13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 06:40

De Carlo Sironi (Italie Pologne 2019)

avec Sandra Drzymalska, Claudio Segaluscio,  Bruno Buzzi

Un jeune Italien Ermano est chargé d’accueillir une jeune polonaise et de prendre soin d‘elle le temps qu’elle donne naissance à un enfant dont elle devra se séparer au profit d’une famille adoptive (Fabio l’oncle d’Ermano, d’ailleurs rémunéré pour cela)

Sole

Le contournement de la loi (procédure d’adoption manigancée par le couple stérile Fabio et Bianca faisant du neveu le faux père …) sert de point de départ à ce film. Mais l’essentiel concerne la relation Ermano/Lena et plus précisément de l’avis même du réalisateur Sole raconte l’histoire d’un garçon qui parce qu’il doit faire semblant d’être père arrive à se sentir père 

Le film tel un sismographe va enregistrer (et le spectateur avec lui) la moindre pulsation, (à l’instar de celles que perçoit Lena enceinte), la plus imperceptible évolution d’un « couple » apparemment impassible indifférent ; Ermano (jusqu’à son contrat avec son oncle était voleur de scooters et accro aux machines à sous) Lena (vit depuis un an en Italie sans attache) sont comme des étrangers, ils sont aussi  absents à eux-mêmes ; mais sous le masque de la douceur mélancolique se lovent -peut-être - douleurs et rêves enfouis

 

Et le réalisateur a opté pour certains procédés (qui à n’en pas douter vont provoquer le rejet sinon le malaise chez certains spectateurs) Son approche sera clinique

D’abord le format 4.3 celui qui précisément « enferme » les personnages dans un cadre restreint (visage d’Ermano qui se détache telle une effigie, visage de Lena au regard éteint ou faussement scrutateur ; duo impassible et impavide regardant un lointain inaccessible ; ou alors le cadre s’élargit et le visage vu d’abord en gros plan se fond en se dissolvant dans un ensemble). Le choix des couleurs participe de la même volonté : océaniques (on est dans uns station balnéaire et la décoration de l’ascenseur abolit la frontière avec le réel) verdâtres ternes , lumière pastel .À cela s’ajoutent le laconisme des dialogues et cette succession de plans fixes (dont certains avouons-le...un peu longs...). Enfin absence de musique -hormis quelques morceaux d’électronique de Teonoki Rozynek

 

Mais...cynisme et insolence progressivement s’estompent : le regard d’Ermano aura l’éclat d’une épiphanie et l’indolence affichée de Lena (aux postures balthusiennes, parfois) va se transfigurer en son contraire dans un sursaut ...final.

Ainsi nous aurons assisté à une autre naissance que celle de Sole, celle des deux personnages à eux-mêmes

 

Un film de regard

Un « film sur la pudeur de l’amour »

Un film que je vous recommande (Omnia aux toiles) 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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