24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 07:31

de Céline Sciamma (France)

avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Valeria Golino, 

 

Prix du Scénario (Cannes 2019) 

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d'Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d'épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d'elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

 

Portrait de la jeune fille en feu

Voici un microcosme féminin à l’intérieur d’un château. Mais l’homme bien qu’absent à l’écran n’en reste pas moins présent par son oppression: n’est-ce pas un gentilhomme milanais qui exige le portrait de sa promise ?? C’est l’homme commanditaire. Homme invisible aussi mais responsable de grossesse et d'avortement - dont celui pratiqué sur Sophie la servante et auquel le spectateur est convié dans une scène à mi-chemin entre le tragique et le naturalisme…

 

Et dans ce microcosme, une circulation de regards : - les plus évidents ceux que le peintre pose sur son modèle, ceux du modèle qui scrute le visage du créateur. Regardeur regardé. Alors que le film s’interroge sur le geste créateur (et si l’étincelle créatrice était liée à un fantasme ? à une réelle apparition ? Celle qui aurait traversé le temps l’espace ou l’au-delà pour s’incarner dans une passion aussi déroutante qu’interdite ? Ce que rappelle le texte d’Ovide -dont Héloïse lit quelques extraits sur la quête d’Orphée aux Enfers à la recherche de son Eurydice;  la réponse de Marianne est sans appel (si Orphée s’est retourné ce n’est pas le choix de l’amoureux, c’est le choix du poète.

Le portrait d'Héloïse  aura été ébauché,  saboté, brûlé, abandonné,  repris ...

 

La réalisatrice semble soigner les intérieurs éclairés à la bougie ou illuminés par les flammes d’un feu de cheminée. Et pourtant que d’erreurs dans le traitement des clairs-obscurs -à moins qu’elles ne soient volontaires ; -une esthétique vaporeuse pour illustrer l’étrangeté ? (dès le générique quelques traits au fusain et le crissement sur la toile vierge alors que la main qui les guide est celle des étudiantes de Marianne ….Elle-même commencera le portrait d’Héloïse de façon similaire...Ou encore cette lueur dans la torpeur de tourments liés à la fois à l’acte créateur et à l’amour naissant ?: et voici un halo diaphane ou serait-ce le spectre d’Héloïse /Eurydice ?

 

En revanche quand la réalisatrice filme les deux femmes amoureuses qui ont délaissé les drapés de leurs robes pour ceux du lit, qui ont renoncé à tout ce qui les corsetait pour laisser s’exprimer leur chair même avec pudeur, chaque plan choisi correspond au désir de composer un tableau immobile ou en mouvement. De même les scènes en extérieur -filmées en Bretagne- frappent par une composition qui rappelle un tableau : une répartition selon la règle d’or, une présence humaine qui s’intègre aux éléments naturels ou les domine

 

L’interprétation habitée des deux actrices, Adèle Haenel (rappelons que la réalisatrice a écrit le rôle d’Héloïse pour elle !.) et Noémie Merlant (vue récemment dans Drapeaux de papier et surtout dans Curiosa en maîtresse de Pierre Louÿs) joue -c’est une évidence- sur la puissance émotionnelle du récit quand bien même leur jeu -direction d’acteur exige- impose la distanciation

 

Un film qui peut tout autant séduire que décevoir ! (symbolisme récurrent de l'eau et du feu trop appuyé)

Habiter ou ennuyer ! (lenteur initiale immodérée,  plans fixes prolongés..)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 07:41

Le conducteur de train Nurlan se rend à Bakou pour la dernière fois avant sa retraite. En contournant les quartiers de la ville, son train arrache un soutien-gorge bleu à une corde à linge. Pour échapper à son existence solitaire, Nurlan se lance dans la plus grande aventure de sa vie : retrouver la propriétaire de ce sous- vêtement …  

 

The Bra

Bakou Mer Caspienne. Oui le quartier que traverse le train, existait bel et bien au moment du tournage. La voie ferrée était si proche des "masures"  qu’elle en était le prolongement : on y dressait des tables de jeux, on suspendait le linge sur un fil tendu, on y palabrait….

En s’emparant de ce réel, le réalisateur construit un "conte" où se mêlent dans une histoire sans paroles, poésie et burlesque, réalisme et onirisme, tendresse et cruauté

 

L’absence de dialogues est compensée par une attention toute particulière accordée à la bande-son (chansons, grognements, bruits du quotidien, récurrence d’un thème musical et cette polyphonie entendue par deux fois quand Kamal, l’assistant -extraordinaire Denis Lavant- accompagne de sa trompette le fond rythmique des bruits des machines-miniatures).

Compensée aussi par le choix de couleurs : pastel (quand le train processionnaire traverse la plaine) ou tièdes (dans le quartier suburbain) en harmonie avec celles de de la vie ???

Celle de Nurlan précisément semble réglée tel un rituel et se répéter immuable : des gestes identiques– extraire du hangar l’énorme locomotive, la conduire, restituer à leur propriétaire les objets que le train a enlevés malgré les avertissements du gamin orphelin, dîner en solitaire- et la récurrence de mêmes images ou plans (avec toutefois des angles de vue différents) semblent insister tout à la fois sur la vacuité d’une existence, l’immense humanité d’un conducteur et en filigrane sur une quête d’amour (quelques fondus enchaînés sur l’essayage de soutien gorge que voile pudiquement le rideau d’une fenêtre le prouveraient aisément)

 

Sa vie bascule. Retraité, Nurlan ne conduit plus. Mais il n’aura de cesse de rendre à sa propriétaire le soutien-gorge que sa locomotive a emporté.... Nous allons pénétrer avec lui derrière les portes,  dans l’intimité et découvrir tout un système de relations sociales… d’obsessions aussi (chaque femme rencontrée n’a-t-elle pas des raisons bien particulières d’essayer le soutien-gorge ?) Intrusions sujettes à caution ? Le sort en est jeté…

Le soutien-gorge obscur objet du désir ? Nurlan -éconduit lors d’une demande en mariage- aura-t-il trouvé en ce soutien-gorge une sorte de fantasme ? Il ne sied à aucune des femmes rencontrées. Est-ce à dire qu’aucune femme ne conviendrait à Nurlan, que la femme pour lui doit rester « désir inassouvi ??

Peut-être!

 

Je vous recommande ce film à l’humour tendre, au réalisme magique

ce « conte moderne empreint de mélancolie »

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 05:26

de Cédric Klapisch

avec François Civil, Ana Girardot, Camille Cottin, François Berléand, Simon Abkarian, Marie Bunel, Patrick d'Assumcao, Zinedine Soualem, Eye Haïdaria

Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… celle d’une histoire amour ?

Deux moi

Solitude dans la multitude, celle de la capitale -que le générique accentue par des effets d’accéléré- ; une génération -celle des trentenaires- à l’ère des réseaux sociaux -de Tinder en particulier- en quête de "rencontres" mais surtout de l’Amour (Mélanie écoute émerveillée "mon histoire c'est l'histoire d'un amour/Ma complainte c'est la plainte de deux cœurs"  interprétée par Gloria Lasso...), c'est la toile de fond du nouveau film de Cédric Klapisch que double le questionnement,  "consulter un psy ne serait-ce  pas plus bénéfique  que le ressassement solitaire et l’addiction aux écrans" ?

Voici Deux Moi, Mélanie et Rémy, deux âmes solitaires, deux êtres en souffrance (excès ou manque de sommeil, gaucheries comportementales, secrets de famille  enfouis que la parole "bienveillante" de leur psy respectif aide à libérer) et  à travers  leur  parcours emblématique,  le réalisateur illustre le  cheminement   qui précède une Rencontre !

ça c'est sur le papier!!!

 

Il a choisi le montage alterné -pour la simultanéité temporelle: on voit successivement Mélanie et Rémy le soir dans leur appartement ou en proie à des cauchemars par exemple-,  et le montage parallèle - celui qui permet de "rapprocher" deux situations identiques : séance chez le psy, lieu de travail, environnement affectif et/ou familial .  Mais très vite le systématisme du procédé devient lassant ..(même si l'on assiste à une (re)construction progressive de Soi) 

Ou bien il  insère dans le même cadre les deux personnages (chez l'épicier, dans le métro, au bas de l'immeuble, etc...) comme pour insister sur une  éventuelle - ou improbable? -  rencontre. Répétition proche hélas! de la mécanique du pantin.

Les rares séquences de rêves-cauchemars tombent à plat alors qu'elles étaient censées accentuer la permanence du "mal-être",  du désarroi existentiel..;

Une impression de dégoût parfois (à l'instar du vomi de Mélanie) quand les psy déversent des clichés sur un ton quasi doctoral ou quand ils prodiguent des conseils à faire bondir n'importe quel citoyen lambda soucieux du "bien vivre ensemble": les collègues de Rémy ont été licenciés  remplacés par des robots? qu'importe ! ne pas culpabiliser "vous avez droit au bonheur" dit froidement le psy (Berléand) droit dans les yeux...

 

Un bémol: le Paris du XVIII° arrondissement (ses lignes de chemin de fer vues en plongée, les façades de ses immeubles vues en contre-plongée,  son brouhaha , ses commerces de proximité) est filmé comme un personnage à part entière qui accompagne les déambulations des Deux Moi 

 

Dans cette  comédie douce-amère, on aura reconnu des acteurs fidèles Zinedine Soualem (pharmacien) , Simon Abkarian (l'épicier)  et ...Renée Le Calm dans une furtive apparition de plaignante - oui  la Renée de "chacun cherche son chat "- décédée à 100 ans en juin 2019!! 

 

Mais cette  comédie faussement romantique est trop convenue !!  (que de clichés  racoleurs!)  

à déconseiller!   

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

Je te trouve un peu trop sévère, Colette.
Moi j'ai aimé, à cause du ton de l'ensemble. Il y a de la jeunesse d'esprit chez Klapsih,qui fait du bien, et toujours cette peinture des quartiers encore populaires de Paris, le 18ème notamment, et une absence de racisme total, de bien vivre ensemble qui redonnne le moral. Le scenario tient la route et la fin nous réjouit.

Serge 16/09/19

Je persiste et signe
Mise en scène paresseuse
Enfilade de clichés
Humour réchauffé

Colette 17/09/19

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14 septembre 2019 6 14 /09 /septembre /2019 07:10

Inga et son mari possèdent une exploitation laitière dans un petit village près de Reykjavik. Mais à la mort de ce dernier, Inga reprend seule les rênes de l’entreprise familiale. Très vite elle découvre le monopole abusif que la coopérative impose aux agriculteurs locaux. Elle va alors entrer en guerre contre ce système mafieux pour imposer l’indépendance de sa communauté !

Mjölk la guerre du lait

Inga n’est pas une activiste révolutionnaire mais une battante ; elle part en guerre contre une coopérative omnipotente qui a sacrifié ses idéaux mutualistes sur l’autel de l’argent, de la corruption (ce qu’elle rappellera dans son discours avant de procéder au vote pour ou contre la motion qu'elle propose).

Voici David contre Goliath, une femme courageuse qui à la mort de son mari dirigera seule l’exploitation laitière, contre un système qui exploite les agriculteurs jugulés par leurs dettes, impuissants à lutter pour leur indépendance. La croisade (d’abord virtuelle avec facebook) de cette justicière dévoile ainsi tout un pan de la réalité socio-politique de l’Islande (comme dans Béliers d’ailleurs) et comme il s’agit d’un parcours de femme dans un monde d’hommes, le film peut se lire aussi comme l’histoire d’une émancipation, une ode à la liberté et à l’égalité,. Arndis Hrönn Egilsdottir incarne cette force tranquille. L’actrice est de tous les plans …Les angles de vue ainsi que les plans choisis (du très gros sur le visage aux plans d’ensemble) modulent sa personnalité d’épouse, de mère et de gérante exploitante

Comme dans Béliers le réalisateur fait alterner des plans larges, des  panoramiques (paysages comme sculptés par les rigueurs du climat et dont la lumière et les couleurs varieront selon les saisons) et des plans plus rapprochés ou serrés (ceux des intérieurs, de l’intime ou des  "mini laboratoires" des mafieux).

Optant pour les ellipses, les émotions contenues, le réalisateur suggère souvent plus qu’il ne montre. (les résultats du vote par exemple seront perçus de l’intérieur, la caméra abandonne momentanément la salle des participants pour se fixer sur le visage d’Inga)

Deux séquences -en écho- sont déterminantes pour la dramatisation. Voici le mari d’Inga au volant de sa voiture, -il vient d’être reçu par le patron de la coopérative- Une ligne de fuite, bande-son muette, ellipse ; raccord, voitures de police, il y a eu un accident… En écho inversé, le plan final : même route, Inga au volant de sa voiture chante contre l’ennui et le désespoir. Ligne de fuite, bande-son muette. Mais le printemps est lumineux,  n’est-ce pas la promesse d’une autre vie ?

 

Moins âpre que Béliers  et de facture plus classique, Mjölk, la guerre du lait n’en reste pas moins une histoire de solidarité (même si le combat est "perdu d’avance") et le réalisateur -qui a grandi en milieu rural - continue d’ausculter "les transformations de la campagne islandaise la manière dont le néo-libéralisme affecte la culture traditionnelle d’un pays replié sur lui-même"

Un film à voir, assurément !

 

Colette Lallement-Duchoze

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 07:10

du 4 au 6 octobre 2019

cinéma Omnia Rue de la République ROUEN

Festival du cinéma palestinien "Regards sur la Palestine"

 

Vendredi 4 octobre 18h30

esplanade du cinéma Omnia intervention d'un étonnant danseur palestinien et apéro géant

vendredi 4 octobre 20h

Projection en avant-première du film It must be heaven de Elia Suleiman primé au festival de Cannes 

Suivie d'un débat animé par Samuel Douhaire (journaliste cinéma Télérama)

 

samedi 5 octobre 

10H30 : TEL AVIV ON FIRE de Zameh Zoabi

13H45 : SAMOUNI ROAD de Stefano Savona

16H : THE REPORTS de Muayad Alayan

18H15 : WAJID d'Anne-Marie Jacir

20 H : MAFAK de Bassan Jarsawi

Débat avec Bertrand Badie professeur à Sciences Po Paris

 

dimanche 6 octobre 

de 10h30 à 12h  courts métrages

 http://www.afps-rouen.fr/

Festival du cinéma palestinien "Regards sur la Palestine"

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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 07:02

De Albert Serra (Espagne France)

Avec Helmut BergerMarc SusiniIliana Zabeth 

 

Prix  spécial du Jury de Cannes dans la sélection Un Certain Regard

 1774.  Madame de Dumeval, le Duc de Tesis et le Duc de Wand, libertins expulsés de la cour puritaine de Louis XVI, recherchent l’appui du légendaire Duc de Walchen, séducteur et libre penseur allemand, esseulé dans un pays où règnent hypocrisie et fausse vertu. Leur mission : exporter en Allemagne le libertinage, philosophie des Lumières fondée sur le rejet de la morale et de l’autorité, mais aussi, et surtout, retrouver un lieu sûr où poursuivre leurs jeux dévoyés. Les novices du couvent voisin se laisseront-elles entraîner dans cette nuit folle où la recherche du plaisir n’obéit plus à d’autres lois que celles que dictent les désirs inassouvis ?

Liberté

Oui ce film sur la déliquescence et le stupre libertin aux accents sadiens, fait du spectateur un voyeur (à l’instar de ces personnages en retrait ou armés d’une longue vue ou tapis derrière un arbre…)

Serait-ce la raison pour laquelle des spectateurs quittent la salle ?? Mais de la pudibonderie faisons fi, car après tout l’orgasme dans ce film n’est-il pas essentiellement mental et la parole cardinale ?

 

Nous étions 7, nous restâmes 3 ….

3 à apprécier cette façon de filmer qui, par la magie du cadre et la répartition des couleurs, transforme chaque personnage et chaque coin de la forêt en tableau (Fragonard, Boucher), qui fait du clair-obscur une syntaxe, qui théâtralise avant-scène et arrière-plan 

 

3 à être sinon envoûtés du moins emportés dans un voyage où s’enchevêtrent une rêverie quasi mystique, une déclinaison des plaisirs et sévices sexuels, (de la fellation à l’ondinisme, de la pénétration à la flagellation), et une sorte de fresque historique (des chaises à porteurs qui vont jouer le rôle de mini-studios côtoient arbres et sous-bois, costumes d’époque et perruques, langage précieux, revendications  "révolutionnaires" )

 

Si l’on ajoute un sens aigu de la dramatisation (voici une tempête tellurique où le ruissellement de la pluie s’accouple à la sudation des efforts érotiques, où le mugissement des éléments prolonge les râles des plaisirs), la circularité de la construction (aux premiers longs plans fixes sur la forêt qui s’obscurcit progressivement répondent ceux de la fin  où le bleu du ciel et la lumière sont annonciateurs d’une aube nouvelle mais aussi….peut-être ...du retour à la normalité!!) ; si l’on ajoute cette alliance des contraires (Albert Serra fait se côtoyer laideur et beauté, jeunesse et vieillesse, roture et noblesse) et la toute puissance du regard : voilà encore de bonnes raisons de déchirer l’écran de la salle afin de pénétrer dans  ce "bois empoisonné", cette forêt entrelacs des fantasmes, à la singularité inextricable,  et  "participer" à cette cérémonie de LA LIBERTE éprouvante et mortifère, sensuelle et poétique….

 

Un film à la lenteur calculée, à ne pas rater !

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 04:33

 

 

Moteur  - réseau des festivals de cinéma de Rouen créé en 2016

 

-   présente la programmation 2019 /2020 (soirée gratuite) 

 

 

lundi 30 septembre 2019  à l'Omnia  à 20h 

28 rue de la République ROUEN

 

 

 

 

Programme:

  • Présentation de l'association & de chaque festival
  • Projection de 7 courts métrages sur les thèmes de chacun des festivals
  • Verre de l'amitié

 

 

 Réseau Moteur Soirée de présentation

En présence des festivals :

 

  • "Regards sur la Palestine",    afps-rouen.fr
  •  
  • "Festival du film fantastique", www.rouenfantastique.com
  •  
  • "This is England",                  thisisengland-festival.com
  •  
  • "À   l'Est"                                www.alest.org
  •  
  • "Elles font leur cinéma",        elles-font-leur-cinema.info
  •  
  • "Ciné Friendly",                     www.gaytnormande.org 
  •  
  • Le Courtivore"                       courtivore.com

 

 

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 05:51

De Oliver Laxe (Espagne) 

Avec Amador AriasBenedicta SánchezInazio Abrao 

 

Prix du Jury Un Certain Regard Cannes 2019

Amador Coro a été condamné pour avoir provoqué un incendie. Lorsqu’il sort de prison, personne ne l’attend. Il retourne dans son village niché dans les montagnes de la Galice où vivent sa mère, Benedicta, et leurs trois vaches. Leurs vies s’écoulent, au rythme apaisé de la nature. Jusqu’au jour où un feu vient à dévaster la région.

Viendra le feu

En magnifiant sa région natale la Galice par des plans larges qui en captent la brume vespérale ou la lumière aurorale, en imprimant à son film une dimension presque mystique -ne serait-ce que par le titre à résonance prophétique, la musique choisie (Verdi Cohen) et le rôle expiatoire dévolu à Amador, Oliver Laxe transporte son spectateur depuis la séquence d’ouverture -massacre des eucalyptus- jusqu ‘à la séquence finale -l’embrasement- en lui faisant partager l’intimité d’un quotidien âpre rugueux celui d’Amador (à son retour de prison pour pyromanie) et de sa mère Benedicta.

Viendra le feu : une harmonie -faite de lenteur et de fureur- entre l’austérité des décors et l’âpreté des émotions (psychologie réduite à l’os…)

Viendra le feu : une vision d’une nature à l’agonie? 

 

Deux séquences d’une intensité hallucinée évoquant la destruction encadrent ce film

Dans l’obscurité d’une forêt, des arbres qu’on abat, leur majesté verticale est terrassée par ….des machines aux dents d’acier mais la monstruosité mécanique se fige devant la résistance d’un tronc….le tronc d’un eucalyptus plus que centenaire aussi amoché que le sera un cheval après l’incendie, aussi imperturbable que le sera Amador après la bagarre et les accusations ; un tronc qui défie un gigantisme tout comme le résistant qui tente  de préserver un univers qui se délite.

À ce mouvement symphonique d’ouverture répond celui de l’embrasement annoncé par le titre ; un incendie que le réalisateur et son équipe ont filmé au plus près et la nuit pour en « extraire la beauté scandaleuse » Crépitements tumultueux, couleurs jaunes rouges ambrées des flammes saignant de rage et de véhémence , visages souillés des pompiers affairés,  tentative d’un contre-feu,  bande-son majestueuse; l’écran de la salle s’est embrasé lui aussi ….

 

Et Amador -celui qui aime- est-il le coupable tout désigné par les villageois en furie? Un récidiviste? Une victime expiatoire ? Et s’il était innocent ? La déraison la souffrance d’une nature malmenée trouvent en cet homme un exutoire (propos du réalisateur)

Et la figure archétypale de la mère aussi mutique que le fils, aussi mariale que la piéta, vient comme "innocenter" cet homme ; un homme qui restera le seul dépositaire du secret

Un secret enfoui dans cette terre, la Galice, une terre aimée et bafouée...

 

Un film à ne pas rater !

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 06:51

De Arnaud Desplechin

Avec Roschdy ZemLéa SeydouxSara Forestier

 

Présenté en compétition officielle au festival de Cannes

À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…

Roubaix, une lumière

La critique est unanime dans l’éloge voire le dithyrambe

Voici une voix dissonante

Roubaix une lumière vaut surtout pour la prestation des acteurs : Roschdy Zem en commissaire (un phare…) à la fois posé et réservé dans sa recherche de la Vérité, Sara Forestier en amante soumise et fragile, Lea Seydoux en femme retorse à la froide détermination et Antoine Reinartz en jeune lieutenant "mystique". Chacun de ces acteurs a trouvé le ton juste et le réalisateur a su capter leur vérité intérieure par des gros plans (certains un peu trop appuyés…) sur leurs visages, leurs regards ou sur une larme qui sinue, perlée de souffrance

 

Mais que de déceptions !

La structure scénaristique tout d’abord. Dans la "première partie"  le rythme assez rapide qui fait se succéder affaires (viol, disparition/fugue, incendie) courses poursuites, interrogatoires s’inscrit tout naturellement dans l’univers "habituel" des séries télévisées,  des romans policiers et rapproche le film du documentaire (d’ailleurs n’est-il pas "adapté" de Roubaix commissariat central affaires courantes de Masco Boucault diffusé sur France 3 en 2008 ?) La seconde partie est focalisée sur un meurtre sordide (mais la sordidité n’est-elle pas souvent l’apanage du crime?) La rupture avec la première est liée à la psychologie du commissaire (son "flair" jusque-là infaillible est soumis à rude épreuve) et à la théâtralisation du contexte socio-économique ; si bien que les aveux patiemment soutirés mais contradictoires vont  "opacifier" les deux personnages féminins avant de les  "dévoiler"  et c’est l’humain qui prend le relais même dans la (trop) longue scène de reconstitution censée provoquer l’émotion. Or n’est-ce pas un truisme que d’affirmer le fait divers raconte plus sur l’humain que sur le crime?

Et que de surenchère dans l’empathie! (Daoud sur un ton presque mielleux sait par ses discours transformer une vie en destin -fût-il tragique!- et le visage des deux jeunes femmes fracassées, soudain s’illumine !!);  surenchère aussi  dans la "maïeutique" (faire répéter ad libitum un énoncé, en dénoncer  l'imprécision,  le paradoxe,  pour que  triomphe  la Vérité....enfin reconnue et assumée!!)

Peu convaincante la duplication des voix off ; celle du commissaire (elle permettrait au réalisateur de cartographier sa ville natale ?) et celle du lieutenant qui s’adresse à un dieu muet ...(inanité d’une entreprise ? Substitut narratif de l’auteur ?)

Les "clichés" qui opposent deux types d’enquêteurs/interrogateurs sont si appuyés ici qu’ils frisent la caricature ; la métaphore de l’apprivoisement (Daoud et les chevaux..) peu pertinente etc.

 

On comprend mieux pourquoi ce film présenté en Compétition officielle au festival de Cannes (est) soit reparti bredouille

Au moins aura-t-il suscité l’envie de voir le documentaire de Masco Boucault !!!

Roubaix une lumière : à voir un soir d’hiver ...chez soi...après les  "vives clartés de nos étés trop courts" ...

Colette Lallement-Duchoze


 

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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 04:55

Reza aime Fati, et ce n’est pas leur divorce qui l’en empêchera… Il attend son retour, déambulant dans Ispahan, où il se plonge tout entier dans l’écriture d’un livre sur les légendes persanes…Quant à Fati, elle revient toujours pour mieux repartir aussitôt le jour levé. Finira-t-elle par rester ? Ou Reza finira-t-il par se libérer de son ensorcellement ?

Reza
Voilà un film "déconcertant" :
il ne donne pas du tout une image de l'Iran à laquelle ses prédécesseurs nous avaient habitués mais surtout parce qu'il a un style "décalé" dans le personnages (le héros Reza, n'est pas du tout héroïque, n'est pas macho, c'est plutôt un poète) et aussi dans les dialogues piquetés d'humour.
 
Déconcertant aussi dans son déroulement inattendu . Ce divorce qui n'en est pas un entre deux êtres qui n'arrivent pas à se séparer.
 
Un aspect nouveau du cinema iranien,
 
à voir donc, avant qu'il quitte l'affiche.
 
 
Marcel Elkaim

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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