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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 07:43

Un film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat. Scénario de Serge Halimi, Pierrre Rimbert, Renaud Lambert, Gilles Balbastre, Yannick Kergoat

 

les-nouveaux-chiens-de-garde.jpgUn film "jubilatoire"

Certes le sujet est GRAVE: Les auteurs fustigent nos nouveaux chiens de garde qui, malgré leurs poses ostentatoires et leurs alibis prétendus démocratiques ou républicains, sont inféodés au pouvoir de l'argent, vivent en "castes", alimentent ou fabriquent des "thèmes de société", s'érigent en censeurs dépositaires de LA MORALE (Calvi sommant un intervenant de s'adresser en direct aux fauteurs de troubles et de les inviter à "rentrer chez eux" au lieu de brûler des voitures; Pujadas recommandant à un représentant syndical de Continental de battre sa coulpe; Barbier (Express) et ses métaphores plus ou moins éculées, prêchant la "bonne parole", l'unique..).

Construit avec comme fil directeur des extraits du discours de Peyrefitte (interrogé par Zitrone sur la future ORTF) et des extraits du brûlot de Nizan (Les chiens de garde 1932), découpé en trois mouvements (indépendance, objectivité, pluralisme) suivis d'un épilogue (discours de Pierre Mauroy premier ministre de F. Mitterrand et la tonitruante déclaration "pouvoir de la presse, oui, pouvoir de l'argent, non"….), le film joue constamment avec l'antiphrase, l'ironie. Voici les déclarations officielles, mais voici les faits qui les contredisent. Voici le pluralisme (Alain Duhamel éructant sur le plateau de Ruquier, ce qu'il croit être un truisme "il y a désormais X chaînes de TV, il y a internet, etc. il y a donc pluralisme de l'info…); mais examinons les preuves de l'interchangeabilité des "journalistes" (Olivennes, Dely, Joffrin, Demorand qui passent d'un média à l'autre à des postes de "responsabilité"); écoutons ces "penseurs" aux idées a priori fort opposées, se congratuler (Luc Ferry et Jacques Julliard "mon cher je suis d'accord avec vous…) ou regardons l'invité de Drucker, J-P Elkabbach, "étreindre" Arnaud Lagardère...Plus vicieux car sournois ce "cartel" des "spécialistes" (politologues, économistes surtout) qui courent d'un plateau à l'autre, d'une station à l'autre; le film épingle "malicieusement" Godet, Elie Cohen, Daniel Cohen entre autres; met à jour leur incompétence notoire -à propos de la crise -,comptabilise les passages à l'écran...

On pourrait multiplier les exemples…La belle devise de Francisque Gay, responsable de la presse au secrétariat de l'information en mars 1945 "il est un point sur lequel dans la clandestinité nous étions d'accord. On ne devait pas revoir une presse soumise à la domination de l'argent", n'a-t-elle pas volé en éclats?….En sont-ils pour autant marris les directeurs de publication? "Après tout les temps changent on ne peut aller contre les réalités économiques et c'est logique qu'un patron de presse fixe une orientation", dit –en substance- et sans vergogne Laurent Joffrin…

Colette Lallement-Duchoze

 

Voici le courriel que j'avais envoyé à "C dans l'air" le 5/04/2005  (en pleine campagne médiatique pour le "oui" au traité instituant une Constitution pour l'Europe)

"On croit rêver. Même air de "constipation" à l'annonce de la poussée du "non" dans les sondages; même glissement sémantique: traité/constitution/Europe; même clivage "plus on a fait des études, plus on est partisan du oui"; même passivité complaisante: ni Calvi, ni Barbier, ni les autres n'ont pris la peine, en tant que citoyens, de lire le texte (il est vrai que c'est assez fastidieux, surtout la partie III et tous les protocoles et déclarations, etc., qui suivent la partie IV; mais qu'on se dispense alors d'être des donneurs de leçons..) Heureusement qu'il existe malgré tout une presse écrite, digne de foi (Politis, Monde diplomatique par exemple) et que parmi les partisans du "non" il y a de brillants juristes, ou professeurs de droit...Il est un peu facile de confondre arguments et appel à l'émotion (avec l'épouvantail du chaos ou la diabolisation). Mais il est vrai que la plupart des "journaleux" confondent travail d'enquête, d'investigation avec "audimat" ou "rendement" (là encore l'information devient une "marchandise")

 

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elkaim 13/01/2012 16:37


D'accord sur le fond du film et sa "salubrité". Mais sa forme, même pour un pamphlet, laisse à désirer : séquences beaucoup trop courtes qui ne
laissent aucun temps à la réflexion et au loisir d'en tirer les leçons, style un peu "coup de poing".On en sort un peu assommé sans qu'on ait bien approfondi les liens entre le régime
socio-économique et le monde médiatique.Tout cela , à mon avis nuit à l'efficacité du film, à l'encontre même des intentions des auteurs. Dommage !

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