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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 09:25

Bullhead de Michael R. Roskam avec Matthias Schoenaerts, Jeroen Perceval, Jeanne Dandoy… 

 

On ne sort pas indemne de ce film "coup de gueule"

 

20022992_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120209_114627.jpgCette "tête de boeuf" ou "tête de taureau" incarnée par Matthias Schoenaerts envahit souvent l'écran (gros voire très gros plans sur le visage, la nuque, ou les pectoraux). Elle participe d'un monde âpre rugueux, sur fond de commerce (illégal bien évidemment) d'hormones destinées au bétail; et c'est là que les deux mondes (humain et animal) se rejoignent. Jacky Vanmarsenille au moment même où il doit conclure un marché –juteux, c'est un truisme- va affronter son passé douloureux qui vient percuter sa "tête de taureau". - la scène d'émasculation s'impose à l'écran comme dans la mémoire en un long flash back, vingt ans après  les faits–;c'est le TRAUMA.  S'ensuivra une  médication à base d'hormones, imposée par un médecin (vétérinaire?) afin d' assurer/développer/préserver sa virilité (la scène où Jacky nu et fébrile s'injecte de la testostérone, est tout simplement bouleversante; et l'angle choisi "fish-eye" en multiplie les résonances) 

 Isolé parce que différent, à la fois puissant et fragile; -ses coups de tête sont ceux d'un taureau qui fonce sur ses "ennemis" les laissant KO; mais son regard n'en finit pas de sonder un infini bleu et tourmenté…Des déplacements dans l'espace à la façon des animaux –et d'ailleurs un plan réunit en une confondante unité le troupeau de bovins et les deux ex amis-, une allure de Frankenstein qui inspire la peur; mais derrière cette carapace de chair et de muscles se love un irrépressible besoin d'amour!

Car le flash back se situe à peu près au milieu du film et du même coup le spectateur est invité à "voir" autrement les scènes qui l'ont précédé et interpréter les scènes qui vont suivre en fonction de ce trauma originel.

D'abord chronique avec intrigue policière (il y a eu meurtre d'un policier) le film se mue en une tragédie à l'antique – ne serait-ce que par la prégnance du fatum et l'impossible rédemption!

 

Colette Lallement-Duchoze

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Published by cinexpressions
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Béatrice Le Toulouse 03/03/2012 18:40


Effectivement, Tout est dit : C'est un film qui ne laisse pas indemne. J'aimerai voir plus souvent un film aussi fort et réussi tant visuellement que par l'interprétation "monstre" du
héros. Il y a une incroyable maîtrise des images (la nature est filmée avec douceur et le mouvement de la caméra nous emporte dans les angoisses de Jacky, inquiétant et imprévisible comme un
taureau quand il voit rouge). Le scénario est très bien travaillé et abouti. Le sujet du traffic d'hormones bovines n'a certes jamais été traité au cinéma, mais ici, tous les thèmes de la
tragédie se regroupent : le choc dans l'enfance, la vengeance de Jacky, les remords de l'ami d'enfance, l'amour impossible, sa traque. C'est évidemment sombre (cela rappelle les films de mafia
avec dominance masculine où une femme se retrouve malgrè elle prise au piège). C'est drôle, toutefois, avec l'opposition des deux cultures bien marquées Wallon/Flamand qui débouche sur des
quipropos linguistiques et les deux garagistes sont des personnages bdécalés que l'on retrouve souvent dans des comédies belges plus médiatisés.


A VOIR SANS HESITATION!

CLaude Beuzelin 25/02/2012 15:49


Commentaires pour le film Bullhead


Pour poursuivre les éloges faîtes à ce film, c’est grandiose pour un premier film, avec une mise en scène maîtrisée qui nous capte durant tout le film. Les premières scènes nous laissent présager
d’une fin tragique. La reprise de lieux, de paysages et de scènes donne une tension, une intensité au film. On s’attache au personnage central qui est à la fois monstrueux et attachant et on
présume que le traumatisme vécu par ce personnage est à mettre en perspective avec son enfermement, et sa violence.


Son apparence physique à l’image de son élevage de bœufs, au fil de l’histoire, le film nous emmène vers la compassion, quand on découvre les raisons du comportement de Jackie et sa
vulnérabilité.


Un film noir captivant.


Claude Beuzelin

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