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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 08:27

 

Edgar Reitz. Avec Jan Dieter Schneider, Antonia Bill, Maximilian Scheidt

 

 

 

 

heimat-1.jpgComme on a pu le lire, le nouvel opus d'Edgar Reitz sous forme de diptyque est le préquel de la trilogie  Heimat  (25 ans de travail plus de 50 heures de film) dans laquelle le réalisateur évoquait le quotidien de la famille Simon au XX° siècle .

 

Dans "chronique d'un rêve" (suivi de "exode") nous sommes en 1842. Schabbach, Rhénanie (le village de Gehlweiler qui a servi de modèle, a été "reconstitué": maisons existantes recouvertes par des façades et fenêtres anciennes; la plupart des vrais habitants du village ont participé au film comme figurants, jouant devant le pas de leur porte...). Sur fond de misère économique (voire de famine) et d'exploitation outrancière (d'abord occupation française puis potentat de hobereaux tyranniques, ce qui est mentionné au détour de phrases pendant la fête de novembre) beaucoup de paysans sont tentés par un "ailleurs" (il est bon de rappeler que l'Allemagne a été au XIX° un pays d'émigration....). C'est le cas du jeune Jakob (le personnage principal); un "rêveur" plongé dans ses livres de récits amazoniens, au grand dam de son père forgeron qui le tabasse sauvagement. Lui "l'Indien" promène un regard hébété ou illuminé sur tout ce qui l'entoure; lui le 'lettré" semble  vivre en osmose avec la nature; il n'en est pas moins amoureux de Jettchen. Son "rêve? Partir au Brésil; partir avec sa dulcinée  qu'il initie déjà aux arcanes de la langue caycachua! IMais …

 

Le choix du noir et blanc (hormis quelques incrustations de couleurs à la fonction symbolique surtout, voir le gros plan sur la pièce d'or dans la paume de la main de Margarethe la mère) permet de jouer sur les contrastes de lumière, de clair-obscur; celui du format cinémascope, d'insérer les gros plans dans leur "contexte"et non de les détacher. Réalisme dans le traitement des métiers revisités (forge du père, machine à tisser de l'oncle) ou des scènes reconstituées (grande fête populaire villageoise, préparatifs funèbres, vendanges, etc..) tout cela contribue à illustrer de façon convaincante que le cinéma est une "école du regard" avant tout ! 

 

Le titre de ce premier volet? le réalisateur l'explicite lui-même "Notre film parle de la capacité de l’homme à diriger sa vie en fonction de ses utopies, de l’image intérieure d’un paradis, à se libérer du cadre prédéterminé de son existence et des contraintes sociales apparemment imposées par le destin, voilà qui est à nos yeux un de ses élans les plus productifs. Nous dédions ce film à tous ceux qui suivent leurs rêves"

 

Colette Lallement-Duchoze

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