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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 08:16

Film japonais de Kiyoshi Kurosawa. Avec Kyoko Koizumi, Hazuki Jimura, Yu Aoi

 

Film en deux volets Shokuzai (pénitence) a été diffusé au Japon en une série de cinq épisodes.

La première partie du diptyque "Celles qui voulaient se souvenir" est elle-même composée d'un prologue et de deux chapitres.

20541576_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgLe prologue assez long mériterait un commentaire particulier. Arrivée de la petite Emili à l'école -filmée de dos comme isolée dans le cadre. Extérieur: plan large, Emili et 4 autres fillettes jouent dans la cour; un prétendu chauffagiste réclame de l'aide et "choisit" Emili; les gamines sont filmées de face, elles voient l'homme -dont le spectateur ne peut voir que la masse énorme de son dos...Mais suite au trauma -mort de leur camarade -elles ne se rappelleront plus le visage de l'assassin...Asako, la mère de la victime, excédée par la lenteur de l'enquête et le mutisme des 4 fillettes profère ces propos comminatoires "je ne vous pardonnerai jamais. Trouvez-le ou donnez-moi une compensation. Sinon vous n'échapperez pas à la pénitence". Un prologue comme lieu et lien nodal, un prologue comme substrat organique et psychique d'une menace diffuse; un prologue qui d'un point de vue purement narratif et/formel distille peur et inquiétude.

Celles-ci taraudent Sae et Maki 15 ans après les faits. Et dans les deux chapitres (consacrés successivement à l'une et à l'autre car chaque destin est autonome ne serait-ce que par la nature des conséquences du trauma, de la relation au "meurtre" à la mort, et à la promesse faite à Asako) le spectateur sera sensible à l'art de géométriser l'espace (Sae dans l'appartement conjugal; Maki dans sa salle de cours ou au bord de la piscine), aux jeux de lumière, à la force symbolique de certains gros plans même si quelques-uns sont un peu appuyés (vol de corbeaux oiseaux de mauvais augure; sang qui suinte le long de la cuisse de Sae; passage du blanc au noir dans l'accoutrement de Sae/poupée), à la théâtralisation de certaines scènes/séquences, à la bande-son. Tout cela au service d'une sorte de "radiographie" sans complaisance des troubles (avec des effets spéculaires : Sae traumatisée au point de refuser la sexualité poursuivie par un jeune homme fétichiste voleur de poupée...)

Maudit destin! destins maudits!

 

Suite le 5 juin pour le second volet du diptyque!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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