21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 10:25

De Paul Verhoeven (France)

 

Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny, Charles Berling, Virginie Efira, Alice Izaas, Judith Magre, Vimala Pons

 

Sélection officielle Cannes 2016

 

Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. A la tête d'une entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimntale d'une main de fer. Sa vie bascule lorsqu'elle est agressée chez elle par un inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s'installe entre eux....

Elle

 

C'est un chat au regard "persan"

 

C'est "elle" qui se masturbe en voyant "lui"

 

C'est "lui" qui vit dans le sadisme du "cagoulé"

 

Oui c'est "tordu" (propos de Michelle)

 

Tout ça pour "chat"? Ah Ah Ah

 

JM Denis

 

 

 

 

 

Salut,

Je suis allée voir ce film au cinéma, comme les critiques étaient plutôt positives…

Mais je suis sortie du ciné un peu confuse. MDR ! :)

Ce n’est pas que le film était mauvais : je l’ai juste trouvé bizarre !

Nina 27/06/2016

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 14:23

De Savina Dellicour (Belgique)

Avec Bouli Lanners, Manon Capelle, Anne Coesens

De retour au pays, Paul, 46 ans, détective privé, rencontre Dorothy une adolescente de 16 ans qui est sa fille sans que celle-ci soit au courant. Troublé, Paul l'observe, sans oser s'approcher. Mais tout bascule  le jour où Dorothy vient lui demander d'enquêter sur son père biologique...

Tous les chats sont gris

Quel que soit l'angle de vue (duo Paul/Dorothy, duo Dorothy/Claire, duo mère/fille, trio familial) quelle que soit la thématique envisagée (quête identitaire, recherche du père biologique, désarroi de la jeunesse, heurs et malheurs dans un milieu bourgeois "bien pensant", parentalité, encanaillement....) le film est aussi terne que les chats sont gris...

 

Le regard que l'on porte sur soi et que démultiplient les reflets (glace dans l'entrée de la maison, miroir dans la salle de bains), le regard inquisiteur de la voisine derrière les rideaux à peine relevés, le "faux" voyeurisme, l'oeil de  l'appareil photo qui zoome sur sa "cible",  s'inscrivent dans le catalogue des "clichés" convenus  de l'être et du paraître ou de la violation de l'intime par effraction

 

Les deux enquêtes -celle de Paul et celle de Dorothy- amenées à se croiser (ah l'astuce qui fait de l'enquêteur, l'enquêté !!) loin de complexifier l'intrigue (pour le spectateur s'entend) la rendent trop "lisible" et parfois incohérente (le subterfuge imaginé par Claire ne sera pas une entrave à la quête/enquête)... In extremis un "rebondissement" et les aveux de la mère (soutirés comme au forceps, par la fille..) vont sortir momentanément le scénario de son tracé par trop artificiel!

 

Même Bouli Lanners à la bonhomie souriante et touchante, au jeu très sobre, ne parvient pas  à faire décoller cette "comédie dramatique" 

Certains spectateurs seront plus sensibles à la musique rock et punk, mais on peut aisément affirmer que ce choix musical - en soi roboratif -  ne saurait pallier le manque de dynamisme voire l'atonie de l'ensemble ! (même dans les deux scènes de discothèque qui se répondent en écho)

Décalage trop évident entre les intentions affichées (faire se télescoper multiples émotions) et la façon dont elles sont mises en forme.

Dommage! 

 

Colette Lallement-Duchoze

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 11:31

De Antonin Peretjatko

Avec Vincent Macaigne, Vimala Pons, Pascal Legitimus, Mathieu Amalric, J-L Bideau

La loi de la Jungle

En Guyane, la statue hélitreuillée de Marianne, après avoir survolé la canopée, se détache de son filin et s'en vient chuter dans la ...jungle. A Paris un stagiaire reçoit du ministère de la Norme son affectation en Guyane (où il devra veiller au respect des "normes européennes" dans la construction d'une station de ski, le fameux projet Guyaneige).

Le ton est donné dès ces deux scènes liminaires : le burlesque au service d'une satire de l'administration; l'outrance au service de la dichotomie:  loi  ET jungle.

 

Vincent Macaigne interprète ce stagiaire dégingandé pataud naïf. Sur place, il est aidé par un chauffeur ,Tarzan, stagiaire elle aussi, c'est Vimala Pons (sa partenaire dans "la fille du 14 juillet" du même réalisateur). Et les voici embarqués dans des aventures rocambolesques, empêtrés dans les méandres fuligineux d'une forêt luxuriante souvent hostile; où les gags se succèdent en cascades; où les changements de tonalité sont appuyés par des encarts "fin" (soit la fin d'un cauchemar, soit la fin d'un rêve). Le spectateur est entraîné dans ces aventures toujours limites (ornières enlisement hors piste rencontres scabreuses de serpents mygales larves comestibles pus qui gicle d'un pouce infecté; il assiste même aux prémices d'une ordalie..) tout comme il apprivoise ces lucioles ces papillons et se désaltère dans une eau turbide et tourbeuse et pourtant si pure!

Et si du foisonnement apparemment inextricable surgissaient , inviolées, des pulsions amoureuses???

 

Une comédie loufoque à ne pas rater! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

Tu plaisantes Colette?

Ce film est à fuir! Plus con on meurt

Gags éculés, clichés à deux balles, fausse critique de fond, BD pour ados boutonneux

Vimala Pons nulle à pleurer; jeu d'acteurs dignes des plus mauvaises séries comiques américaines

On se demande ce que sont allés faire Bideau et Amalric dans cette grosse merde

Copinage ou la crise? Et on rage de s'être laissé prendre

Serge 19/06/2016

 

 

"La Guyane c'est la France" slogan répété ad libitum...

Le te Deum de Charpentier pour inaugurer la statue de Marianne...

"l'amour est un voyage" tape le stagiaire Marc Châtaigne (Macaigne) sur sa machine..

A l'instar du projet capitaliste ambitieux (cette station de ski guyanaise) le film se plaît dans l'outrance (en jouant sur les clichés sur la Guyane pour mieux les déjouer) et en substituant à un "essoufflement"  prévisible les marques du "dérèglement" (ressort du comique); à condition que le spectateur ne prenne pas tout au premier degré...à condition qu'il ne soit pas allergique à la loufoquerie 

Colette 20/06/2016

 

 

 

Un film à 1000 000 volts qui m'a fait rire de bon coeur

les dialogues absurdes, les scènes loufoques et le rythme effréné m'ont fait penser au "magnifique" avec Belmondo rocambolesque

(et je ne suis plus une ado boutonneuse)

Béatrice Le Toulouse 20/06/2016

 

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 05:02

De Andrian Sitaru Roumanie

 

Avec Alina Grigore, Adrian Titeni, Bogdan Albulescu

Illégitime

Une réunion de famille, le père se lance dans une grande tirade sur le temps, sur  l’insignifiance des vies et de cette fin de repas embrumée émergent tout à coup les jugements de valeur sur le passé du père, les points de vue divergents sur l’avortement et le repas se termine en pugilat.

Et ça se complique encore: les positions théoriques explosent quand la réalité des corps, des sentiments et de leur illégitimité se révèle. Dans une Roumanie à peine convalescente de l’ère Ceausescu, aspirant à l’évolution des mœurs, ce n’est pas la première fois que l’avortement  est le sujet de film (4 mois, trois semaines, 2 jours de Cristian Mungiu).

 

Les acteurs sont effervescents, ils portent les sentiments à fleur de peau, dans une réalisation tout aussi tendue. Si  la fin inattendue célèbre la victoire de l’amour, c’est pourtant un film assimilable à un Festen roumain que l’on vient d’encaisser.

 

Guy Foulquié

 

Oui on sort un peu hébété voire assommé 
Un huis clos d'autant plus oppressant que les personnages sont filmés en plans très serrés 
Audacieux ce film qui mêle les problèmes de l'avortement (et les aveux du père ex obstétricien délateur sous l'ère Ceausescu sont glaçants) et de l'inceste !!!
La photographie de la famille "apaisée" qui sert d'épilogue (après un long passage écran noir) est "discutable" (dans tous les sens du terme...)

Colette

 

 

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 08:27

premier long métrage de Magnus von Horn

 

avec Ulrik Munther, Loa Ek, Mats  Blomgren, Alexander Nordgren

SynopsisLorsque John retourne chez son père après avoir purgé sa peine de prison, il aspire à prendre un nouveau départ. Mais son crime reste présent dans les mémoires des habitants de la commune et semble impardonnable. Son retour attise la colère de chacun et lentement s'installe une atmosphère pesante

Le lendemain

Dans ce drame, le réalisateur ne livre les indices, les "clés" nécessaires à la compréhension que progressivement; le spectateur est plongé dans une atmosphère oppressante de violence contenue, avant qu'elle n'éclate vraiment...

C'est par la réaction de tous les protagonistes -les membres de la famille, les lycéens, les enseignants - que l'on devinera ce qui habite le "monstre" John au visage si angélique...

 

Et si le retour de l'adolescent jouait le rôle de révélateur à l'incompréhension généralisée? Et si tous étaient des "meurtriers" en puissance? Et si la rédemption à laquelle semble aspirer John était impossible? (à moins que le dernier plan ne soit une ouverture...)

 

Un premier film à la beauté froide sinon glaçante

 

Elisabeth

 

 

 

 

 

 

 

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 07:55

De Pedro Almodovar 

Avec Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Rossy de Palma

 

Présenté en compétition officielle au festival de Cannes

A la veille de quitter Madrid pour s'installer au Portugal Julieta rencontre Beatriz amie d'enfance de sa fille Antia. Elle aprend ainsi que cette dernière qui l'a abandonnée il y a plus de douze ans vit en Suisse avec trois enfants. Julieta décide alors de rester à Madrid et de se confronter à ses souvenirs...

Julieta

C'est sur le frémissement d'un drapé rouge -faisant corps avec tout l'écran - que s'ouvre ce film. La tonalité est donnée -et ce dans toutes les acceptions et connotations du vocable "rouge"!

 

L'autoportrait de Lucian Freud et le visage de Julieta se partagent l'écran; tous les détails qu'a scrutés le peintre sur lui-même afin de parachever son portrait, deviennent par une sorte de principe d'équivalence imposé par le réalisateur, ceux que Julieta consignera dans ce long flash back (lettre destinée à sa fille Antia; en écho au finale, lettre d'Antia à sa mère après plus de douze ans de silence). Mais que diable, pourquoi tant d'insistance? Voire de redondance inutile..

 

Une toile monochrome -ou du moins à dominante noire (à la Soulages)  comme annonciatrice de pièges? d'embûches que Julieta a dû affronter dans son parcours de mater dolorosa? Et cette tempête -éléments déchaînés- que la bande son (Iglesias) amplifie, annonciatrice d'une tragédie? Inutile de jouer la Cassandre à la manière de Rossy de Palma (en Marian, domestique souveraine) pour "capter" le message !!!

Et ces très gros plans sur un objet, une enveloppe, un peignoir, une statuette; ces passages en force du rouge au bleu (Julieta dans le train)  du rouge au noir ; ces plans carte-postale (surtout le dernier...). Ce style "feuilleton" (Almodovar nous y avait déjà habitués...) qui fait jaillir différentes  époques, différents  personnages dits secondaires (dont l'homme du train et Julieta se sentira coupable de ne pas l'avoir écouté), différents lieux, pour mieux les "brasser" dans un mélo (relations mère/fille avec parfois inversion des rôles -Antia protectrice-, ou reproduction par une duplication un peu "facile" de la tragédie!  Une gémellité qu'incarnent deux actrices (le passage de l'une à l'autre dans une surimpression frise le ridicule...)

 

Tout cela fait que "Julieta", après les ratages dans le décollage des "Amants passagers" , ne saurait ni convaincre ni émouvoir

Dommage!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour,

Je n’ai pas encore vu Julieta… Quoique j’ai entendu de bonnes choses sur ce film ! À ce qu’il paraît, le long-métrage a plu aux journalistes présents lors de sa projection au Festival de Cannes 2016. Mais bon, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. ;)
Nina  23/06/2016
 
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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:48

Documentaire réalisé par Tomer Heymann (Israël, Allemagne)

Mr Gaga, sur les pas d'Ohad Naharin

Voici un documentaire qui séduira les spectateurs curieux d'emboîter "le pas" du directeur de la compagnie israélienne Batsheva (nous avons vu plusieurs de ses chorégraphies à Rouen)

Il est dédié à Mary Kajuwara (compagne d'Ohad Naharin décédée en 2001)

 

Comme dans la plupart des  documentaires, celui-ci entremêle interviews,  témoignages (danseurs ou proches)  archives (ce fameux "sixty a minute" où les corps de Mary et Ohad chutent sur le clavier d'un piano ) documents anciens (on voit par exemple Martha Graham 1884/1991, la papesse de la danse contemporaine ou Béjart lors d'une audition) extraits de ballets, etc.. Dans ce "panachage" riche d'informations, (ce qui est typique du genre),  se déroule tel un ballet la vie d'Ohad Naharin; depuis l'enfance dans un kibboutz jusqu'aux cours collectifs de Gaga, en passant par l'épisode new-yorkais 1970, la direction de la troupe en 1990, les démêlés lors du jubilée de 1998, la perte douloureuse de Mary, sa reconquête de la vie et sa paternité tardive). Soit la vie et l'oeuvre de....Parcours professionnel et vie privée de....

L'originalité de ce documentaire n'est pas dans le montage mais dans son ouverture. Nous assistons en effet à une répétition ; Ohad Naharin explique à sa danseuse seule sur scène, la façon de "lâcher prise" : le corps doit s'effondrer, chuter   sans aucune contrainte (apparente) , celle de la pensée par exemple . Et cette scène liminaire préfigure la séquence finale, celle  d'une danse collective où les corps se libèrent grâce au langage corporel du "gaga"

 

Mais décortiquer la vie du chorégraphe (voix off souvent) bien plus que l'oeuvre; plaquer sur le kaléidoscope fait de bribes de répétitions ou d'extraits de ballets, un commentaire qui obéit à une sorte de déterminisme ( voici  l'illustration dansée de tel épisode vécu) est peu convaincant. Certes le vécu (ici comme en littérature) influe sur la création; mais l'art n'a-t-il pas vocation à le transcender?

 

Reste (outre bien évidemment la plasticité, l'énergie, la sensualité et la musique typiques de la Batshava Dance Company que certains découvriront grâce à ce film) un message d'optimisme,  celui que propose le "gaga"; un langage corporel qu'enseigne Ohad Naharin aux professionnels tout comme aux amateurs "établir une connexion entre plaisir et effort par l'écoute de son corps, la conscience de l'espace, les sensations de notre chair, de nos vêtements; repérer nos atrophies et les dépasser; apprendre le mouvement de l'intérieur et non face à un miroir"  etc.

"J'ai baptisé ma méthode de travail Gaga parce que ma mère m'a dit que c'est le premier mot que j'ai prononcé"

 

Ce message sera-t-il entendu?

Le chorégraphe avoue, dépité, que "Last Work" risque d'être effectivement sa dernière création (on ne peut créer là où prédomine le racisme !)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

 

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 06:18

De Anders Thomas Jensen (Danemark)


Avec Mads Mikkelsen, David Dencik, Nicolas Bro, Nikolaj Lie Kaas, Søren Malling

 

Men & Chicken

"Voici l'histoire de frères qui"….scandent deux enfants en portant un panier d'oeufs ; un décor flouté et pourtant lumineux -comme hors du temps; c'est le prologue; nous les retrouverons à la fin comme dans un épilogue "c'était l'histoire de frères...."Oui mais quelle histoire! Conte? Parabole? Apologue? 

À la mort de leur père, Elias et Gabriel découvrent qu'ils ont été adoptés et que leur père biologique, Evelio Thanatos, est un généticien qui travaille dans le plus grand secret sur une île mystérieuse dit le pitch

Cette "nouvelle" exacerbe les symptômes dont ils souffrent en permanence: vomissements incontrôlés pour l'un, masturbation effrénée pour l'autre. Et le film pendant quelques instants pourrait s'apparenter à un road movie (deux frères aux visages déformés par un bec-de-lièvre, en partance à la recherche de leur père géniteur). Mais l'essentiel  va se dérouler dans un ex manoir presque en ruines. C'est là, sur cette île, que "vit" leur père biologique (un généticien qui s'enfermerait dans ses fantasmes de chercheur - tout comme est verrouillée sa cave/laboratoire.). C'est là qu'ils devront cohabiter avec leurs demi-frères aux trognes de dégénérés (le bec-de-lièvre comme signe distinctif de la fratrie, une "marque de fabrique"..) -aux pulsions violentes, au langage fait de galimatias ou de borborygmes. La "demeure" abrite aussi toute la gent animale (taureau, cochon, chien, poules etc) et l'on fait bon ménage avec cette ménagerie (certains "animaux" sont hybrides...) Mais une violence "bestiale" semble présider du moins au début, aux rapports humains : un bon coup de massue ou l'enfermement provisoire dans une cage telle serait la règle du savoir-vivre …

Et pourtant que d'humanité sous les masques de la dérision et de la déraison! (voir le final! une apothéose que cette Cène de famille composite et recomposée ...ce qu'illustre l'affiche)

L'hybridité (et le titre doit être pris au sens littéral) sert ainsi de ressort à une farce -grotesque  ou loufoque c''est selon- mais qui aborde le problème du "déterminisme", du normal et de l'anormal, de la part d'animalité qui est en chacun de nous et de son acceptation ou de son refus

Hybridité formelle aussi, dont témoignent le mélange de plusieurs musiques et le mélange de plusieurs genres -fantastique, anticipation ou science fiction, tragique, comique-

Les fidèles du festival du cinéma nordique se rappelleront "les bouchers verts" de ce même réalisateur (avec déjà Mads Mikkelsen)

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 15:20

Documentaire réalisé par Tamara Erde 2014 (Israêl, France)

This is My  Land

Réalisatrice franco-israélienne Tamara Erde explique tout d'abord la genèse de son projet "Je me fiais à l'histoire de mon pays racontée à l'école. J'étais patriote et voulais m'engager dans l'armée. J'ignorais tout de l'histoire palestinienne et de l'occupation. C'est pendant mon service militaire que j'ai commencé à me poser des questions et à douter. Devenue documentariste, j'ai posé ma caméra dans une école pour voir comment les jeunes appréhendent le pays et son histoire..."

Nous allons la suivre à Haïfa, Ramallah, Ibin (village arabe), Neve Shalom/Whahat al Salam (village arabe et juif), dans la colonie d'Itamar (Cisjordanie) et dans un camp de réfugiés à Naplouse. Presque toujours hors champ elle filme une classe pendant un cours d'histoire (parfois avant et après), alternant plans d'ensemble plans moyens et rapprochés et nous voici comme immergés dans ces univers (écoles publiques ou religieuses) à l'écoute de ces enseignant(e)s, à l'écoute de ces jeunes souvent matures mais qui reproduisent le discours "convenu" sur l'Autre, l'Altérité. La séquence peut se prolonger par des rencontres avec les enseignant(e)s. Une seule fois nous emboîtons le pas d'un élève isolé; l'environnement aux façades délabrées détonne avec celui de l'école orthodoxe juive par exemple...

Entre chaque séquence nous prenons la route; une route qui longe le mur de "séparation" avec ses barbelés ou qui traverse d'arides paysages; pas de bande-son mais  la musique troublante de Siegfried Canto. La route comme méandre vers? comme chemin tout tracé vers le NEANT? Car l'atmosphère sera de plus en plus "pessimiste" quand sera plus âpre mais ce faisant plus authentique le "discours" de certains intervenants...(dans l'école mixte, Raïda Aiashe peine à "expliquer" le sens de certains mots, à contextualiser, son "partenaire" juif la "corrige" sans cesse;  à Ramallah  Ziad Khadash abandonne la métaphore pour un discours plus réaliste sur la condition des Palestiniens ; la chercheuse en histoire de l'éducation sait que commémorer chaque année la Shoah entretient le traumatisme au lieu de ...que la visite de camps en Pologne peut susciter la haine ou du moins conforter les juifs dans leur éthos ; et le discours de Benjamin Netanyahou que diffusent des haut-parleurs n'est qu'incitation à...sous couvert de... )

 

Que la manière d'enseigner l'histoire à des élèves soit déterminante dans l'interprétation du passé, dans la construction d'une idéologie, est presque un truisme. On peut "fabriquer" une pensée, la formater -surtout du côté israélien dans ce film - et ainsi  dresser dans l'esprit de jeunes élèves, un MUR (incompréhension de l'autre)....à l'instar de celui qui sur presque 1000km cloisonne sépare et dont la construction a spolié les Palestiniens de leurs biens ("terre promise par Dieu"? Non, simplement "terre de nos ancêtres" affirme Raïda Aiashe, un des personnages les plus attachants du film)

Film pessimiste diront certains; ne serait-ce pas plutôt la cartographie lucide d'un présent aux rares intermittences lumineuses? (cf cet enfant qui, sur un muret à l'école publique de Ramallah, lit des poèmes de Mahmoud Darwich avec son maître aux méthodes d'enseignement si originales!!!)

 

Que signifie le mot "paix"? L'adolescent hésite puis affirme "qu'un garçon de 17 ans censé être innocent, naïf et rêveur, ne sache pas expliquer ce que signifie le mot paix est tout le problème de ce pays"

"les enfants aussi peuvent changer les choses" (un enfant) "j'espère que tu réussiras là où nous avons échoué" lui répond, émue, Raïda Aiashe

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

  

Réalisatrice franco-israélienne Tamara Erde explique tout d'abord la genèse de son projet. "je me fiais à l'histoire de mon pays racontée à l'école. J'étais patriote et voulais m'engager dans l'armée. J'ignorais tout de l'histoire palestinienne et de l'occupation. C'est pendant mon service militaire que j'ai commencé à me poser des questions et à douter. Devenue documentariste, j'ai posé ma caméra dans une école pour voir comment les jeunes appréhendent le pays et son histoire. Certains veulent chasser les Palestiniens tandis que d'autres, pessimistes, ne se font aucune illusion sur la fin du conflit

 

Puis nous allons la suivre à Haïfa, Ramallah, Iblin (village arabe), Neve Shalom/Whahat al Salam (village arabe et juif) dans la colonie d’Itamar (Cisjordanie) et dans un camp de réfugiés de Naplouse.. Presque toujours hors champ elle filme une classe pendant un cours (parfois avant et après), alternant plans d'ensemble plans moyens et plans plus rapprochés, et nous voici comme immergés dans ces univers, à l'écoute de ces enseignant(e)s, à l'écoute de ces élèves souvent matures mais qui reproduisent le discours "convenu" sur l'Autre, l'Altérité. La séquence peut se prolonger par des rencontres avec des enseignant;e;s.. Une seule fois elle nous fait emboîter le pas d'un élève isolé; l'environnement aux façades délabrées lamentables, détonne avec celui de l'école juive orthodoxe en Judée Samarie par exemple...

Entre chaque séquence nous prenons la route; une route qui longe le mur de "séparation" avec ses barbelés, ou qui traverse des paysages assez arides; avec comme bande son la musique troublante de Siegfried Canto. La route un méandre vers?. La route comme chemin tout tracé vers le NEANT? Car l'atmosphère sera de plus en plus pesante quand se fera plus âpre mais ce faisant plus authentique le "discours" de certains intervenants

Que la manière d'enseigner l'histoire à des élèves soit déterminante dans la construction d'une idéologie, l'interprétation du passé, jusque-là rien de bien singulier. On peut "fabriquer" une pensée, la formater et ce faisant (surtout du côté israélien) ériger dans l'esprit de jeunes élèves un MUR d'incompréhension...à l'instar de celui qui sur presque 1000km cloisonne sépare et dont la construction est passée par la spoliation des biens des Palestiniens ("terre promise par Dieu"? Non simplement "terre de nos ancêtres" affirme Raïda, une enseignante en école mixte, l'un des personnages les plus bouleversants de ce documentaire)

 

Extraits:

Ramallah école publique; sur un muret un enfant raconte le meurtre de sa mère par un soldat israélien; petit il était dans ses bras et il est tombé. Aujourd'hui, il lit des poèmes de Mahmoud Darwich avec son maître Ziad Khadash. Ah ce maître aux méthodes d'enseignement si "originales"

Un enseignant palestinien de nationalité israélienne a vu son livre d'histoire censuré par le ministère car il parlait de Palestine et non d'Eretz Israel (terre d'israël)

Une classe se rend en Pologne afin de comprendre in situ l'extermination de leurs ancêtres; ils en seront non seulement bouleversés mais confortés dans l'idéologie de la doxa juive. Chaque année on commémore la Shoah. Mais Nurit Peled Elhanan, chercheuse en histoire de l’éducation, conteste cette façon de reproduire le traumatisme au lieu d'en "tirer un enseignement pour la construction politique de l'avenir"

"Que signifie le mot paix? L'adolescent hésite puis Qu’un garçon de 17 ans, censé être innocent, naïf, rêveur, ne sache pas expliquer ce que signifie le mot "paix" est tout le problème de ce pays.

 

Les enfants aussi peuvent changer les choses » (un enfant) « J’espère que tu réussiras là où nous avons échoué » répond Raïda.

 

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 17:19

Film chilien de Mauricio Lopez Fernandez

avec Daniela Vega (Elena) Rosalinda Ramirez , Claudia Cantero, Carmen Barros, Paulo Brunetti

Coya est domestique au sein d'une famille chilienne catholique et conservatrice. Dans la grande demeure bourgeoise, patrons et employés cohabitent sous le même toit. La mort du mari de Coya va occasionner une visite inattendue qui va bouleverser l'ordre apparent...

La Visita

"Comment vas-tu t'habiller demain pour l'enterrement? demande Coya à sa fille Elena "j'ai un pantalon" "mais je peux te prêter une jupe elle t'irait bien"...La gêne et le refus de voir la réalité en face (son fils Felipe est devenu Elena ) qui avaient prévalu jusque-là, se résolvent dans l'acceptation (d'ailleurs le visage de la mère s'est enfin adouci et le regard qu'elle porte désormais sur son enfant dit la sérénité...) C'est à ce cheminement que le cinéaste nous convoque balisant le parcours d'un syllabaire où l'omniprésence de cloisons-fenêtres, miroirs, portes vitrées, loin d'être "transparente" renforce en fait une troublante "opacité". Celle de la fragmentation, du cloisonnement, celle de l'intimité que l'on tient à "protéger". C'est qu'il faut Voir à travers, être d'un côté ou de l'autre du miroir, Voir au-delà des apparences!!

Un long plan où l'enfant apprend à se servir d'un fusil guidé par la main d'un adulte sert de prologue; le coup a porté (on retrouvera en écho une scène similaire quand l'enfant s'empare du pistolet caché sous les mains jointes du mort). Est-ce un questionnement sur la masculinité qui ouvre le film? Peut-être...

Mais le cinéaste suggère plus qu'il n'explique, plus qu'il ne "montre": il aura suffi de quelques poses de quelques attouchements (certes irrigués de désir) pour que le spectateur découvre ce qu'il pressentait. (ce doute qui planait dès le début, dès l'arrivée d'Elena venue assister à l'enterrement de son père "rien n'a changé ici" affirmait-elle; et pourtant "ici" tout va changer). Dans cet univers, huis clos d'une maison bourgeoise où cohabitent maîtres et domestiques, nous verrons se déliter la "comédie" des "apparences" et se métamorphoser le regard que portent tous les protagonistes sur Elena et par voie de conséquence sur eux-mêmes (du moins les adultes car les enfants s'adonnent à leur exubérance naturelle).

Percer les mystères des non-dits -si nombreux- serait frappé d'inanité.

Mais se laisser porter par la lenteur, se laisser habiter par la délicatesse, en étant à la fois si loin, si proche !

Un premier film -qui aborde avec pudeur et sensualité les problèmes de la transsexualité et de "l'autodétermination"-  à découvrir!

 

Colette Lallement-Duchoze

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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