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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 19:01

 Film de Aki Kaurismäki; avec André Wilms (Marcel Marx), J-P Darroussin (le commissaire Monet), Kati Outinen (Arletty), Blondin Miguel (Idrissa), Evelyne Didi (la boulangère),  Elina Salo (Claire), J-P Léaud (le délateur), Roberto Piazza (Little Bob), P. Etaix (le médecin Becker). Décors de Wouter Zoon

 

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Grâce au festival du cinéma nordique, le public rouennais s'est depuis longtemps familiarisé avec les films du Finlandais Aki Kaurismäki… On n'est pas près d'oublier Juha (muet en noir et blanc)...Pour son dix-neuvième long métrage, ce réalisateur a  choisi la ville du Havre pour en faire non seulement le théâtre d'un drame (Idrissa émigré clandestin traqué par la police est recueilli par Marcel Marx), mais un personnage à part entière. Non la ville du "Quai des brumes" mais une sorte de métaphore de la Solidarité  réincarnée. Dans ses rues plus ou moins désertes, ses ruelles, ses bistrots, ses commerces, le cinéaste fait "revivre", comme par enchantement, des personnages aux noms d'acteurs ou cinéastes célèbres (Arletty, Marx, Idrissa, Becker) qui s'expriment dans une langue (le français) très châtiée parsemée de répliques surréalistes, et sur un ton théâtral –ce qui crée un décalage amusant-; ils se comportent au quotidien comme dans les films d'un autre temps (l'épicier tire une charrette des quatre saisons, la boulangère est très accorte, Marx est cireur de chaussures…).

Même si le thème peut rappeler Welcome l'auteur exclut tous les effets d'ordre sociologique ou politique (hormis la scène d'évacuation de la jungle à Calais retransmise à la télévision, avec la voix d'Eric Besson). Il plonge au contraire le spectateur dans une atmosphère surannée (voir la décoration des intérieurs) qui n'exclut pas l'humour (l'ananas du commissaire Monet –Darroussin- trônant sur une table du bistrot tenu par Claire) et pour éviter trauma, mélo il donne à "voir" un conte. Le choix de plans fixes, ou de panoramiques participent de l'architecture de la ville; quelques gros plans (la main de J-P Léaud le délateur, le visage d'Arletty endormie à l'hôpital) ont une fonction métonymique ou tout simplement narrative. L'ensemble très dépouillé renvoie à cette écriture qui nous avait tant fascinés…

La présence de Little Bob est comme la passerelle qui relierait passé et contemporanéité.

Se fier ou non aux apparences? Un tableau accroché sur un mur dans la maison de Marcel Marx représente une fenêtre ouverte (toile trompe-l'oeil); puis un plan fixe sur la fenêtre réellement ouverte -on devine qu'Idrissa a  réussi à s'échapper-. Rêve et réalité enfin (ré)conciliés!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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