" en place....(cf les discussions en AG)

Toute cette complexité est filmée dans ce documentaire poignant qui plonge le spectateur au coeur d'une  lutte,d'une aventure collective

Colette 25/04/2016

NB: il y a bien une écriture filmique dans "comme des lions"  Est-ce pour autant une "leçon de cinéma" comme l'affirme Serge???

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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