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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:03

 

Film de Margarethe Von Trotta; avec Barbara Sukowa (Hannah) , Axel Milberg  (Heinrich), Janet McTeer (Mary), Julia Jentsch (Lotte), Ulrich Klaus ...

 

 

Comme20479928_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgnt filmer une pensée qui se pense? une pensée dans sa gestation, dans son expression, dans sa mise en situation? C'est Barbara Sukowa qui, dans le nouveau film de Margarethe Von Trotta, va donner corps aux concepts philosophiques élaborés par Hannah Arendt. Comment? Par ses déplacements dans l'espace (appartement, amphithéâtre...), par ses pauses (filmée tel un gisant sur un canapé, clope et cendrier à portée de main), par ses sourires et regards ironiques, par un visage en méditation (quelques gros plans), par son énergie à taper sur le clavier de sa machine à écrire (bruit souvent amplifié) et dans un environnement où s'amoncellent les dossiers (un entassement qui métaphorise l'ampleur de la tâche). Filmer la "controverse" semble plus aisé: la réalisatrice oppose des personnages (assis autour d'une table, debout en promenade, etc.) qui expriment des arguments contradictoires. Encore que!! On est loin ici des joutes oratoires (même si de leur propre aveu Kurt et Hannah sont coutumiers du fait quand cette dernière se rend en Israël); la plupart des adversaires/détracteurs" sacrifient au conformisme ambiant, alors que Hannah Arendt s'interroge sur "les mécanismes profonds du mal"! Et que lui reproche-t-on? De ne pas voir en Eichmann (elle a couvert le procès en Israël pour "The New Yorker") un "monstre" (entendons l'exceptionnelle et spectaculaire incarnation du Mal) mais un "être normal" (comme vous et moi) , un "lâche dépourvu de pensée" ; en outre, on lui fait grief de faire de  certains Judenrats (conseils juifs) les complices de la déportation...

 

Mais le film de Margarethe Von Trotta -un séduisant portrait de femme dans les années 1961/63-  n'est-il pas aussi (et surtout) un plaidoyer en faveur de l'exigence de la pensée, de la "rigueur intellectuelle"? Celles qu'une philosophe juive allemande a incarnées; cette jeune femme formée par Martin Heidegger (là il faut reconnaître que les flash back sur la relation amant/maîtresse, maître/étudiante frisent un peu le ridicule) aura toujours, fût-elle ostracisée par les siens, privilégié la raison à l'émotion !

 

Deux phares dans la nuit; un véhicule (un car) approche et pile net. Un homme (silhouetté) descend; il traverse la chaussée et chemine lentement, seul, appuyé sur sa canne; puis il se fait "kidnapper" par deux (trois?) hommes -une fourgonnette est arrivée en sens inverse. Ecran noir! Rétrospectivement, ne peut-on lire cette scène inaugurale comme séquence oraculaire?

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

 

 

 

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