17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 05:46

Film documentaire de Bojina Panayotova  Bulgarie 2019  23'

 

 Festival les films de cinéma  du réel 2019

"Sofia , 13 juin 2014. Comme chaque jour, Ivan revient devant l’immeuble dont il s’est fait expulser. Il vient nourrir ses enfants, Gigi et Sara, deux chiens errants qui vivent encore là. Mais ce matin, les chiens ont disparu. Ivan dans tous ses états alerte le quartier et se lance dans une quête éperdue à travers la capitale bulgare pour retrouver les chiens"

 

 

 

 

 

L'immeuble des braves

Ivan est un Don Quichotte du postcommunisme. Je cherche à épouser la fièvre de cet homme brimé qui fantasme le chaos autant qu’il le subit. En accompagnant son manège, j’invoque un portrait de la Bulgarie contemporaine, ce pays en mutation, pétri de contradictions, violent, paranoïaque, nostalgique et en même temps bouillonnant d’espoir et d’ardeurs humaines. Dans cette journée où le cinéma est venu s’immiscer dans la vie d’Ivan, les fictions intérieures et le réel ne font plus qu’un. Ivan se met à faire du polar, la caméra se met à faire du polar et même la réalité se met à faire du polar.

Comme dans mon long métrage Je vois rouge je m’intéresse à la manière dont une matière brute purement documentaire s’élabore en récit et emprunte à la fiction. Comment, à partir du moment où elle est filmée, une situation convoque des archétypes. Je travaille un cinéma intime et brut qui ne cache pas les coulisses de sa propre fabrication. Plutôt que d’effacer la présence de la caméra, je souhaite montrer comment le film surgit pas à pas, dans la temporalité de l’instant, avec toutes les surprises que cela engendre. Bojina Panayotova

 

 

 

 

Caméra embarquée ou dissimulée, cadre brinquebalant et haletant, voix de la réalisatrice en interaction directe : les supposés repérages deviennent matière à film.
La recherche des deux animaux échappe au cours ordinaire des choses pour se charger peu à peu de la tension sociale de la ville. L'anecdote se meut en drame, tandis que la paranoïa d'Ivan semble partagée par  les gens qu'il rencontre. La réalité se déforme à l'instar de ce bâtiment, bancal, vidé de ses habitant·e·s, démis de sa fonction, abandonné comme Ivan à l'absurdité.

Roxanne Riou
Responsable de l'éditorial à Tënk

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