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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 07:01

De Srdan Golubovic

Avec Aleksandar Bercek Nebojsa Glogovac

  circles.jpg

 

Le film obéit à un schéma circulaire (la fin nous ramène au point de départ) ce qui permet  de sonder tous les "cercles" du mal (comme le suggère la polysémie du titre)
Scène inaugurale: 1993, Bosnie.  Marko soldat serbe  fils de Ranko, fiancé à Nada, empêche trois autres soldats serbes de tabasser Haris un vendeur de cigarettes; plan fixe prolongé sur les regards des trois bourreaux et celui de Marko;  ELLIPSE;  le spectateur ne connaîtra la suite (et fin)  que dans les dernières minutes du film.  

Après ce premier "cercle" où l'échange de regards  a force de mitraille, un encart et nous voici  projetés plus de 12 ans après ces faits. Et c'est à nous de découvrir progressivement à travers le destin de trois personnages, ce qui les a liés à l'événement originel...et comment chacun, confronté à son propre passé,  le "gère". Car le trauma a laissé des marques cicatricielles, qui vont se répercutant en "ondes de choc" et ce, quels que soient le lieu, l'activité, l'environnement -Haris par exemple, vit en Allemagne, marié père de deux enfants, il aide Nada, l'ex compagne de Marko à fuir la violence de son mari et il sera tabassé; le père de Marko au terme d'un douloureux "chemin de croix"  acceptera après l'avoir longtemps refusée, l'aide du fils d'un des trois bourreaux ....). Certains détails apparemment infimes de la scène inaugurale seront repris en écho : le petit-déjeuner chez Ranko alcool et  cigarettes; l'anneau offert à Nada, porté en pendentif. 

La construction de ce film ne peut qu'entraîner l'adhésion du spectateur (en ce sens qu'elle sollicite sa vigilance et sa "participation") .La thématique est bouleversante (même si elle n'est pas originale) : la guerre et ses traumas. Et pourtant, alors que la mise en scène frappe par sa sobriété et se veut efficace (en empruntant le mode polyphonique et en refusant toute intrusion d'ordre moral), on ne peut que déplorer (et c'est précisément le paradoxe) la "lourdeur" de certains symboles: l'église que reconstruit Ranko;  le jeune blessé transporté sur une civière de fortune en forme de croix; le recueillement sur les tombes au cimetière; déplorer aussi l'insistance dans les discussions  entre Nebojsa, ex ami de Marko devenu chirurgien et son patient l'ex bourreau du même Marko, sur la notion de "culpabilité" de "pardon". 

 

Cela étant, le film a été primé au festival Cinéma méditerranéen de Bruxelles en 2013 pour " la virtuosité de la construction et la grande homogénéité de l'interprétation mises au service d'un message de réconciliation et d'humanisme"

 

CLD

 

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