13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 07:42

court métrage 

 Marguerite Bordat et Pierre Meunier  Compagnie La Belle Meunière .Basée à Hérisson (Allier) cette compagnie  a pour vocation la création artistique dans le domaine théâtral, sonore, cinématographique et plastique.
Plus d'infos sur labellemeuniere.fr

Chorégraphie de Satchie Noro

Musique Lully (celle qu’il avait composée pour le Bourgeois Gentilhomme, et enregistrée par Jordi Savall)

 

 

lien https://vimeo.com/486320374

 

Dans un espace envahi par de la vase, huit couples s'efforcent de danser le menuet dans les règles de l'art.
 

Rien de grave

 

Caméra fixe ; les danseurs face à elle pieds nus, costumes aux couleurs terreuses -hormis les fraises blanches que portent les hommes- et le costume blanc du maître de cérémonie sur la gauche de la scène. Une scène? ou plutôt un espace au sol boueux.

On va danser le menuet….sur la musique de Lully!0

Très vite on comprend que le titre est ironique et que les  "fameux"  pas du menuet vont être contrariés par la viscosité du sol… Très vite et vu le contexte (ce court métrage a été tourné en août 2020) on devine les métaphores latentes…

 

Alors que la maître de cérémonie bat la mesure de son (fameux) bâton, certains corps perdent l’équilibre glissent chutent s’enroulent dans la glaise... avant de se « relever » dignement !

Arabesques, demi coupé pied droit, demi coupé pied gauche, pas élevé pied droit puis gauche accouplement, tourniquets, glissades, révérences...Tout est si léger ! Mais le visqueux du sol (glaise à la glèbe arrachée) qui s’en vient contraster avec le délicat des arabesques des mains et des bras, attire de sa boue gluante (sorte de fange devenue) le corps, les corps…

Corps qui se désarticule résiste, évite, esquive, une main tendue vers ...l’autre, cet autre qui le retient momentanément avant de chuter  "ensemble"  et de se  relever  "ensemble"…

Et ce indéfiniment!!

à chaque reprise de la musique les huit danseurs recommencent

face à la caméra face à nous

ils chutent mais se relèvent

ils sont DEBOUT

dans la dignité retrouvée

est-ce ainsi que les hommes vivent ?

mais alors que défile le générique de fin,  des rires jusque-là étouffés, éclatent ....(hors champ)

rien de grave!

 

Colette Lallement-Duchoze
 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

Envoyez vos articles ou vos réactions à: artessai-rouen@orange.fr.

Retrouvez aussi Cinexpressions sur Facebook

 

 

Recherche