25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 13:38

de Bernard Attal (Brésil 2019)

 

2019 : Thessaloniki Documentary Festival - Thessalonique (Grèce) - Sélection

 

En 2014, un véhicule de la police militaire emmène, en plein jour, Geovane, un jeune habitant de la banlieue de Salvador, dans l’est du Brésil. Avec l’aide du journal local et sous la caméra de Bernard Attal, son père mène l’enquête pour connaître le sort réservé à son fils. Comme Antigone, il défie les autorités pour retrouver et enterrer le corps, pour découvrir les responsables.

Sem descanso (sans repos)

Des tas de papiers administratifs, des formulaires, des empreintes digitales, des graphiques, des radiogrammes et des personnages silhouettés qui s’animent : c’est le générique d’ouverture. Complexité accumulation et rétention de l’information ?

Puis des vues aériennes sur Salvador. Avant que la caméra ne s’invite dans une favela. La musique de Silvain Vanot accompagne ses mouvements. D’emblée le ton est donné.

 

Août 2014. Geovane 22 ans disparaît.

Est-il mort ? Est-il encore vivant ?

Déposer plainte, attendre ; réitérer les démarches face à un mur de silence ou d’hypocrisie et ce, inlassablement « sans repos ».

Bernard Attal va accompagner le père du disparu dans sa quête, ses requêtes, il le filme en frontal au volant de sa voiture ou encore marchant dans les ruelles. Il donne la parole aux autres membres de la famille, aux représentants de la justice de l’ordre de la politique à des militants d’associations et à ce journaliste Bruno Wendel dont le travail méticuleux sera d’une aide précieuse. Des vidéos plusieurs fois commentées, des photos d’archives et un dessin animé reconstituant les faits (enlèvement décapitation dépècement éparpillement des « pièces » à conviction) complètent ce documentaire où la douleur (muette) du père et sa ténacité forcent l’admiration. Où la violence de la police militaire, endémique, provoque une forme de nausée -d’autant qu’elle est cautionnée...en haut lieu !

 

 

Le réalisateur (cf l’entretien vidéo) en rapprochant cette tragédie de l’assassinat de Michael Brown -exécuté la même semaine aux Etats-Unis-, assassinat qui a déclenché une vague d’émeutes a souhaité mettre à jour les sources historiques et sociologiques qui provoquent de telles haines

 

Bernard Attal  a voulu aussi rendre hommage au travail de la presse (analyser contextualiser commenter diffuser), un travail nécessaire (s’il n’est pas entravé, ligoté…) pour la défense des droits de l’homme et de la démocratie

 

Bien évidemment, en France nous n’en sommes pas (encore) là (disparitions non élucidées) mais -mutatis mutandis- ce film résonne d’étranges échos !! "soyez des gardiens, pas des guerriers"  c'est la supplique de ces mères à jamais endeuillées par la perte de leur enfant...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Sem descanso (sans repos)

                                                                    Le père et ses parents 

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