11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 05:07

court métrage de Josza Anjembe (2019)

avec Alassane Diong, Yoann Zimmer

 

en  lice pour les Césars 2021 Baltringue est disponible gratuitement pendant une durée limitée sur le site de Têtu

 

à quelques jours de sa sortie de prison Issa, vingt ans, fait la rencontre d'un nouveau détenu Gaëtan

Baltringue

Le titre, un terme d'injure souvent homophobe,  est révélateur

L'injure stigmatise et ce faisant devient elle-même stigmate (c'est l'enjeu de ce court métrage)

 

Certes la  réalisatrice nous immerge  dans le milieu carcéral: le film s'ouvre d'ailleurs sur une séquence d'apprentissage où Issa travaille en atelier, et  quelques plans furtifs  -profondeur de champ dans un espace que délimitent les murs qui emprisonnent, étagères de livres dans cette bibliothèque où Gaëtan se délecte dans la lecture de René Char, corps ruisselants sous la douche - MAIS   l'oeil de la caméra, qui souvent se  confond avec  le regard d'Issa (caméra subjective), introduit le spectateur dans l'univers intérieur du détenu et son enfermement "mental" 

 

Lui-même  est de tous les plans : très gros plans sur son visage où les yeux dans leur douloureux silence disent un mal-être. Oui il  est attiré par Gaëtan et cette attirance  ne saurait pactiser avec la trivialité (celle du caïd qui lui enjoint de le "sucer") Oui c'est un être tourmenté : il sait que l'homosexualité en milieu carcéral  est violemment réprimée par les co-détenus machistes hétéronormés....

 

Josza Anjembe explore avec  justesse, délicatesse et réalisme aussi ,  ce qu'est l'enfermement, social certes, mais surtout  mental, ce que confirme le recours aux ellipses (le mutisme et le regard sont des  langages  à part entière qui suppléent au minimalisme des paroles)  

 

Ce  film  sur "l'homophobie intériorisée, l'enfermement, l'amour" (propos de la réalisatrice) est  porté par deux acteurs talentueux Alassane Diong et Yoann Zimmer 

 

La séquence finale (celle d'un sacrifice provoqué et consenti: Issa, victime expiatoire ) exhausse le court métrage au rang de tragédie!

 

à voir ! Absolument! 

 

Colette Lallement-Duchoze

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