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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 06:38

  

Second volet du diptyque.Shokuzai de Kiyoshi Kurosawa. Avec Kyöko Koizumi, Sakura Ando, C. Ikewaki

 

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Après Sae, "femme-poupée", et Maki "femme-samouraï", voici Akiko, "femme-ourse" et Yuka "femme vénéneuse"; deux destins suivis d'un très (trop) long épilogue (rédemption); deux destins de femmes perturbées par le trauma originel; Yuka la plus "perfide" , mais la seule au visage épanoui,  souvent pince-sans-rire est le contrepoint au fatum

 

Certains procédés rappellent le premier volet; enchâssement de récits (épisode 3 Akiko), flash back et récurrence de la scène primitive (vue certes à chaque fois sous un angle différent avec en point d'orgue celui du meurtrier dans l'épilogue), symboles appuyés (port de la robe par Akiko enfant, ce qui d'ailleurs fait   écho à l'épisode de la poupée volée en I,1 Sae; brumes qui noient progressivement le paysage à l'instar de l'esprit d'Asako embrumé de souvenirs qu'elle croyait "enfouis"; commissariat en pleins travaux de "réaménagement"..), plan fixe prolongé sur des corps gisant à même le sol ou l'asphalte. Distance (parfois glaciale) envers les personnages Jeux de lumière au service d'une géométrisation de l'espace (le noir et blanc du milieu carcéral où est enfermée Akiko; costumes/uniformes blancs des enfants de l'école associative); huis clos et rares plans d'ensemble sur le monde urbain, etc. Une analyse plus approfondie mettrait en évidence les effets/miroir entre les différents chapitres !

 

Certes, dans ce second volet toutes les énigmes du film vont trouver leur solution. Mais le délayage et la longueur inopinée de l'épilogue (ou chapitre 5) atténuent l'envoûtement, voire l'emprise qui s'exerçaient sur le spectateur. Asako jusque-là fil conducteur (elle a enchaîné les quatre fillettes à la pénitence..) devient le sujet (enchaîné à son propre passé) d'une autre tragédie dont les épisodes - dévoilements progressifs des secrets- sont comme autant de paliers vers la rédemption (ou la damnation!). En termes psychanalytiques ce serait comme "le retour du refoulé", en termes plus sociologiques ce serait l'image de la "décomposition" d'une société. N'empêche l'étirement de cet épilogue nuit à sa volonté démonstrative et narrative en la desservant, et à l'intérêt suscité chez le spectateur - le carcan de cette "décomposition" qui le jugule l'empêche d'être véritablement ému; mais peut-être est-ce intentionnel.......

 

 

    Colette Lallement-Duchoze

 

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